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"Le concept du divin" et la destruction de la civilisation noire

par Sam La Touch 1 Juin 2014, 06:44 Articles de Sam La Touch Panafricainisme John Henrik Aliénation Religion

Deux articles et une vidéo au sujet de l'oeuvre du panafricaniste John Henry Clarke. Le premier article est un article publié sur Information Clearing House et une traduction d'une partie d'un discours de Clarke, le deuxième est un article plus détaillé sur son oeuvre publié sur Grioo.com. John Henry Clarke est surtout connu pour son oeuvre "Le Christ peint en noir" et aussi pour sa thématique visant à montrer comment le peuple noir a été spolié matériellement et aliéné idéologiquement et spirituellement.

John Henrik Clarke, né John Henry Clark le 1er janvier 1915 et mort le 16 juillet 1998, est un écrivain, professeur, historien panafricaniste étatsunien, pionnier dans la création d'études africaines dans le monde universitaire du début des années 1960.
Il est professeur d'histoire africaine et en 1969 président et fondateur du Département d'études noires et portoricaines au Hunter College de New York. Il est aussi distingué par Carter G. Woodson au Centre de recherche et d'étude africaine de l'université Cornell. En 1968, avec le Comité électoral noir de l'African Studies Association, Clarke fonde la African Heritage Studies Association.

"Le concept du divin" et la destruction de la civilisation noire
Article originel : "Concept of Deity” And The Destruction of Black Civilization
Par John Henrik Clarke
Information Clearing House

Traduction SLT



"La Bible est une des plus grandes pièces de  propagande jamais écrite"


Pour maintenir un peuple dans l'oppression vous avez à le convaincre d'abord qu'il est censé être opprimé.


Quand l'Européen vient dans un pays, la première chose qu'il fait est de rire de votre Dieu et de votre concept de Dieu. Et l'étape suivante est de vous faire rire de votre propre concept de Dieu. Puis il n'a pas à construire de prisons pour vous, car il vous tient dans une prison encore plus contraignante qu'une prison de fer.

Chaque fois que vous songez à votre propre concept de Dieu, vous n'êtes plus un homme libre. Nul besoin d'entravez votre corps avec des  chaînes, parce que les chaînes sont dans votre esprit.

Chaque fois que quelqu'un dira que votre Dieu est laid, vous vous libérerez de votre Dieu et vous rejoindrez son Dieu, il n'y a aucun espoir de liberté tant que vous ne reposséderez pas une fois de plus votre propre concept de la « divinité ».

Et c'est ainsi que nous sommes pris au piège. Nous avons été éduqués à croire au concept de la "divinité" de quelqu'un d'autre, et aux normes de beauté de quelqu'un d'autre. Vous avez le droit de pratiquer la religion et la politique d'une manière qui convient le mieux à votre liberté, votre dignité et votre compréhension. Et une fois que vous faites cela, vous ne vous excusez pas.

Ce qui a toujours été  présent dans l'esprit européen a été de favoriser un contrôle de l'Europe sur le monde entier. Tout ce que vous obtenez de l'Europe que vous allez utiliser pour vous-même, remaniez le de manière à mieux vous correspondre.

Où avons-nous eu tort d'un point de vue éducatif ? Après la guerre civile, la période dite de reconstruction, une période de pseudo- démocratie, nous avons commencé à avoir nos propres institutions, nos propres écoles. Nous n'avions pas de modèle pour une école ... pas de modèle propre. Nous avons donc commencé à imiter les écoles blanches 

Notre église était une imitation de l'église blanche. Tout ce que nous avons fait est de modifier le vieux piège. Nous n'avons pas changé les images, nous sommes devenus plus à l'aise dans le piège. Nous n'avons pas changé les images, nous avons changé certains des concepts des images, mais les images sont restées les mêmes. Donc, la mauvaise éducation qui nous a donné une mentalité d'esclave a été modifiée. Mais cela n'a pas changé pour l'essentiel.




Le regretté Dr John Henrik Clarke, éminent professeur étatsunien d'histoire, auteur de plusieurs volumes sur l' histoire de l'Afrique et de la diaspora, a enseigné dans le Département d'études dans la section portant sur l'histoire des Noirs et des Portoricains ((Department of Black and Puerto Rican Studies) au Hunter College à la Cité universitaire de New York.

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John Henrik Clarke (1915-1998), Historien, Activiste et Panafricaniste 01/02/2005

John Henrik Clarke naquit le 1er janvier 1915 à Union Springs en Alabama aux Etats-Unis. Sa mère, Ellie Mays Clark, était une femme de ménage qui faisait la lessive pour trois dollars par semaine. Son père était cultivateur.

