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Afrique du Sud : "Miners Shot Down", le documentaire sur le massacre des mineurs de Marikana (BAR)

par Sam La Touch 8 Juin 2014, 09:14 Articles de Sam La Touch Mineurs de Marikana Afrique du Sud Suprémacie blanche Appartheid économique Nelson Mandela Obama

Afrique du Sud : "Miners Shot Down", le documentaire sur le massacre des mineurs de Marikana (BAR)
Afrique du Sud : "Miners Shot Down", le documentaire sur le massacre des mineurs de Marikana
Article originel : Freedom Rider: Miners Shot Down
Par l'éditorialiste de Black Agenda Report (BAR) Margaret Kimberley
BAR

Traduction SLT

Un nouveau film, Miners Shot Down (Mineurs fusillés), montre en détail le massacre de dizaines de mineurs à Marikana, en Afrique du Sud, en 2012. Les "vidéos de la police sud-africaine montre les mineurs parqués dans des camps de barbelés, fauchés par une fusillade tandis que les survivants sont pourchassés". Le massacre pourrait marquer le début de la fin d'un régime Noir qui a vendu son peuple.

"Les gens qui auraient du combattre pour démanteler les grossières inégalités raciales prennent place autour de la table où le butin est partagé."

Avant le 16 août 2012, la ville de Marikana était peu connue en dehors de l'Afrique du Sud. Ce jour-là, elle est devenue célèbre comme lieu d'infamie où 34 mineurs en grève qui travaillaient dans les mines de platine ont été abattus par la police. Le massacre de Marikana ne laisse aucun doute sur le fait que les Sud-Africains noirs ont été vendus par le Congrès national africain et ses dirigeants, y compris Nelson Mandela.

La lutte contre l'apartheid a galvanisé des millions de personnes partout dans le monde. Les Noirs des Etats-Unis se voyaient à Sharpeville et Soweto. Nelson Mandela est devenu une icône internationale, mais était particulièrement aimé par le peuple afro-étatsunien dont le propre mouvement de masse a été détruit par des assassinats, par le programme (du FBI) COINTELPRO (Counter Intelligence Program) et une astucieuse cooptation.

La libération de Mandela en 1989 et son élection comme président en 1994 ont été accueillis avec une célébration - qui a trop souvent fait défaut lors des réelles analyses politiques. Les Noirs avaient le droit de voter, le système redouté a disparu, mais la pauvreté extrême est maintenant pire que durant les jours où la minorité blanche présidait à la destinée du pays. Tout simplement, parce que les gens qui auraient du combattre pour démanteler les grossières inégalités raciales ont pris place autour de la table où le butin est partagé.


"Au lieu de représenter les travailleurs de la mine qui ont demandé son leadership, Ramaphosa a fait des affaires lucratives avec les sociétés multi-nationales."

Cyril Ramaphosa était une de ces personnes. Il a dirigé le Syndicat national des mineurs (NUM) et a été l'un de ceux qui a aidé et encouragé à la construction de terribles arrangements qui ont conduit à l'appauvrissement continu des Noirs Sud-Africains. La société minière de platine, Lonmin, basée à Londres a fait de Ramaphosa un membre de son conseil, tout comme Coca Cola et Unilever. Au lieu de représenter les travailleurs de la mine qui escompaient sur son leader ship, il a fait des affaires lucratives avec ces sociétés multi-nationales. La valeur nette de la richesse de Ramaphosa est maintenant estimée à 700 millions de dollars.

Lorsque les mineurs à Marikana ont exigé des augmentations de salaire en 2012 leur syndicat n'a rien fait pour eux. Ils ont été obligés d'organiser une grève sauvage non autorisée, au mépris de Lonmin, le gouvernement de l'ANC et leur propre syndicat. Non seulement le Syndicat national des mineurs n'a rien fait pour aider ses membres, mais il a soutenu le gouvernement et la police en désignant les grévistes comme des criminels.

