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Les créationnistes à l'assaut des institutions en Afrique (Pougala)

par Jean-Paul Pougala 23 Juin 2014, 13:38 Créationniste Contre l'Afrique Religion Terrorisme USA

Les créationnistes à l'assaut des institutions en Afrique (Pougala)
Les créationnistes à l'assaut des institutions en Afrique

Leçon de Géostratégie Africaine n°73

Par Jean-Paul Pougala


En 1995, l'administration américaine a mis sur pied une liste de mouvements terroristes dénommée : "Foreign Terrorist Organizations" (Organisations terroristes étrangères). Dans cette liste qui compte en 2014 47 organisations, nous avons par exemple les organisations suivantes : Al-Qaida, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Al-Shabaab, Ansar al-Islam, Brigades des martyrs d'Al-Aqsa…

Qu’est-ce que ces organisations terroristes ont en commun avec les organisations suivantes :

Pentecôtistes, Rose-Croix, Franc-maçonnerie, Églises évangéliques, les mormons, scientologues, le Ku Klux Klan, les nazis de Hitler, les fascistes de Mussolini, etc., mais quel est également le rapport entre eux et une liste de 122 congrégations catholiques publiées sur le site officiel de l’État du Vatican, par exemple :

- "Communauté Pape Jean XXIII "

- Les Salésiens ;

- Les Missionnaires de la Charité Politique ;

- Communauté de l’Emmanuel ;

- Communauté de Sant’Egidio ;

- Communauté des Béatitude ;

- Opus Dei ;

- Pharmaciens Catholiques ;

- les Universités Catholiques ;

- Action Catholique ;

- Communion et Libération ;

- Mouvance Salésienne ;

- Enseignement Catholique ;

- Saint-Vincent de Paul ;

- les Juristes Catholiques ;

- les Enseignants Catholiques.

En commun, ces organisations sont toutes des « créationnistes » ! C’est-à-dire qu’elles croient toutes qu’il existe un dieu unique qui aurait crée notre planète en 6 jours et qu’il se serait reposé le 7ème il y a environ 6 000-10 000 ans en Mésopotamie, c’est-à-dire loin de l’Afrique. Toutes ces organisations sont donc par définition contre l’Afrique, contre la place de l’Afrique comme génitrice du monde il y a 100 000 ans tel que l’affirme la science. Si Dieu a crée le monde il y a 6 000-10 000 ans, alors la Chine antique d’il y a 8 000 ans n’aurait jamais existé ? Et les dinosaures qui ont vécu il y a 3 millions d’années et qui n’ont jamais rencontré l’homme sur n’ont jamais existé selon les créationnistes ? Alors d’où viennent leurs ossements ?

Mais plus grave encore, nous allons voir avec l’exemple du Cameroun comment ils ont réussi à s’infiltrer à tous les niveaux des institutions étatiques et de là, mènent une guerre sans merci contre la spiritualité africaine. Mais avant, observez ce qu’ils font en Occident pour occuper tout le terrain.

Aux Etats Unis

Nous sommes le 1er Juin 2012, une information qui fait l’effet d’une bombe dans le monde scientifique aux États-Unis est la publication d’un sondage de l’institut Gallup qui dit que 78% des Américains croient à la version créationniste de l’évolution du monde et rejettent la version officielle de la science.

Selon ces Américains, l’homme a une côte en moins de la femme, puisqu’il en a cédé une pour fabriquer la femme. C’est la conséquence de l’activisme des créationnistes surtout dans le milieu scolaire et estudiantin, profitant du fait qu’aux États-Unis, il existe un système scolaire très décentralisé, avec 17 000 districts scolaires où les responsables sont votés par les habitants et avec ce suffrage populaire se sentent libres de faire ce qu’ils veulent tel qu’ils l’entendent. Ainsi, dans plusieurs de ces districts scolaires, la science a tout simplement été mise de coté. A sa place, on a choisi la bible comme base de la connaissance du monde passé, présent et futur.

L’histoire démarre en 1925, dans

la ville de Dayton dans l’État du Tennessee. Il se tient ce qu’on a appelé à l’époque le « procès du singe », le procès contre John Scope, cet enseignant de 24 ans qui avait refusé d’enseigner la Bible à la place de la science à ses élèves. 6 Etats du Sud des Etats-Unis avaient déjà adopté les lois pour imposer l’enseignement de la pensée biblique à la place de la science dans les écoles ; c’est-à-dire pour enseigner le créationnisme en lieu et place de l’évolutionnisme. C’est un procès qui passionne tout le pays, c’est en effet le tout premier procès à être retransmis à la radio.

