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L'assaut contre Gaza : un crime historique (WSWS)

par WSWS 24 Juillet 2014, 08:09 Israël Palestine Conflit Crimes de guerre

L'assaut contre Gaza : un crime historique (WSWS)
L'assaut contre Gaza : un crime historique
Par Patrick Martin et Barry Grey
WSWS

Au moins 100 Palestiniens ont été tués dimanche alors qu'Israël accentuait son brutal assaut terrestre, aérien et maritime contre Gaza. Rien que dans un seul quartier de la ville de Gaza, Shejaiya, des bombes israéliennes et des obus d'artillerie ont tué au moins 62 personnes et blessé près de 300 autres. Parmi les morts, il y avait 17 femmes, 14 enfants et quatre personnes âgées. Les corps de femmes et d'enfants jonchaient les rues de Shejaiya pendant que les gens fuyaient à pied ou dans des véhicules surchargés.

L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l'UNRWA, a déclaré que plus de 63 000 personnes avaient cherché refuge dans les 49 abris qu'elle a créés à Gaza. « Leur nombre a triplé ces trois derniers jours, » a indiqué l'UNRWA, « c'est le reflet de l'intensité du conflit et des menaces exceptionnelles que les combats représentent pour les civils. »

Les hôpitaux de Gaza sont débordés par les blessés et d'autres civils qui cherchent refuge contre les bombardements permanents. Les approvisionnements en bandages et en médicaments de base s'épuisent. Dans de grandes parties du territoire assiégé, l'eau et l'électricité ont été coupées.

L'armée israélienne a justifié son usage de bombes à fléchettes contre la population palestinienne, en disant que c'est autorisé par le droit de la guerre. Les obus à fléchettes répandent des milliers de minuscules pointes acérées en métal, conçues pour déchirer la chair humaine.

Human Rights Watch, une organisation américaine généralement alliée à l'establishment politique américain, a publié un rapport qui accuse Israël d'avoir délibérément visé des installations civiles. « Les attaques aériennes israéliennes à Gaza sur lesquelles Human Rights Watch a enquêté ont pris pour cibles des structures visiblement civiles et tué des civils, en infraction avec le droit de la guerre, » déclare ce rapport.

L'Etat israélien mène des meurtres de masse à Gaza. Ses troupes, ses chars, ses avions de combat et ses navires perpètrent un massacre de Palestiniens sans défense pris au piège dans un territoire minuscule, appauvri et densément peuplé. Personne ne sait vraiment combien sont morts dans les deux semaines de bombardements israéliens. Mais les responsables des hôpitaux palestiniens, dimanche à la mi-journée, donnaient le nombre de 436, et plus de 3000 blessés. Parmi les morts, on compte plus de 100 enfants.

Si ceci n'est pas un crime de guerre, alors qu'est-ce qu'un crime de guerre ?

Les mensonges proférés par le premier ministre israélien Netanyahou pour justifier cette atrocité sont au-delà du méprisable. On est en train de dire aux gens de ne pas croire ce qu'ils voient de leurs propres yeux aux actualités et dans les vidéos, en dépit de la couverture grossièrement déformée en faveur d'Israël que fournissent la plupart des médias contrôlés par les grands groupes. Les responsables israéliens ont la témérité d'affirmer que leurs actions sont une réaction de défense face aux agressions du Hamas. Mais les faits parlent d'eux-mêmes : le nombre de civils morts s'approche rapidement des 1000 du côté palestinien, tandis que seulement deux civils israéliens ont été tués par les roquettes rudimentaires du Hamas.

Les mesures prises par le Hamas sont la réponse défensive d'un peuple isolé et assiégé face à un assaut sauvage, la culmination de décennies de violences sans fin et toujours accrues d'Israël. Près de cinquante ans après la guerre des Six jours et la prise des territoires occupés, le régime sioniste a été complètement incapable d'écraser la résistance des masses palestiniennes. Le paroxysme de violence actuel est l'expression du désespoir plutôt que de confiance dans l'avenir. Malgré tout son cynisme et sa brutalité, le gouvernement israélien donne l'impression d'un régime qui perd le contrôle.

Dans sa longue et sanglante histoire d'agression, Israël a franchi ces quatre derniers jours une ligne fondamentale. Ses actions à Gaza sont celles d'une société en état de désintégration politique et morale, la conséquence de l'impasse du sionisme.

Il apparaît maintenant clairement que le meurtre il y a deux semaines de Mouhammad Khdier à Jérusalem-Est par des fascistes israéliens, qui ont déversé de l'essence dans la gorge du jeune homme puis ont mis le feu, n'était que le précurseur d'un crime bien plus vaste, perpétré par les plus hautes autorités de l'Etat israélien.

De plus en plus, Israël est considéré dans le monde entier comme un Etat paria dirigé par un mélange de fascistes et de désaxés. L'indignation contre lui monte parmi les travailleurs et les jeunes du monde entier.

Israël ne serait pas en mesure de commettre un crime aussi manifeste sans le soutien, politique et matériel, des puissances impérialistes et des gouvernements capitalistes du monde entier. Le monde est en train d'assister à un crime de guerre, orchestré à l'échelle mondiale, et mené avec le soutien affiché et enthousiaste de la classe capitaliste internationale.

