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Comment l'Occident a créé l'Etat islamiste en Irak...Partie I : nos terroristes (ICH)

par Nafeez Ahmed 12 Septembre 2014, 08:25 Articles de Sam La Touch USA Grande-Bretagne Irak Etat Islamique Al-Quaïda Terrorisme

Comment l'Occident a créé l'Etat islamiste en Irak...Partie I : nos terroristes (ICH)
ICH How the West Created the Islamic State … With a Little Help From Our Friends. Part I Our Terrorists
Par Nafeez Ahmed

Traduction libre de la Partie I par SLT

 

 

Une action militaire est désormais nécessaire pour enrayer la propagation du "cancer" de l'Etat islamique, a déclaré le président Obama. Hier, dans son discours très attendu, il a appelé à des frappes aériennes étendues sur l'Irak et la Syrie, et de nouvelles mesures pour armer et entraîner des forces terrestres irakiennes et kurdes.



Néanmoins, le grand absent de cette grande chorale de l'indignation, fut la reconnaissance du rôle secret et fondamental joué par les États-Unis et les Britanniques dans l'autonomisation et même directement le parrainage de ces miliciens islamistes virulents en Irak, en Syrie et au-delà, qui ont rompu avec la mouvance al-Qaïda pour former l'Etat islamique d'Irak et de Syrie, ou tout simplement maintenant, l'État islamique (EI).



Depuis 2003, la puissance anglo-étatsunienne a secrètement et ouvertement coordonné un soutien direct et indirect aux groupes terroristes islamistes liés à Al-Qaïda à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Cette géostratégie de patchwork mal conçu est un héritage de l'influence persistante de l'idéologie néo-conservatrice, motivée par des ambitions de longue date, mais souvent contradictoires à dominer les ressources régionales en pétrole, de défendre la stratégie expansionniste d'Israël, et de favoriser un remodelage du Moyen-Orient.



Maintenant, malgré les dénégations du Pentagone qu'il n'y aura pas de troupes sur le terrain - et l'insistance d'Obama que ce ne sera pas une autre "guerre d'Irak" - des sources militaires et de renseignement kurdes locales confirment que les forces US et des forces d'opérations  spéciales allemandes sont déjà sur le terrain. "Elles aident à nous soutenir dans les combats". Les frappes aériennes sur les positions de l'EIIL et les fournitures d'armes aux Kurdes ont également été accompagnées par des vols de reconnaissance de la RAF (Royal Air Force) britannique sur la région et à des livraisons d'armes britanniques aux forces peshmergas kurdes.



Tôt pendant l'invasion de 2003 et l'occupation de l'Irak, les Etats-Unis ont secrètement fourni des armes aux insurgés d'al-Qaïda tout en soutenant ostensiblement une administration émergente chiite.



Des sources militaires pakistanaises interrogées par  Asia Times en février 2005 ont confirmé que les insurgés décrits comme des "anciens du parti Baas" - qui ont été recrutés et formés par "al-Qaïda en Irak", sous la direction du regretté Abou Moussab Zarqaoui - ont reçu des armes fournies par le Pakistan et fabriquées par les États-Unis. Les livraisons d'armes comprenaient des fusils, des lance-grenades propulsées par fusée, des munitions, des roquettes et d'autres armes légères. Ces armes "ne pouvaient pas être destinées à des forces de sécurité irakiennes parce que des armes US leur étaient déjà livrées", a déclaré une source à Syed Saleem Shahzad - le chef du bureau de Times Pakistan qui, est "connu pour ses exposés sur l'armée pakistanaise" et qui a été assassiné en 2011, selon le New Yorker. Les États-Unis joueraient un double jeu afin de "parer" à la menace d'un "mouvement religieux chiite," a déclaré une source issue de la défense pakistanaise.



Ce n'est pas la seule façon dont la stratégie US a permis d'aider à la montée de Zarqaoui, un élève de Ben Laden issu de l'idéologie extrémiste qui fraiera plus tard avec l'EI.