La sentence était connu d’avance, puisque Scope avait enseigné à ses élèves la biologie telle que recommandée par les scientifiques du monde entier, mais dans des Etats du sud esclavagistes où il est interdit d’enseigner que l’Afrique est le berceau de l’humanité. Les Africains pour eux sont par définition des animaux sans âme, comment peuvent-ils en plus enseigner que ce sont eux qui sont à l’origine de l’espèce humaine ? La Bible dit que les Noirs sont maudits, pour ces créationnistes, la science ment lorsqu’au contraire elle veut les faire pour les géniteurs de l’humanité. Le juge a tout simplement appliqué la loi dans sa sentence et Scope fut condamné. La colère de la communauté scientifique dans le monde permit l’annulation de la condamnation de Scope, au motif du vice de forme. Mais le mal était fait. État après État, les États-Unis vont plonger dans l’obscurité du créationnisme, pour qui le monde n’a pas besoin d’évoluer et on n’a pas besoin de science pour améliorer quoi que ce soit, puisque tout est resté figé depuis la création du monde en 6 jours il y a moins de 10 000 ans.

Après la Seconde Guerre mondiale s’installe la Guerre froide avec l’Union Soviétique communiste, par définition évolutionniste. Deux visions du monde s’opposent : les États-Unis avec le culte de l’individu et de Dieu et l’Union Soviétique avec le culte de l’État et de la science comme instrument pour changer le monde.

Le 4 octobre 1957, un évènement complètement imprévu en faveur de l’URSS va ébranler les certitudes des créationnistes américains, c’est le lancement par les Soviétiques du tout premier satellite artificiel de l’Histoire nommé Spoutnik. Alors que pendant 40 ans, les Américains avaient soutenu que Dieu habite dans le ciel et qu’il ne faut pas le déranger, voilà que leur pire ennemi va scruter l’espace et c’est eux qui leur donnent des informations de ce qui doit être le siège de leur paradis après la mort. Spoutnik, d’un poids de 83 kg et placé à environ 1 000 km au-dessus de nos têtes, faisait le tour de la terre en 96 minutes.

Les Américains se donnent 3 mois pour riposter face aux Soviétiques, mais ces derniers enfoncent le clou et pour énerver encore plus les Américains, ils vont récidiver à peine 1 mois plus tard, lorsque le 3 Novembre ils lancent un deuxième satellite Spoutnik 2, avec pour la première fois un être vivant à l’intérieur, la chienne Laika. Les Américains deviennent impatients et le 6 décembre 1957, la US Navy lance Vangard TV3, le premier satellite américain, mais c’est un échec cuisant. Il faudra attendre le 1 février 1958 pour voir la réussite de la mise en orbite du satellite Explorer 1. Il pèse 13,96kg, dont 8,3 kg de batteries, avec une autonomie de 114 minutes.

Tout ça pour ça. Le mal est fait, puisque les Soviétiques maintiennent l’avance. Et le 15 mai 1958, c’est au tour de Spoutnik 3, bardé d’instruments scientifiques d’être mis en orbite géostationnaire pour étudier la haute atmosphère terrestre. 2 ans plus tard, jour pour jour, c’est le lancement avec succès de Spoutnik-4, pour la préparation des premiers vols habités. Les Américains sont bluffés. Les Soviétiques vont envoyer 7 autres satellites, dont Spoutnik 8 qui est une sonde Venera-1 avec succès le 12 février 1961 vers la planète Venus. Le 9 mars 1961 le Spoutnik-9 et le 25 mars 1961, Spoutnik-10 vont chacun emporter dans l’espace un mannequin et une chienne, qui font le tour de la terre et retourner sur la terre vivantes. Pour information, en 2014, les européens ne sont toujours pas capables d’envoyer un être vivant dans l’espace et le ramener sur terre vivant. Et le Shuttle des américains est à l’arrêt, manque d’argent.

Donc dans les années 1960, ce sont donc les Soviétiques qui font ramener la science dans les écoles américaines. Dans les lycées, ce n’est plus du n’importe quoi. Le créationnisme est envoyé à la retraite et l’évolutionnisme s’installe durablement dans le système scolaire américain. Les livres scolaires de science sont mêmes écrits par le Conseil des Programmes de Sciences Biologiques « Biological Sciences Curriculum Study ». La victoire très affichée par les Soviétiques de leur conquête spatiale, là où les Américains attendent de voir Dieu, brûle et fait mal dans le monde scientifique américain, pour ce retard accumulé à cause du zèle des créationnistes. Ils vont donc se servir de la haine contre l’ennemi communiste pour prendre corps dans les lycées et les écoles.

Et alors qu’on croit les créationnistes vaincus à jamais, ils vont toujours excogiter aux États-Unis les éléments pour une deuxième vie. Désormais, ils ne sont plus contre la science, mais ils soutiennent que la science est là pour dire que ce qui est écrit dans la Bible est vrai. Selon eux, la science prouve en effet que notre monde est très complexe et qu’il y a plutôt intérêt à comprendre le comment et non le qui. Ils vont inventer un nouveau concept, c’est celui de l’ID (Intelligent Design), selon lequel, le monde est trop complexe pour ne pas avoir été fabriqué par un dieu.

Nous sommes ainsi revenus au point de départ. Et cette fois-ci, ils n’entendent pas se confiner aux États-Unis, mais se déployer surtout en Europe, considérée comme le temple de la culture scientifique. Et de l’Europe vers l’Afrique particulièrement. C’est l’explosion des églises dites réveillées, qui vont toutes à la conquête du monde. Les populations africaines aux USA et en Europe seront les premières ciblées et une fois conquises, c’est elles qui vont ensuite servir de relai sur le continent africain, où il n’y a pas de défense. Nous verrons dans les lignes qui suivent comment l’Europe organise la résistance et comment l’Afrique se rend sans combattre.