En premier lieu, il y a les États-Unis, qui ont fourni à Israël l'essentiel des armes qu'il utilise pour tuer les Palestiniens. Mercredi dernier, à la veille de l'invasion terrestre israélienne, le président Barack Obama est apparu devant la presse à la Maison Blanche et a donné à Israël son soutien total pour le bain de sang à venir.

Obama ne s'est même pas donné la peine d'exprimer les clichés habituels sur la « retenue » et la nécessité de « limiter le nombre de victimes. » Au contraire, il a répété mot pour mot les mensonges d'Israël, déclarant, « il n'y a aucun pays sur terre auquel on puisse demander de vivre sous un barrage quotidien de roquettes. » Ces paroles ont été prononcées alors même que des missiles et des bombes israéliennes tuaient des Palestiniens heure après heure.

Il a ensuite accusé le Hamas de « prolonger le conflit » en refusant d'accepter un cessez-le-feu bidon qui était en fait une demande abjecte de se rendre, lancée dans le but de créer un prétexte pour lancer une offensive terrestre.

Interviewé dimanche dans l'émission This Week de la chaîne de télévision ABC, le ministre américain des Affaires étrangères John Kerry s'est vu demander de réagir à la déclaration de la porte-parole palestinienne Hanan Ashrawi selon laquelle ce qui se passe à Gaza est un « massacre » et un « crime de guerre ». Kerry a écarté cette accusation comme étant de la « rhétorique » palestinienne et a ajouté cyniquement, « la guerre, c'est moche et des choses terribles vont se produire forcément. »

Kerry sait très bien qu'il ment quand il défend l'assaut israélien contre Gaza. Son cynisme et sa duplicité ont été démasqués dans l'émission Fox News Sunday quand l'animateur a montré des images de Kerry en conversation téléphonique juste avant de prendre l'avion. En parlant du bombardement israélien sur Gaza, il a dit de façon sarcastique, « C'est une sacrée opération de précision […] Il faut qu'on y aille. »

Ensuite, il y a les puissances européennes, qui toutes accordent à Israël leur plein soutien. En France le gouvernement PS (Parti socialiste) est allé jusqu'à interdire les manifestations contre l'assaut israélien contre Gaza et à mobiliser la police anti-émeutes pour attaquer avec du gaz lacrymogène les manifestants à Paris.

Comme toujours, les Nations unies se sont conformées aux souhaits des grandes puissances européennes, appelant les « deux côtés » à ne pas recourir à la violence, alors même qu'il s'agit entièrement d'un massacre à sens unique.

Les régimes bourgeois arabes sont, soit ouvertement soit tacitement, en train de collaborer avec Israël dans cette attaque contre Gaza. Le régime acquis aux Etats-Unis et dirigé par le boucher militaire El Sisi en Egypte a scellé la frontière pour empêcher les habitants de Gaza de fuir l'armée israélienne et de trouver refuge en Egypte. El Sisi a négocié la proposition de cessez-le-feu bidon pour fournir un prétexte à l'invasion terrestre israélienne.

L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas fait le sale travail pour l'Etat sioniste et l'impérialisme américain, conspirant contre le Hamas tout en réprimant les manifestations anti-israéliennes en Cisjordanie.

Il ne reste plus rien du mythe du nationalisme et de l'unité arabes. Tous les régimes et partis bourgeois ont été démasqués comme étant de petits agents de l'impérialisme.

Le Hamas fait preuve d'un courage indubitable en cherchant à résister à l'offensive meurtrière d'Israël. Mais il n'a pas de perspective politique viable. Fondé sur le nationalisme, il cherche à avoir le soutien de régimes arabes qui sont totalement soumis aux puissances impérialistes, laissant ainsi les masses palestiniennes isolées et quasiment sans défense.

La violence criminelle à Gaza qui reçoit l'aide et la bénédiction des gouvernements de par le monde, est un avertissement à la classe ouvrière de chaque pays. C'est la preuve de la cruauté impitoyable de l'impérialisme. Il ne reculera devant aucun crime pour éliminer tout ce qui entrave ses ambitions économiques et géo-politiques sur le monde.

La défense du peuple palestinien est la tâche de la classe ouvrière internationale. Les travailleurs israéliens, en premier lieu, doivent se séparer des criminels qui dirigent le pays. De larges sections d'Israéliens sont en train d'être impliqués dans des crimes odieux. Et des voix s'élèvent, au sein de l'establishment israélien, qui parlent ouvertement de l'extermination physique du peuple palestinien, une « solution finale » de type nazi.

Les travailleurs israéliens doivent s'opposer au massacre qui est perpétré à Gaza. Il faut qu'ils se tournent vers leurs alliés naturels, à savoir les travailleurs arabes et les masses opprimées.

La classe ouvrière américaine, européenne et internationale doit donner une direction à l'indignation et à la révulsion ressenties par des millions de gens concernant ce qui se passe à Gaza. Elle doit exiger la fin immédiate du carnage. Il faut organiser dans tous les pays des manifestations de protestation et de solidarité avec les Palestiniens.

Il faut exiger que les criminels de guerre et leurs complices à Washington et dans toutes les autres capitales du monde répondent de leurs actions. La lutte doit être dirigée non seulement contre le gouvernement israélien mais aussi contre les gouvernements capitalistes et impérialistes qui facilitent les crimes d'Israël.

(Article original paru le 21 juillet 2014)

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