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DECLARATION DU COMITE CENTRAL DU PCRCI RELATIVE A LA VISITE DU PRESIDENT FRANÇAIS FRANCOIS HOLLANDE EN COTE D’IVOIRE

par pcrci 23 Juillet 2014, 13:23 Côte d'Ivoire France François Hollande Françafrique Ouattara Visites du 17 juillet

DECLARATION DU COMITE CENTRAL DU PCRCI RELATIVE A LA VISITE DU PRESIDENT FRANÇAIS FRANCOIS HOLLANDE EN COTE D’IVOIRE
DECLARATION DU COMITE CENTRAL DU PCRCI RELATIVE A LA VISITE DU PRESIDENT FRANÇAIS FRANCOIS HOLLANDE EN COTE D’IVOIRE

23 juillet 2014 par Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire communiqués partis amis et associations

Nous avons appris par un communiqué officiel que le président de la république française, François Hollande effectuera une visite d’Etat le 17 juillet 2014 en Côte d’Ivoire. Cette visite est d’une grande importance pour les peuples de Côte d’Ivoire en ce sens qu’il s’agit du président d’une puissance qui règne sur une grande partie de l’Afrique, la Côte d’Ivoire en particulier.

Le PCRCI estime que le président français vient visiter un pays que la France impérialiste qu’il dirige considère comme sa chasse gardée. Le PCRCI rappelle ci-dessous, aux peuples de Côte d’Ivoire le contenu et la nature des rapports entre la Côte d’Ivoire et la France.

Au plan politique, la France depuis 1960 est la puissance impérialiste qui domine la Côte d’Ivoire, dès lors, elle s’implique dans le choix de nos dirigeants, oriente notre politique dans le sens de la défense de ses intérêts. Citons quelques exemples récents de cette implication dans les choix politiques :

En 1993, dans le combat entre les héritiers de Houphouët pour lui succéder, la France a imposé Konan Bédié au détriment d’Alassane Ouattara ; elle a joué ouvertement la carte de « la légalité constitutionnelle ».

En 1999, elle a laissé une junte militaire chasser Konan Bédié, un président élu ; elle n’est pas venue au secours de la « légalité » comme en 1993 ;

En 2002, elle a laissé une rébellion attaquer le pouvoir de Gbagbo Laurent, elle n’est pas venue au secours de la « légalité ».

En 2010, elle est intervenue militairement aux côtés du clan d’Alassane Ouattara contre le clan de Gbagbo Laurent dans la guerre post-électorale pour, selon elle, défendre les « résultats des urnes ».

Toutes ses interventions ont foulé aux pieds la volonté du peuple de Côte d’Ivoire, car seule la France avait le monopole de l’interprétation de la situation. Ces interventions intempestives ont aggravé les crises politiques.

Les preuves abondent qui exposent les intimidations, injonctions, dictats, et autres menaces à l’endroit des différents présidents, Bédié, Guéi, Gbagbo pendant l’exercice de leurs mandats. Ces faits sont relatés dans les mémoires et écrits des ex ambassadeurs français en Côte d’Ivoire, des ex conseillers des présidents français, etc. Nous ne serions pas surpris d’apprendre dans dix ans par ces mêmes conseillers et grands commis de l’Etat français que Ouattara a subi les mêmes menaces.

Au plan économique, en plus de la part la plus importante dans les secteurs stratégiques et modernes (électricité, eau, pétrole, banques, ports, chemin de fer, etc.), la France s’est dès 1960, par un accord léonin, octroyé la gestion du FCFA. Tant est que l’essentiel de l’économie moderne est aux mains de la France, cette dernière fera nos choix stratégiques selon ses intérêts.

Au plan culturel, l’accord entre la France et la Côte d’Ivoire nous contraint à l’usage exclusif du français. Nos langues et nos cultures sont méprisées, détruites et reléguées au rang de folklore. Sans l’apprentissage et l’usage de nos langues, il sera difficile à nos peuples de prendre le train de l’émancipation, du développement humain.