Le conseil de l'Europe

Pour contrer l’offensive des créationnistes venus des États-Unis (témoins de Jéhovah, adventistes du 7e jour, mormons, scientologues etc.), l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui compte 47 pays membres adopte, le 4 octobre 2007, la résolution 1580 condamnant le créationnisme et s'opposant à son enseignement à l'école, avec ce titre : « Les dangers du créationnisme dans l’enseignement ».

Dans le rapport qu'elle présente à l'Assemblée dès le début des travaux le 17 septembre 2007, Anne Brasseur, ancien ministre de l’Education du Luxembourg, cite un certain Guillaume Lecointre, professeur de Zoologie au Musée national d'Histoire naturelle de Paris qui dit ceci :

« La science est l’ensemble des opérations produisant de la connaissance objective. Une affirmation sur le monde ne peut être qualifiée d’objective que si elle est vérifiée par un observateur indépendant. Cette vérification dépend de trois facteurs : le scepticisme, la rationalité et la logique, et enfin le matérialisme méthodologique. Ces différents piliers assurent l’objectivité d’un résultat scientifique. »

Et

dans la conclusion du rapport final adopté par les parlementaires des 47 pays membres du Conseil de l’Europe, on peut lire ceci :

« Adopter une posture négationniste vis-à-vis de thèses scientifiquement prouvées constitue un frein à l’éducation et au développement intellectuel et personnel de milliers d’enfants. La Science est un acteur prépondérant qui participe très largement et activement à ce processus d’évolution et de transformation des sociétés […] Les créationnistes sont, en fait, partisans d’un profond retour en arrière, ce qui, à long terme, peut s’avérer particulièrement préjudiciable pour l’ensemble de nos sociétés.

L’enjeu est donc considérable. […] Aujourd’hui, avec le créationnisme, nous sommes en présence d’une montée en puissance de modes de pensée qui, pour mieux imposer certains dogmes religieux, s’attaquent au cœur même des connaissances que nous avons patiemment accumulées sur la nature, l’évolution, nos origines, notre place dans l’Univers. Cela constitue incontestablement une grave atteinte aux droits de l’Homme ».

Le 1er janvier 2008, dans un article intitulé, "L’Europe et le créationnisme" dans lequel il rapporte les détails sur ce séminaire du Conseil d’Europe, Philippe Le Vigouroux va plus loin, il pointe du doigt les politiciens de plusieurs pays européens qui espèrent attirer les voix des familles faibles d’esprit notamment en Italie en 2004, aux Pays-Bas en 2005 et en Pologne à l’automne 2006. Il décerne la palme d’or de l’hypocrisie à la Grèce qui pour éviter d’enseigner l’évolutionnisme à l’école et pour ne pas fâcher la communauté scientifique, les politiciens ont fait une trouvaille : l’évolutionnisme est bien au programme, mais c’est le dernier chapitre, on sait donc que les lycéens ne vont jamais y arriver, puisque 1/3 du programme scolaire n’est jamais fini en Grèce.

En France

Le 17 novembre 2008 à une une du quotidien français Le Monde, nous avons un article alarmant de Catherine Vincent avec le titre : « Le créationnisme étend son influence sur l’Europe », rapportant l’information d’une France partie en guerre contre le créationnisme. Elle rend compte d’un séminaire tenu les 13 et 14 novembre 2008, à Paris, organisé par le ministère français de l'éducation nationale, le Collège de France et la Cité des sciences et de l'industrie, réunissant une centaine de chercheurs en sciences de l'évolution, philosophes, professeurs, inspecteurs de collèges et de lycées pour débattre du danger de l'avancée du créationnisme dans le milieu éducatif en France et la conséquence de la difficulté à enseigner l'Evolutionnisme dans les écoles.

Voici les propos de Catherine Vincent :

"L'attaque la plus frontale des créationnistes date de début 2007. Dans de nombreux pays d'Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l'avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, L'Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l'évolution n'est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse. Son auteur, Harun Yahya – de son vrai nom Adnan Oktar -, dirige une organisation au financement obscur, dont le principal objectif est de promouvoir le Coran."

Dans son blog Coffee and Science, Arnold Munnich écrit :

" Quand le créationniste évoque "un autre niveau de réalité" auquel nous n’avons pas accès, il me fait penser au sauvage qui pourrait considérer les UV ou les IR comme relevant d’un autre niveau de réalité auquel il n’a pas accès avec ses sens. Je pardonne volontiers au sauvage, je salue celui des sauvages qui le premier a pensé qu’il devrait y avoir un moyen d’y avoir accès à cette cause de brûlures par le soleil, j’aime la détermination de tous ceux qui se sont cassé la tête pour comprendre, je garde la mémoire de ceux qui y sont arrivés. Entre le premier qui s’est dit "comment ?" et celui qui a dit "comme ceci !" je vois l’épanouissement de la civilisation. […] Je ne pardonnerai jamais à ceux qui ont eu recours à des êtres imaginaires pour répondre à la question “comment ?”.