Clarke était un historien, nationaliste, panafricaniste, qui initia l’enseignement de l’histoire Africaine-Americaine dans les écoles et universités américaines. Il introduisit également le concept d’«Afrocentrisme» (Africentricity).

Clarke fut inspiré par son institutrice, Mlle Harris, qui lui dit qu’un jour il serait écrivain. Alors qu’il est toujours à l’école, Clarke se rendit chez un Avocat pour qui il travaillait et qui possédait une bibliothèque fournie. Clarke lui demanda un livre sur le rôle joué par le peuple Noir dans l’histoire de l’humanité. L’avocat lui répondit qu’il venait d’un peuple qui n’avait pas d’histoire. A partir de ce moment il commença une recherche systématique de l’histoire du peuple Noir.


Clarke était un autodidacte. Il ne resta pas longtemps à l’école parce qu’il devait travailler pour gagner sa vie. Avant qu’il ne devienne écrivain, il devint un lecteur vorace. Inspiré par le livre de Richard Wright, «Black Boy », Clarke partit pour Chicago. Il s’engagea dans l’armée et parvint au grade de Sergent Chef. Après l’armée il s’installa à Harlem. Il choisit Harlem pour être le laboratoire de ses recherches sur le peuple Noir. Il posa des jalons en vue de construire sa vie autour de l’éducation et de l’activisme. Il commença à construire une voie qu’il percevait comme une grande marche au cours de laquelle, il initierait, inspirerait et aiderait à créer des organisations qui contribueraient à l’élévation du peuple Noir.

Au fil des années, Clarke devint fameux à la fois comme historien et comme homme de lettres. Même s’il est plus connu comme historien, son œuvre littéraire n’en est pas moins importante. Il a écrit plusieurs récits. Le Garçon qui peignit le Christ en Noir (The Boy Who Painted Christ Black) est son récit le plus connu.

Reflétant son engagement envers sa terre adoptive (comme il l’appelait), les Etats-Unis, il écrivit «Harlem, Une communauté en Transition » (Harlem, A Community in Transition), et Harlem, U.S.A. Ne se dérobant jamais devant les difficultés et les contreverses, il écrivit sur la vie de Malcom X, son ami et critiqua le portrait que William Styron dressait de Nat Turner. Le travail de Clarke visait l’intérêt et la défense de la dignité et de la fierté de la communauté Noire. Clarke entreprit laborieusement de publier ses œuvres sur Malcom X et Nat Turner afin de donner une vision contraire à celle dépeignant Malcom X et Nat Turner comme des militants haineux. Clarke comprit la nécessité pour le peuple Noir d’honorer les leaders radicaux qu’étaient Malcom X et Nat Turner. Le travail de Clarke ne consistait pas simplement à investiguer l’histoire. Il était également engagé dans la confection de l’histoire. « Ses pairs disent de lui qu’il ne se contentait pas d’enseigner l’histoire mais qu’il la faisait également.»


En tant qu’historien, Clarke publia un livre sur Marcus Garvey. Il publia «Afrique Perdue et Trouvée » (avec Richard Moore et Keith Baird) et «Le peuple Africain à la Croisée des Chemins », deux ouvrages historiques pionniers largement utilisés dans l’enseignement de l’Histoire et des Etudes Africaine-Americaines aux Etats-Unis. A travers les Nations Unies, il publia des monographies sur Paul Robeson et W.E.B. DuBois. En tant qu’activiste historien, il publia une monographie sur Christophe Colomb et l’Holocauste Africain. Sa dernière publication s’intitule « Qui a Trahit la Révolution Africaine ? » (Who Betrayed the African Revolution). Ses autres œuvres majeures sont The Lives of Great African Chiefs, Pan-Africanism and Liberation of Southern Africa, Slavery and the Slave Trade, History and Culture of Africa. Dans l’ensemble Clarke est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages historiques et littéraires.

A partir des années 60, John Henrik Clarke met son génie et son engagement social en valeur pour la libération et le développement du peuple Noir. Clarke devint écrivain membres et fondateurs des organisations telles que The Harlem Writers Guild, Prersence Africaine, African Heritage Studies Association, the Association for the Study of Negro Life and History, the National Council of Black Studies et l’Association for the Study of Classical African Civilizations.


