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RDC : coup dur pour l'armée avec la mort de son chef au Nord-Kivu (AFP)

par AFP 31 Août 2014, 17:47 RDC Lucien Bahuma Mort Ouganda Armée congolaise

Le général Lucien Bahuma, commandant des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), dans le Nord-Kivu près du village de Kibumba I, le 11 juillet 2012 | AFP/Archives | Phil Moore
Le général Lucien Bahuma, commandant des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), dans le Nord-Kivu près du village de Kibumba I, le 11 juillet 2012 | AFP/Archives | Phil Moore
RDC : coup dur pour l'armée avec la mort de son chef au Nord-Kivu 
Par Marc JOURDIER
AFP

L'armée congolaise a été frappée durement dimanche par la mort du général Lucien Bahuma, chef d'état-major de la région troublée du Nord-Kivu, qui a joué un rôle clef dans les récents succès des forces loyalistes dans cette province de l'est du pays.

"Le général Bahuma est mort" à Pretoria "dans la nuit à 0h30 heure de l'Afrique du Sud" (22h30 GMT samedi), a indiqué à l'AFP le ministre de la Défense congolais, Alexandre Luba Ntambo.

Le général-major Jean-Lucien Bahuma Ambamba a été victime jeudi à 57 ans "d'un accident vasculaire cérébral alors qu'il assistait à une réunion mixte" d'état-major en Ouganda consacrée à la lutte contre les rebelles ougandais de l'Alliance des forces démocratiques (ADF) présents au Nord-Kivu, a ajouté le ministre.

Samedi soir, la rumeur courait à Goma, capitale de la province que le général Bahuma avait été empoisonné.

"Cela ne me paraît pas totalement invraisemblable. Si c'est le cas, cela veut dire que rien n'est réglé" au Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP un expert de cette région sous le couvert de l'anonymat, notant que l'accident fatal s'était produit en Ouganda, pays qui a soutenu et armé plusieurs rébellions dans l'Est de la RDC.

Selon les autorités, le général Bahuma a été évacué vers l'Afrique du Sud où il est mort à l'hôpital "en dépit des efforts pour le ranimer".

M. Luba Ntambo a salué dans la personne du défunt "un homme absolument dévoué, un officier vaillant, quelqu'un qui s'était donné corps et âme à sa mission".

Selon des sources militaires, un général a été nommé pour assurer l'intérim à la tête de la 8e région militaire congolaise jeudi. Son identité n'a pas été révélée. Selon une source à l'état-major régional, l'officier, actuellement à Kinshasa devait arriver à Goma dimanche.

- Résurgence du M23 ? -

Natif de la Province-Orientale, dans le Nord-Est du pays, le général Bahuma était arrivé à la tête de l'état-major militaire du Nord-Kivu en 2012, après une succession de défaites des forces loyalistes face à la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23).

Rapidement, il réorganise le commandement et les troupes afin de s'assurer de la loyauté des soldats envoyés au front, veille à ce que la logistique suive et que les soldes soient versées en temps et en heure.

A partir de 2013 les Forces armées de la RDC (FARDC), réputées jusque-là pour leur indiscipline, leur mauvaise organisation, leur capacité à fuir les combats et à maltraiter les civils, enregistrent une série de succès et finissent par venir à bout du M23 en novembre de la même année, avec l'aide de la brigade d'intervention de l'ONU, nouvellement créée.

Depuis lors, l'armée, qui a gagné les coeurs des habitants de la province, s'est attaquée aux ADF, présents dans le nord du Nord-Kivu, auxquels elle a porté une série de coups durs.

Elle a aussi intensifié ses offensives contre plusieurs milices congolaises de la province, que sillonnait le général pour soutenir ses hommes et constater les progrès sur le terrain.

Sa mort survient alors que la France a mis en garde début août le Conseil de sécurité des Nations unies contre la possibilité d'une réorganisation militaire du M23.

Cette semaine, plusieurs médias congolais se sont inquiétés d'une telle résurgence du mouvement rebelle à partir de l'Ouganda et du Rwanda, voire au Nord-Kivu même.

La mort du général Bahuma intervient huit mois après le meurtre du colonel Mamadou Ndala, officier emblématique de la nouvelle armée congolaise.

Fait général à titre posthume, ce chef d'une unité d'élite, très populaire et auréolé de nombreuses victoires contre le M23, a été victime d'un attentat début janvier.

Selon l'expert du Nord-Kivu, la disparition des deux hommes, qui avaient en commun d'être efficaces et appréciés de la population, crée "un gros malaise" dans l'armée.

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