Le recours à un être imaginaire créateur de tout par qui tout est expliqué est une capitulation intellectuelle, un aveu d’impuissance non pas seulement personnelle, ni uniquement reportée à ses contemporains, mais surtout donnée en héritage aux générations à venir. Parce que nous sommes incapables à un moment donné de savoir comment ça marche, le créationniste décide que l’on ne le saura jamais.

Enfin presque jamais, parce que pour sucrer la pilule il y a une longue série d’inventions de paradis où le juste baignera dans la félicité et éventuellement la connaissance absolue [...] Si la science et la religion ont quelque chose à se partager, c’est leur public. Les dangers que les créationnistes représentent sont liés à leur besoin de contrôler les croyances des gens pour ne pas perdre leur aval sur leurs vies. Limiter leur curiosité pour arrêter de passer pour des p’tits rigolos chaque fois que la science montre qu’ils soutiennent une connerie depuis des siècles, pour la parole divine. Renforcer l’impression de scientificité des approches spiritualistes et prétendre que la science les justifie même, pour récupérer certains de ceux qui rigolent encore du système géocentrique. Dans les deux cas, c’est œuvrer pour améliorer l’assise de l’ignorance.

Avant de commencer à éduquer les futures générations en améliorant le système scolaire pour mieux armer les jeunes face à l’irrationnel, il faut peut-être dénoncer les magouilles qui leurrent ceux qui ne pourront bénéficier d’une scolarité qu’ils ont laissée derrière eux. Il faut s’opposer aux tentatives d’atteinte à la science, combattre les diverses formes de terrorisme que les religieux emploient, qu’ils soient physiques ou intellectuels."

En Belgique

En 2007, c’est une enquête de l’Université Publique de Gand (RUG) démontrant que 20% de la population flamande croit que Adam et Eve étaient les premiers humains sur la terre qui va tirer la sonnette d’alarme de l’activisme des créationnistes américains en Belgique. Un séminaire à la fin de l’année 2007 réunissant plusieurs universitaires va se tenir pour marquer le danger des idées créationnistes sur l’avenir de la science en Belgique.

En 2009, c’est le département de philosophie de l’Université qui a 4 ans pour contrer le danger créationniste en mettant à la disposition de Johan Braeckman, professeur d’écologie humaine, la somme de 200 000 € pour remettre la science au centre des écoles flamandes et non dieu, qui met la Flandres en bassesse culturelle et scientifique par rapport à la région concurrente de Wallonie. Selon les propos de Johan Braeckman, rendus publics par le correspondant à Bruxelles du journal Le Monde, Jean-Pierre Stroobants, dans sa chronique du 7 février 2008,

"Douter de l'évolution a des conséquences sur le plan scientifique, mais aussi pour la conception des relations homme-femme […] l'intégration des personnes d'origine musulmane dans la société belge peut se trouver compliquée par une interprétation littérale du Coran".

Pour l’histoire, pour les créationnistes, la femme est inférieure à l’homme, puisqu’Ève n’a été créée que pour combler le vide chez Adam et à partir d’une côte de ce dernier.

En Italie

Ici la situation est encore plus catastrophique, du fait de la présence du Vatican. Les étudiants italiens sont découragés à choisir les séries scientifiques au Lycée. Le pays par conséquent compte moins d’ingénieurs qu’il n’en aurait besoin. Même les anciens membres de l’ancien parti communiste italien sont devenus des créationnistes. Les partis politiques de droite, pour attirer les votes catholiques, font plus grave encore : en février 2004, la ministre italienne de l’Education de Silvio Berlusconi, Letizia Morati signe un décret pour exclure l’enseignement de l’évolutionnisme dans les écoles italiennes et la remplacer par le

créationnisme. Le décret sera ensuite annulé en 2005 suite au tollé de protestations venues de tout le monde scientifique, mais aussi des parents d’élèves, dont les enfants étaient ainsi exclus d’un avenir dans le secteur scientifique.

En 2009, on va toucher le sommet de l’incompréhension, lorsque l’Agence Science-Presse qui est la plus grande agence de finance des recherches scientifiques en Italie finance la publication d’un livre intitulé :

"Evolutionism : the decline of an hypothesis"

Réalisé par l’historien créationniste italien Roberto de Mattei. Dans ce livre, on y apprend notamment que :

"Les couches géologiques sont le résultat du Déluge et les dinosaures ont partagé la Terre avec les humains"
Pire encore, on y affirme que l’évolutionnisme n’est pas la Science, mais contre la Science. Et que la vraie science est la Bible, Jésus.

En plus de l’Agence Science Presse, institution publique de financement de la promotion de la science qui a financé la sortie de ce livre contre la science, le Conseil National de Recherche (CNR) l’a aussi financé. Cela fait un peu trop. C’est comme si une institution de lutte contre le cancer finance la publication des livres qui disent que le cancer est une imposture. Il y a quelque chose qui ne va pas.

