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Les séoudiens paient les armements “offerts” par Paris au Liban (Mondafrique)

par Richard Labévière 28 Mai 2014, 13:26 France Arabie Saoudite Liban Ventes d'armes Fabius Syrie

Les séoudiens paient les armements “offerts” par Paris au Liban  (Mondafrique)
Les séoudiens paient les armements “offerts” par Paris au Liban

Par Richard Labévière
Mondafrique

Après avoir livre trois hélicoptères au Mali payés...par le Qatar, la France équipe l'armée libanaise grace à des fonds séoudiens. Entre les deux frères ennemis du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, François Hollande mène une poiitique diablement équilibrée. On reteint surtout que la diplomatie française est désormais financée par les pétrodollars. En termes d'indépendance nationale, on peut mieux faire.

Dernièrement, l’Amiral Guillaud, qui était encore CEMA (chef d’état-major des armées), a fait une virée au Liban avec Emmanuel Bonne - l’ « Arabe » de l’Elysée -, pour rencontrer les chefs des forces armées du pays du Cèdre. Il s’agissait d’établir une liste d’équipements militaires pour un montant de trois milliards d’euros, cadeau personnel du roi Abdallah d’Arabie saoudite au président libanais Michel Sleiman. La réunion s’est plus ou moins bien passée. En effet, la délégation française est arrivée avec sa liste déjà bouclée, mais qui ne correspondait pas vraiment aux besoins libanais.

Depuis des années, la France éternelle se propose de moderniser l’armée libanaise, se heurtant au double veto récurrent israélien et américain. Bien que les avions et les bateaux israéliens violent quotidiennement l’espace aérien et les eaux territoriales libanaises depuis des décennies, pas question de leur livrer des radars performants, encore moins des batteries anti-aériennes capables de sécuriser la souveraineté libanaise…

Feu vert de Washinton

Néanmoins, dans le contexte des débordements régionaux de la crise syrienne, Washington et Tel-Aviv ont fini par admettre que les Libanais pourraient acquérir de nouveaux matériels militaires, mais seulement dans les limites de deux objectifs opérationnels strictement délimités : le maintien de l’ordre intérieur et la lutte antiterroriste. Par conséquent, Paris a le feu vert pour livrer de nouveaux équipements à Beyrouth, sans outrepasser les lignes rouges fixées par Washington et Tel-Aviv, ainsi que les fonds débloqués par Riyad.

Evidemment, chasser le naturel, il revient au galop, et nos émissaires sont arrivés avec une liste établie par la DGA (Direction générale de l’armement), cherchant toujours à recycler les vieux coucous qui lui restent sur les bras… Mais les militaires libanais, qui eux-aussi ont rédigé leur Livre blanc sur la défense, connaissent parfaitement la nature de leurs besoins. Il faudra donc revoir la copie. Pour donner le change, ils ont ensuite effectué une tournée auprès des chefs de file de la classe politique locale afin de rappeler que cette modernisation de l’armée libanaise devait s’effectuer conformément aux obsessions syriennes de Laurent Fabius : consolider l’opposition pour hâter la chute de Bachar al-Assad. Dans le même temps, Riyad rappelait qu’à la moindre velléité d’intermédiaires foireux, de commissions et rétro-commissions, le cadeau royal de trois milliers d’euros serait tout simplement annulé !

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