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L’oncle Sam arme la Tunisie et soutient Mehdi Jomâa (Mondafrique)

par Nicolas Beau 10 Septembre 2014, 12:37 Mehdi Jomâa Tunisie USA Armement US

L’oncle Sam arme la Tunisie et soutient Mehdi Jomâa (Mondafrique)
L’oncle Sam arme la Tunisie et soutient Mehdi Jomâa


Par Nicolas Beau
Mondafrique

La rencontre en avril dernier à Washington entre le Premier rministre tunisien, Mehdi Jomaâ et le président américain, Barack Obama, s'était particulièrement bien passé. Mais cette visite a eu des effets très immédiats notamment sur le terrain sécuritaire. Face à la menace que font peser des groupuscules jihadistes aux frontières algérienne et libyenne, les Etats-Unis ont envoyé beaucoup de matériel militaire aux forces sécuritaires tunisiennes et ont renouvelé leur confiance à Mehdi Jomâa.

Évoquant le "printemps arabe" déclenché il y a plus de trois ans, Barack Obama avait reconnu, en recevant le Premier ministre tunisien Mehdi Jomaâ en avril dernier, que "certains pays ont eu du mal dans cette transition" de régimes autoritaires vers la démocratie. Le président américain avait estimé alors qu' "en Tunisie, nous avons assisté aux progrès que nous espérions, même s'il y a eu des difficultés". C'est dire combien les Américains veillent aujourd'hui de près, en cet automne délicat entre tous pour la transition démocratique en Tunisie, au bon déroulement des prochains scrutins législatif et présidentiel. Alors que le printemps arabe, voulu par les Américains, tourne à l'hiver -et un hiver particulièrement sévère en Libye et en Syrie- Washington cherche à protéger le bon élève tunisien.

En avril dernier, un lien direct et fort s'est créé entre Obama et Jomâa. Mehdi Jomâa avait opposé un refus net aux tentatives des dirigeants du parti d’Ennahda d’être inclus dans la délégation qui l’accompagnait lors de son voyage. Les manoeuvres de Radhouane Masmoudi, président du centre de l’Islam et la démocratie, basé aux USA et proche du sénateur du John Mc Cain, pour obtenir des invitations de l’administration américaine en faveur de Rached Ghannouchi président d’Ennahdha, avaient profondément agacé le chef de l’exécutif tunisien. Lequel entendait mener, seul, une visite d’Etat en compagnie des responsables gouvernementaux concernés par l’agenda de cette visite, notamment le ministre délégué à la sécurité et certains hommes d’affaires.

Après la rencontre Jomâa-Obama, une garantie financière avait été accordée aux Tunisiens par les Américains portant sur un emprunt de 500 millions de dollars. Mais surtout en privé, des engagements avaient été pris d'aider Tunis sur le terrain sécuritaire. Ces promesses ont été tenues.

Des tanks et des bateaux

Voici deux ans, l'Oncle Sam avait fourni à l'armée tunisienne un drone de surveillance. Or, ces six derniers mois, la coopération sécuritaire s'est considérablement renforcée. Les Etats Unis ont livré des petits tanks capables de combattre dans les maquis qui se sont créé à la frontière algéro-tunisienne profitant d'un relief montagneux. Beaucoup de matériel électronqiue a été également envoyé à l'armée tunisienne, largement sous équipée sur ce plan. Enfin et surtout, sept bateaux de surveillance ont été promis par l'administration américaine, dont deux sont déja arrivés à bon port.

Cette aide est d'autant mieux venue que la coopération sécuritaire de la Tunisie avec l'Algérie est fragile, malgré la visite de Jomâa à Alger. "On ne sait pas trop si la guerre de succession qui a lieu à Alger est responsable des difficultés de communication actuelles, confiait ces derniers jours un haut cadre sécuritaire tunisien, mais le fait est que la coopération avec l'Algérie ne fonctionne pas aussi bien que nous le souhaiterions, alors même que les groupes jihadistes qui sévissent dans l'ouest et le Sud sont généralement dirigés par des Emirs venus de notre voisin".

Jomâa, candidat de Washington?

Les Américains n'ont pas ouvertement de poulain dans la course présidentielle qui s'annonce en Tunisie pour les scrutins de novembre et décembre. Mais certians candidats comme Jomäa les rassurerait incontestablement. Ce qui n'a pas échappé à Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, qui cherche à retrouver les bonnes relations qu'il avait avec Washington avant l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis en septembre 2012. Cette dernière avait provoqué une très vive réaction des Américains contre le gouvernement islamiste d'alors jugé coupable au minimum d'incompétence.

Un des proches de Ghannouchi, Abdellatif Mekki, l'ancien ministre de la Santé proche des valeurs salafistes, vient de se prononcer en faveur de Mehdi Jomâa. Une façon d'écarter des possibles rivaux au sein de son propre mouvemen (type Jebali, l'ancien Premier ministre). A moins qu'il s'agisse de montrer à Washington que même les "durs" d'Ennahda sont prêts à mettre du vin dans leur eau, afin de disposer d'appuis internationaux solides s'ils disposeraient d'une majorité relative au parlement.

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