Au Royaume Uni

L’actualité retiendra que le Royaume-Uni de Tony Blair était le meilleur allié des États-Unis d’Amérique, surtout dans toutes ses guerres en Irak et en Afghanistan. Ce qu’on ne sait pas, ou alors on sait très peu, est qu’avec l’arrivée des néocons au pouvoir à la Maison Blanche, avec leur théorie de l’Axe du Bien contre l’Axe du Mal et la propagande créationniste qui les soutient, en Grande-Bretagne, ce sont les intellectuels et les scientifiques qui vont organiser la résistance.

C’est en 2006 que les Britanniques décident enfin de ne pas se rendre sans combattre. L’État, à travers the Royal Society, l’Académie Nationale des Sciences de Grande-Bretagne va déclarer une guerre sans merci au créationnisme qui prend pied de plus en plus dans les écoles, les lycées et les universités britanniques où toujours de moins en moins d’enfants s’intéressent à la science. Plusieurs initiatives auront lieu, notamment une conférence à la University College London (UCL), est donnée sur le thème «pourquoi la théorie de l’Evolution a raison, et le créationnisme a tort». A tenir cette conférence, un certain Steve Jones, généticien. Même la télévision publique BBC est appelée à contribution. C’est depuis ce temps que la chaine va accélérer le rythme de la production de ses séries télévisées scientifiques sont produites, des documentaires qui sont arrachés encore aujourd’hui à prix d’or par les télévisions du monde entier, pour parler de la Science.

Même les quotidiens sont appelés en renfort. Presque tous les quotidiens britanniques ont désormais une rubrique dédiée à la science, et tenue par les professeurs anti-créationnistes. Par exemple, le Daily Telegraph va confier sa rubrique scientifique intitulée : « du coté des labos » à notre ami Steve Jones, farouche détracteur des créationnistes. Voici ce qu'il déclare en 2009 dans une interview intitulée "La menace du créationnisme" à la revue scolaire : "Science in School" :

"Ceux qui ont une conviction basée sur la Foi croient que la vie est apparue d’une manière: magique, sans explication scientifique, à un moment situé dans un passé relativement récent, contraire au consensus scientifique étayant la biologie de l’évolution [...] le créationnisme a tort car ce qu’il proclame ne résiste pas à tout ce que nous savons en science, mais les gens attendent – et craignent – la réponse à de trop grandes questions. Ils veulent des réponses qui ne rentrent pas dans le champ scientifique, comme «Dieu existe t’il?», ou «que signifie être un humain?»

Il ajoute :

« Ce débat n’est pas nouveau. Les idées évolutionnistes comme la filiation et la transformation des espèces ont existé depuis au moins le VIème siècle avant notre ère, mais alors que les connaissances scientifiques s’étoffaient au XVIIIème, ces idées se sont développées, mettant en cause la conception d’un monde naturel créé par la volonté de Dieu.

C’est la publication, en 1859, du livre du naturaliste anglais Charles Darwin, «de l’origine des espèces», qui établit la descendance avec transformation comme explication scientifique dominante de la diversification des formes naturelles […] je ne suis pas contre l’enseignement du créationnisme à l’école, en lui-même, mais il devrait être enseigné dans les cours de théologie. “qui veut colporter des idées d’ignorant, ne doit pas le faire dans un cours de biologie. […] le créationnisme est de “l’anti-science”. Je ne débattrai jamais avec un créationniste. Ils pensent que 2 + 2 = 5; Ou, à la rigueur, en signe de compromis, 4,1. Je suis persuadé que 2 + 2 = 4. Il n’y a rien à discuter. S’ils ne veulent pas accepter les faits physiques réels, nous ne pouvons pas discuter.

Je me moque de ce à quoi ils croient, à moins qu’ils aient quelques preuves, ce qui n’est pas le cas. […] Qu’un scientifique croie au créationnisme est un mystère pour moi. En Europe, on ne retrouve pas les mêmes attitudes à ce propos que celles observées aux USA, mais il y a une panoplie d’arguments plus sophistiquée; «le créationnisme niveau supérieur ». C’est le «dessein intelligent», qui dit que les organismes doivent avoir été conçus par quelque chose, puisqu’ils sont si complexes. Mais Darwin a montré que l’évolution est une machine à faire même les choses les plus impossibles.»

Un autre scientifique britannique appelé à la rescousse dans ce combat contre l’avancée du créationnisme en Grande-Bretagne est le biologiste britannique et membre de la Royal Society Richard Dawkins, né à Nairobi au Kenya en 1941. Son livre le plus célèbre contre dieu et les créationnistes a été publié en 2006 sous le titre de : "The God Delusion" (sorti en France avec le titre : Pour en finir avec Dieu), a été traduit en plus de 30 langues dans le monde et vendu à des millions de copies.

C’est l’homme qui en 2010 excogite un plan à l’instar de celui fait pour l’arrestation d’Augusto Pinochet, pour faire inculper le pape Benoit XVI pour crime contre l’humanité et le faire arrêter durant sa visite en Grande-Bretagne. Il se contentera à la fin de publier le 15 septembre 2010, une lettre ouverte dans le quotidien The Guardian avec 54 autres intellectuels pour s’opposer à la visite du pape en Grande-Bretagne.