Selon un rapport peu connu, paru en novembre pour l'US Joint Special Operations University (JSOU) et le Département d'études stratégiques, "Diviser nos ennemis" (Dividing Our Enemies), la période post-invasion de l'Irak fut une situation " intéressante qui a permis d'attiser le mécontentement des ennemis, conduisant à ce que les ennemis se combattent eux-mêmes".

Et la contre-insurrection nous obligeait à «améliorer les conditions de vie difficiles ou démunies des populations autochtones» pour gagner les cœurs et les esprits du public local.



En d'autres termes, les forces états-uniennes vont obtenir une légitimité publique grâce à la protection sociale conventionnelle tout en agissant de manière illégitime en favorisant les conflits entre les ennemis locaux par l'escalade de la violence entre insurgés, sachant bien que cela entraînait à son tour une escalade du nombre de civils innocents "pris entre deux feux." L'idée - une stratégie coloniale classique (ndt) - est que la violence secrètement produite par des opérations spéciales des États-Unis va non seulement affaiblir les ennemis à travers leurs luttes intestines mais retourner la population contre eux.

 

Dans ces cas, «l'ennemi» est composé de djihadistes, de baasistes, et des soufis pacifiques, qui étaient dans la majorité mais comme ces miliciens étaient également opposés à la présence militaire des États-Unis, ils devaient donc être instrumentalisés et influencés. Le rapport du JSOU se réfère aux événements de la fin de 2004 à Fallujah où les spécialistes "US de la guerre psychologique (PSYOP)" ont manoeuvré pour que les insurgés se battent entre eux. Cela impliquait effectivement la promotion de l'idéologie d'al-Zarqaoui, mais ironiquement, pour le vaincre : "Les guerriers des opérations de guerre psychologique (Psy Op) ont conçu des programmes pour exploiter les activités meurtrières de Zarqawi - et les diffuser à travers des réunions, des émissions de radio et de télévision, des documents, des articles de journaux, des bandes dessinées politiques, et des affiches - et ainsi affaiblir son image de héros légendaire", et encourager les différentes factions à s'en prendre les unes aux autres. "En puisant dans la répulsion des Fallujans ainsi que dans leur antagonisme aux djihadistes de Zarqawi, la force opérationnelle interarmée de guerre psychologique a fait son maximum pour attiser les tensions entre les groupes sunnites."

 

Pourtant, comme l'a noté Dahr Jamail, l'un des rares journalistes d'investigation indépendant en Irak après la guerre, la prolifération de la propagande reliant la multiplication des attentats-suicides au mouvement de Zarqaoui n'a pas retrouvé de preuve significative. Sa propre recherche pour étayer les allégations innombrables attribuant l'insurrection à Zarqawi, au-delà des sources de renseignement US anonymes, n'a absolument retrouvé aucune preuve.

 

L'opération de l'armée US à Fallujah, justifiée sur les allégations que les forces militantes de Zarqawi avaient occupé la ville, a entraîné l'utilisation du phosphore blanc, des bombes à sous-munitions, et des frappes aériennes aveugles qui ont pulvérisé 36 000 des 50 000 maisons de Fallujah, tuant près d'un millier de civils, terrorisant 300.000 habitants contraints à fuir, et aboutissant à une augmentation disproportionnée des malformations congénitales, des cancers et de la mortalité infantile due aux conséquences environnementales dévastatrices de la guerre.



À ce jour, Fallujah a souffert d'être largement coupée de l'Irak, son infrastructure largement impraticable avec des systèmes d'aqueduc et d'égout toujours en mauvais état, et ses citoyens victimes de discrimination et de persécution sectaire par le gouvernement irakien soutenu par des militants chiites et la police. "Des milliers de familles de Fallujah en deuil et sans-abri ont une nouvelle raison de haïr les Etats-Unis et ses alliés", observe The Guardian en 2005. Ainsi, les forces d'occupation US ont planté les graines à partir desquelles les héritiers de Zarkaoui s'uniront pour former le monstre Frankenstein qui se proclame "État islamique."...

 

 

Source : ICH How the West Created the Islamic State … With a Little Help From Our Friends. Part I Our Terrorists

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