Un documentaire récemment produit, Miners Shot Down (Mineurs fusillés, ndt), montre de manière impitoyable les horreurs de la nouvelle Afrique du Sud. Les vidéos de la police sud-africaine montre les mineurs parqués dans des camps de barbelés, fauchés par une fusillade tandis que les survivants sont pourchassés.

Le film est puissant parce qu'il montre le résultat d'une lutte pour la libération seulement de quelques-uns. La véritable libération est difficile à gagner et apporte l'inimitié des puissants. Quand Mandela a été porté aux nues par les grands médias et les dirigeants occidentaux, il aurait dû être clair que comme dit le dicton, "les dés étaient pipés".

Il est particulièrement affligeant de voir des gens si heureux d'avoir des emplois et des titres au point qu'ils n'ont accordé aucune attention aux ordres criminels des fonctionnaires du gouvernement, des traitres et des multinationales. Les visages blancs de Sharpeville et le soulèvement de Soweto ont maintenant été rejoints par des Noirs qui ont aidé à planifier et à exécuter le massacre des leurs. Les policiers ont tiré à balles réelles pour faire face aux mineurs qui étaient armés seulement de bâtons et de couteaux. Ils ont même fait en sorte de venir avec des corbillards et des sacs mrtuaires. Les meurtres ont été clairement préméditées mais après le fait, ce sont les mineurs qui ont été accusés des crimes.

La suprématie blanche n'a pas nécessairement besoin des blancs pour assurer la pérénité du système. Il suffit de gens qui comprennent bien comment les Blancs se situent vis-à-vis des autres groupes. La police noire qui a commandé la fusillade et qui l'a effectuée étaint autant partisane de la suprémacie blanche que la police blanche qui a tué durant la période de domination de la minorité blanche.


“La police noire qui a commandé la fusillade et qui l'a effectuée était autant partisane de la suprémacie blanche que la police blanche qui a tué durant la période de domination de la minorité blanche.”

Apparemment, nous avons plus en commun avec les Sud-Africains noirs que nous le pensions. Vingt ans après que Nelson Mandela est devenu président, un autre homme noir, un soi-disant fils de l'Afrique, est devenu président des États-Unis. Les gens puissants aux USA, les 1% de l'élite économique l'ont choisi pour conduire le pays. C'était le bon moment pour choisir un nouveau visage des Etats-Unis. L'impopularité des républicains a fait qu'ils sont devenus insoutenables politiquement, rendant les démocrates plus propices à faire le sale boulot. Quelle meilleure manière de faire ce sale boulot que d'avoir un homme noir qui renfloue les banques et continue la guerre sans fin de la terreur dans le monde entier ? Qui de mieux pour consolider l'empire des Etats-Unis ? Le même genre de question peut être posée en Afrique du Sud. Qui de mieux pour garder les travailleurs sud-africains piégés dans la pauvreté et la famine que le leadership politique noir ?

L'héritage des mineurs décédés n'a pas été vain. Les travailleurs de Lonmin sont à nouveau en grève, cette fois pour quatre mois, et ils ont été rejoints par d'autres mineurs. Cette lutte se déroule vingt ans après qu'elle aurait du avoir lieu. Maintenant, la vérité sur la liberté et la libération est clair, Mandela et d'autres dirigeants ont disparu, et les jeunes peuvent commencer leur propre lutte. Marikana ne doit pas être oublié, ni les dures leçons qu'elle nous enseigne.

Les articles de Freedom Rider de Margaret Kimberley paraissent dans l'hebdomadaire Black Agenda Report (BAR), et sont largement diffusés ailleurs. Elle met à jour son blog régulièrement à http://freedomrider.blogspot.com. Mme Kimberley vit à New York, et peut être jointe par e-mail à Margaret.Kimberley@BlackAgendaReport.com.

Afrique du Sud : "Miners Shot Down", le documentaire sur le massacre des mineurs de Marikana (BAR)
Afrique du Sud : "Miners Shot Down", le documentaire sur le massacre des mineurs de Marikana (BAR)

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