Dans une interview qu'il donne au PBS le 12 avril 2008, Richard Dawkins déclare : "la foi comme croyance qui n'est pas fondée sur des preuves est l'un des plus grands maux terrestres ; c'est un virus difficile à éradiquer. Ne pas croire en Dieu est une extension logique de la compréhension de l'évolution, alors que la religion est intrinsèquement incompatible avec la science".

En d’autres termes, selon ce scientifique, la seule garantie que le cerveau humain se développe pour inventer le monde de demain vient du fait de ne pas croire que tout est figé, immuable et qu’il faut même, au lieu de travailler pour inventer le monde de demain, passer le temps à la prière pour remercier un certain « horloger » d’un monde figé. Voilà pourquoi, selon lui, la religion est un virus, une maladie qui nuit à la science.

Le 7 novembre 2009, dans le quotidien britannique The Guardian, il déclare : « le créationnisme est une absurdité, fruit du mensonge d'un esprit pauvre »

En Afrique

Répondant à la question : « Pourquoi le créationnisme est-il un complot contre l'Afrique ? », voici ce qu'écrit le jeune penseur camerounais, Djat Ngongang : "c'est l'homme qui a crée dieu et non l'inverse. Refuser de croire en dieu c'est refuser la facilité. il suffit d'utiliser la fiction déiste et on peut tout expliquer, tout justifier, et tout pardonner. C’est dieu qui m'a demandé de tuer alors on ne peut pas me condamner. C’est dieu qui m'a envoyé voler donc tu dois me pardonner car c'est lui qui doit me punir, c'est dieu qui a tout fait a quoi ça sert de faire encore des efforts. Utiliser dieu permet d'expliquer l’inexplicable, de fuir ses responsabilités. Donc avant tout débat on doit choisir entre la fiction et la réalité, entre l’évolutionnisme et le créationnisme".

A- Au Cameroun

Dans ce pays, les créationnistes sont en action depuis l’ère coloniale et ne se sont jamais fatigués. Ils s’assurent à mettre gratuitement dans toutes les chambres des hôtels camerounais une Bible. A la télévision publique CRTV, ils occupent tout le temps d’antenne avec des émissions créationnistes : Horoscope, Messe, le saint du jour, etc. A ce jour, il n’existe pas de scientifique camerounais qui anime la moindre émission à la télévision ou à la radio. A l’école, tout semble fait pour décourager les enfants à s’orienter vers les séries scientifiques. Alors qu’en Europe, dans les lycées, les 2/3 des filières sont les séries scientifiques, au Cameroun, elles occupent à peine 10%.

L'Assimilation de la spiritualité Africaine à la sorcellerie et combattue

L’œuvre la plus réussie des créationnistes en Afrique a été la création de la sorcellerie. Ils ont juste répliqué en Afrique la chasse aux sorcières de l’Europe du XVIIème siècle pour dénigrer la spiritualité africaine et ceux qui la pratiquent, tous soupçonnés de sorcellerie.

Qui est accusé de sorcellerie au Cameroun ? Toute personne non créationniste. C’est-à-dire que dans ce pays, les créationnistes ont réussi à s’infiltrer dans l’appareil de l’État pour mener une guerre sans merci contre leur ennemi de toujours, la spiritualité africaine, accusée de satanisme, et de tous les esprits maléfiques possibles. Ils ont même inventé des noms comme « famla » ou « kong » pour susciter la peur de la population à approcher leurs traditions, leurs villages. La conséquence est désastreuse. La première motivation de l’exode rural dans une bonne partie du Cameroun n’est nullement motivée par la recherche d’une vie meilleure, mais on fuit le village où il y a la sorcellerie, où il y a le mal. Et les créationnistes y ont trouvé un remède bien sûr : il y a l’exorciste pour guérir de la sorcellerie. Et ça marche, à en juger le nombre d’intellectuels camerounais qui croient en la sorcellerie, jusqu’aux magistrats, avocats et juges des tribunaux camerounais. Croyez-vous que je plaisante ? Eh bien non. Tout ce que je dis est vrai.

L’article 251 du code pénal camerounais punit de 2 à 10 ans de prison et d'une amende de 5 000 a 100 000 FCFA "la pratique de la sorcellerie, magie ou divination susceptible de porter atteinte à la tranquillité publique ou de porter atteinte aux personnes". Et ce tarif peut atteindre des montants astronomiques s’il est question d’homicide. Il est pourtant scientifiquement prouvé que la sorcellerie n’existe pas et qu’aucun être humain ne peut faire de mal à un autre d’une manière occulte, autrement, les armes à feu et les armes blanches ne rencontreraient pas le succès qu’elles ont dans les homicides du monde entier.