Clarke était professeur et conférencier dans plusieurs universités à travers le monde. Ses plus longues et plus influentes positions il les eu au Centre de Recherche et d’Etudes Africaines à l’Université Cornell de New York et au Centre d’Etudes Africaines et Porto Ricaines de Hunter College à New York. En 1985, année où il prend sa retraite, la nouvelle branche de la bibliothèque de l’université Cornelle est baptisée « John Henrik Clarke Africana Library). En 1997, soit une année avant sa mort il fait l’objet d’un documentaire dirigé par Saint Claire Bourne et Wesley Snipes (producteur exécutif) : John Henrik Clarke: A Great and Mighty Walk.

Il était un ami de Cheikh Anta Diop, de Kwame Krumah et de Malcom X.

John Henrik Clarke fit publier le chef d’œuvre de Cheikh Anta Diop, Antériorité de la Civilisation Nègre aux Etats-Unis.


Il rencontra Malcom X en 1958 au World’s Trade Show Building et devinrent très vite des amis intimes. Il affirma avoir rencontré Malcom X tous les jours, pendant certaines périodes. Malcom se referait à lui pour ce qui était de l’histoire du peuple Noir. Le jour de la mort de Malcom il était dans le Connecticut pour une conférence à la Maison Juive. Lorsqu’on annonça la mort de Malcom, il entra dans les toilettes et pleura pendant 15 minutes. Il en sortit recomposé et prononça son discours, comme prévu. Il affirma avoir ressenti la présence de Malcom X pendant un an après la mort de ce dernier et avoir eu leurs discussions habituelles jusqu’au jour ou il demanda à Malcom «Que puis je faire ?» et que Malcom lui répondit « fait ton travail du mieux que tu peux ». Clarke affirma avoir été un bien meilleur enseignant et un bien meilleur être humain à partir de ce jour.

Il rencontra Kwame Krumah au Club d’Histoire d’Harlem et devint son mentor. En 1958, il décida de se rendre en Afrique et parti pour le Ghana. Il habitait dans le quartier populaire de Jamestown. Krumah qui rentrait d’une tournée l’aperçu dans la foule qui le saluait à son passage. Il fit arrêter son cortège alla vers lui et lui dit «que fais tu dans mon pays ? ». Krumah l’engagea dans son journal, «The Evening News».

John Henrik Clarke perdit la vue en 1996 et mourut le 16 juillet 1998 à New York City. On se souviendra de lui comme le Père de l’Afrocentrisme, le Griot du 20 ème siècle et l’Historien de son peuple.


Quelques pensées du Dr. Clarke :

Sur l’histoire : « L’histoire n’est pas tout mais elle est le commencement. L’histoire est une horloge que les peuples utilisent pour dire l’heure politique et culturelle. Elle est également une boussole que les peuples utilisent pour se trouver sur la carte de la géographie humaine. L’histoire indique aux peuples où ils ont été, ce qu’ils ont été, où ils sont et ce qu’ils sont. De façon plus importante l’histoire indique aux peuples où ils doivent partir et ce qu’ils doivent être. La relation entre l’histoire et les peuples est la même que celle entre une mère et son fils.»

Sur la spiritualité : « La spiritualité est une façon d’accepter qu’il existe une force spirituel dans l’univers, plus grande que l’homme. Mais quelqu’un inventât le mot Dieu.»

Sur la religion : «La religion est l’organisation de la spiritualité en quelque chose qui devint l’arme première des conquérants et colonisateurs. Presque toutes les religions furent apportées aux hommes et imposées aux hommes par les conquérants pour être ensuite utilisées pour contrôler les esprits.»

Sur Dieu : «….Si on est un fils de Dieu et que Dieu est en vous, alors dans votre imagination, Dieu est supposé être comme vous. Lorsque vous acceptez une image de Dieu donnée par une autre personne, vous devenez le prisonnier spirituel de cette personne.»

Sur le leadership : «Je pense que toute personne qui se considère comme un leader, un chef religieux, un décideur doit répondre à un certains nombre de questions au cours de son existence: comment mon peuple vivra t’il sur cette terre ? Comment sera-t-il éduqué ? Comment sera-t-il scolarisé ? Comment sera-t-il logé ? Comment sera t il défendu. La réponse à ces questions créera le concept de nation durable parce qu’elle crée le concept de responsabilité durable. Je dis que quelque soit la solution, ou on est responsable de notre propre destin ou on n’en est pas responsable. Nous devons être clair sur ce point, ou tu es un homme libre ou tu es un esclave. »

DR. JOHN HENRIK CLARKE - YOU HAVE NO FRIENDS (FULL)

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