Au plan militaire, la France par des accords de défense signés depuis 1961 et restés secrets a maintenu notre armée dans le dénuement total, l’arriération. Cette situation lui a permis d’intervenir selon ses intérêts et sa volonté dans les contradictions entre ivoiriens. En parcourant le contenu de ces accords de défense, l’on note qu’en 1961, la Côte d’Ivoire a offert son territoire à un détachement de l’armée française pour son stationnement et ses opérations militaires en terre ivoirienne sans restriction aucune. Cette armée avait le droit de circuler partout comme si elle se trouvait dans un département français. La France, par des clauses cachées dans les annexes, avait la priorité sur l’utilisation des produits miniers (pétrole, uranium, autres produits miniers stratégiques). En contrepartie, la Côte d’Ivoire devait bénéficier de la formation de son armée, de son équipement moderne et de la protection en cas d’attaques extérieures.

On peut à présent faire l’évaluation de la mise en œuvre de ces accords. Notre armée est aujourd’hui en déconfiture. Elle est mal équipée. L’armée française est intervenue plus d’une fois dans les affaires internes de la Côte d’Ivoire (Sanwi, Gagnoa, crise post-électorale) contrairement aux accords.

En 2009, face aux critiques et protestations des peuples africains contre la France-afrique, le président français Nicolas Sarkozy décida de revoir la coopération militaire entre la France et ses ex-colonies. Il décida de fermer le 43ème BIMA de Port Bouet. En fait il n’en arien été. Il signa avec Alassane Ouattara en 2011, un nouvel accord de défense qui devrait être ratifié par les parlements des deux pays. En 2012, le parlement français sous Hollande ratifia cet accord. Deux ans après, à la veille de la venue de Hollande en Côte d’Ivoire, notre Assemblée Nationale en date du vendredi 11 juillet 2014, vient de ratifier cet accord.

Quels en sont les termes ? Ils sont à quelques exceptions près, identiques à ceux de 1961 : La France a le droit de s’installer en Côte d’Ivoire, sur les installations du 43ème BIMA « revenu » à la Côte d’Ivoire. L’armée française stationnée a le droit de faire ses manœuvres militaires sur tout le territoire ivoirien.

Les différences avec les accords de 1961 peuvent se résumer en deux points essentiellement : Les annexes ne donnent pas l’exclusivité de l’usage des matières minières à la France. La France a le droit de faire des opérations militaires sur d’autres pays à partir du territoire ivoirien. Ainsi, la Côte d’Ivoire devient une base arrière de l’armée française pour combattre les djihadistes, les rebellions, mais aussi et certainement les insurrections, les soulèvements populaires dans d’autres pays. Nous sommes impliqués dans le combat pour la défense des intérêts français dans toute l’Afrique. Le pouvoir Ouattara expose ainsi la Côte d’Ivoire à de graves dangers.

Aussi, le PCRCI en date du 26 mai 2014, prit la responsabilité d’adresser une lettre ouverte à l’Assemblée Nationale pour demander aux députés de ne pas ratifier ces accords. Mais notre Assemblée Nationale a voté cette loi comme indiqué plus haut.

En résumé le PCRCI note que les relations entre la France et la Côte d’Ivoire sont caractérisées par une soumission totale de notre pays au plan politique, économique, culturel, militaire. Une telle situation interpelle tous ceux qui aiment la Côte d’Ivoire, tous ceux qui souffrent de cette domination, tous ceux qui la refusent. Que doivent-ils faire ?
Ils doivent lutter dans l’unité pour recouvrer la souveraineté de notre pays afin d’avoir la maitrise de seschoix stratégiques.
Ils doivent exiger immédiatement le départ de l’armée française et de toutes les armées étrangères pour ne pas à avoir à regretter que ces armées s’ingèrent dans le choix de nos dirigeants aux élections de 2015.
Ils doivent organiser la lutte pour arracher le pouvoir politique au RHDP, représentant actuel des hauts bourgeois au pouvoir à la solde de l’impérialisme international en particulier français.

C’est pourquoi le PCRCI lance un appel solennel aux démocrates, aux anti-impérialistes, aux révolutionnaires, aux partis et organisations de gauche pour une unité de lutte contre l’impérialisme et les hauts bourgeois qui le soutiennent.

Rassemblons et organisons la gauche intéressée par la lutte anti-impérialiste, immédiatement, sans tarder et pour arracher le pouvoir à la réaction au pouvoir !.

Abidjan le 16 juillet 2014

Pour le Comité Central du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

Le Secrétaire Général

Achy Ekissi

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