Durant le colloque que l'Université de Bangui organise les 1er et 2 août 2008 sur le thème « Sorcellerie et Justice en République Centrafricaine », dans sa contribution intitulée "La sorcellerie au tribunal", l'anthropologue Martinelli Bruno de l'Université Aix-Marseille dit :

"La « recrudescence de la sorcellerie » en Afrique comme thème d’explication des malheurs du temps présent, et particulièrement des temps modernes, est récurrent depuis l'époque coloniale. C’est une grille de lecture et d’interprétation des crises sociales de la modernité sur tous les plans de clivages sociaux : rapports d’âge et de génération, rapports de genres, rapports de production et d’appropriation des ressources, rapports d’autorité et de pouvoir [...] Le processus de stigmatisation de la sorcellerie a été amorcé par la diabolisation des croyances et pratiques magico-religieuses traditionnelles africaines par les églises missionnaires, démarche qui rééditait sans le savoir l'histoire européenne de la diabolisation des pratiques sorcières du monde paysan du XVème au XVIIème siècle.

Plus récemment, la rencontre entre la démonologie inspirée de certaines églises fondamentalistes américaines transplantées en Afrique et une sorcellerie africaine revisitée dans le contexte urbain moderne, tend à faire de Satan comme principe fondamental de perversité, le principal personnage sur la nouvelle scène des croyances africaines. Les nouveaux missionnaires et les prophètes prétendent répondre aux problèmes des individus ou des familles en inscrivant leurs maux dans une dramaturgie universelle du Mal qui passe par le combat spirituel contre Satan et ses comparses sorciers."

En d'autres termes, cet anthropologue italien reconnait que le concept de sorcellerie en Afrique n'est là que pour servir à la religion coloniale, le christianisme d’abord et aujourd’hui les églises réveillées, pour stigmatiser la religion concurrente, la spiritualité africaine relayée au rang des choses négatives, de Satan.

Ainsi, la spiritualité africaine étant synonyme de sorcellerie, qui utilise la magie noire, et la spiritualité européenne étant synonyme d’exorcisme, qui utilise la magie blanche, on constate qu’il devient évident d’utiliser cette dernière comme refuge afin de contrer la magie des Africains et l’empêcher de faire du mal à qui s’en distingue, au grand bonheur des nouveaux convertis au christianisme.

B- Au Nigeria

Lorsque Boko Haram a kidnappé les 200 filles, l’accusation principale était qu’elles suivaient l’éducation occidentale. Lorsqu’on va plus en détail pour savoir ce que cela veut dire,, on tombe sur une réponse qui peut surprendre, mais qui nous apprend que Boko Haram se revendique ni plus ni moins que d’être un mouvement créationniste qui milite pour interdire l’enseignement de la science à l’école. En Occident, la science est appelée Evolutionnisme. Ici, au Nigeria, la Science est associée à l’Occident. En d’autres termes, ceux qui combattent Boko Haram ne savent pas qu’ils puisent tous dans le même fond de commerce que ce dernier.

Le Nigeria est une terre bénie de Dieu, avec deux créationnistes, promouvant la Bible et le Coran. Dans ce pays, les prédicateurs peuvent impunément se faire passer pour des médecins et prétendre guérir toutes les maladies du monde sans être inquiété par un quelconque magistrat. C’est le créationnisme en action. La Bible peut tout résoudre.

Les intellectuels et les artistes nigérians sont de la partie. Comme la plupart des cinéastes se font financer leurs films par les créationnistes américains, en échange le refrain « God » devient une ponctuation qui intervient toutes les 5 minutes dans les films et séries réalisés au Nigeria ou par les Nigérians. En comparaison, ce sont les intellectuels et les scientifiques qui commandent à Hollywood. C’est pour cela que Dieu ne sera cité que dans un film traitant du thème des religions et non de la bouche d’un acteur qui se remettrait à Dieu pour un oui ou un non, comme c’est le cas dans les films nigérians.

Quelles leçons pour l'Afrique ?

Le créationnisme est avant tout un complot contre l’Afrique. Refuser au continent africain sa place de berceau de l’humanité il y a 100 000 ans environ pour aller inventer une autre origine biblique en Mésopotamie il y a moins de 10 000 ans est une absurdité scientifique mais aussi historique. Ce qui fait poser la question : les africains sont-ils idiots ou juste à plaindre ?

Lorsqu’on voit les batailles que les scientifiques livrent en Europe pour faire triompher les vérités scientifiques, on a envie de se demander où sont allés les scientifiques africains.

C’est devenu une mode en Afrique de proclamer qu’on sera pays émergent en 2020, 2030, 2040 etc. Mais comment tous ces pays pensent-ils y arriver en laissant le créationnisme gangréner les institutions étatiques ? Avec quel programme de recherches scientifiques pensent-ils devenir émergents ? Même le Brésil longtemps pris en otage par les créationnistes américains a dû combattre cet obscurantisme religieux à travers un président courageux : Cardoso, qui a tout misé sur la science et la technologie pour faire émerger le Brésil.

En Inde, où l’hindouiste ne mange pas de viande, l’État mise sur la science pour faire de ce pays le premier pays exportateur de viande de bœuf devant le Brésil qui aujourd’hui est le premier mondial avec 220 millions de bovins. Même dans ce pays ce sont les scientifiques qui sont à la manœuvre.

En Chine, c’est le temple de l’évolutionnisme. La science passe avant même le parti communiste, même après Mao. Dans tous les domaines, la recherche scientifique a pris le dessus. C’est en vertu de cet acharnement scientifique que la Chine a détrôné en 2014 selon le FMI, les USA de leurs 142 ans de place de la première puissance mondiale.

L’Afrique ne saurait être une exception scientifique. Continuer à utiliser la télévision pour abrutir sa propre population dans le créationnisme concoure à destiner les pays africains vers un lendemain très instable de conflits sociaux à cause d’une frange importante de la population qui sera inadaptée, non préparée à accepter les coups durs d’une vie sans pitié où aucune prière ne pourra aider qui que ce soit, à payer ses factures de loyers, d’électricité, de scolarité de ses enfants, etc. Dans les rues de Kinshasa, Douala, Lagos, il y a des enfants dits de la rue, chassés des familles parce que doigtés comme l’expression de Satan, par les pasteurs de ces églises réveillées. Qu’attendent ces Etats pour mettre ces charlatans hors d’état de nuire ?

Conclusion:

Lorsqu'en 2012, les chinois ont offert le nouveau siège de l'Union africaines aux africaine, qui a couté 220 millions de dollars, on raconte à Pékin qu'ils ont été sidérés lorsque des chefs d'Etats africains ont prétendu et obtenu de la Chine d'inscrire devant la façade principale de l'édifice, à côté de la statue de Kwame Nkrumah, une citation tirée de la bible. Il s'agissait de la sueur d'un pays qui avait utilisé la science pour se battre pour obtenir l'argent de cet édifice et des créationnistes africains qui créaient la surprise en faisant comprendre à leurs homologues chinois qu'ils étaient tout simplement des idiots.

Mais en Afrique aussi, la résistance contre les créationnistes s'organise. A la formation RINVINDAF, pour la première fois sur le continent africain, des personnes se voient refuser l'accès à une formation au motif qu'ils sont créationnistes. Ceci a souvent suscité de l'incompréhension de la part de tous ceux dont les candidatures ont été rejetées pour ce motif, nous taxant de secte. La vérité se trouve dans le film de Sergio Léone "Pour un poignée de Dollars", lorsque l'acteur principal Clean Eastwood dit à Jean-Maria Volonté : "Quand un homme avec le fusil rencontre un homme avec le pistolet, l'homme avec le pistolet est un homme mort".

Dans la concurrence industrielle entre les nation, c'est la science qui est le maitre mot. Et lorsqu'un industriel évolutionniste rencontre sur le marché, un industriel créationniste, l'industriel créationniste est un homme mort. C'est ce qui explique que les pays arabes pétroliers malgré leurs énormes investissements, n'ont jamais su faire décoller un vrai secteur industriel. De même lorsqu'un industriel créationniste nigérian ou camerounais rencontrera sur le marché un industriel évolutionniste brésilien, indien, coréen ou chinois, l'industriel créationniste nigérian ou camerounais est un industriel mort. Il ne servait donc à rien de former des gens sur qui on ne peut pas faire un pari de réussite dans l'avenir. L'Afrique a été mise à genoux en utilisant la science, c'est grâce à la science que l'Afrique se mettra debout.

Il me plait de conclure avec le texte de la pétition que le mouvement des Brights a fait circuler à tous les scientifiques du monde pour alerter du danger des créationnistes à l'école :

« Un certain nombre de " bureaux d'éducation " et de communautés religieuses tentent d'introduire la théorie de l' " intelligent design " (ID) dans les programmes de sciences des écoles publiques américaines. Il est possible que les promoteurs de cette théorie pensent sincèrement qu'elle a une crédibilité scientifique. Mais certains, peut-être, visent à introduire par ce biais des croyances religieuses dans les programmes d'enseignement des sciences. Quelles que soient les intentions de ses promoteurs, la théorie de l' " intelligent design " est en contradiction avec la définition de la science et doit être rejetée : elle n'a pas sa place dans un programme d'enseignement des sciences.

Pour dire les choses simplement , l' Intelligent Design n'est pas de la science. La science entretient un rapport expérimental avec la réalité. La caractéristique la plus importante de la méthode scientifique est que les hypothèses à propos du monde naturel puissent être testées, faire l'objet d'expériences reproductibles, et être vérifiées. Contrairement aux acquis scientifiques de la théorie de l'évolution de la vie sur terre, les explications de l'ID postulent des hypothèses qui ne peuvent être ni observées ni validées. En postulant que l'existence d'un concepteur est nécessaire pour rendre compte de l'origine et du développement de la vie, l'Intelligent Design rompt avec la science en tant que discipline.

Il n'y a pas de meilleur outil que la méthode scientifique, avec ses processus rigoureux de confirmation, pour comprendre notre monde. Aucune nation ne peut espérer bien se porter si ses citoyens sont entretenus dans la confusion ou désinformés en ce qui concerne la science. Le mouvement de l'Intelligent Design empêche de donner aux étudiants l'enseignement nécessaire à notre monde, où les sciences occupent une place incontournable. L'Intelligent Design constitue une menace sérieuse contre l'intégrité de l'enseignement des sciences telle que des scientifiques doi
vent la concevoir. »

Jean-Paul Pougala

Douala, le 22 juin 2014

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