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La secte EIIL de la Cia est-elle déjà en train de s’effondrer en Irak ? (Journal-neo.org)

par William Engdahl 23 Septembre 2014, 14:00 Irak EI CIA

La secte EIIL de la Cia est-elle déjà en train de s’effondrer en Irak ? (Journal-neo.org)
La secte EIIL de la Cia est-elle déjà en train de s’effondrer en Irak ?
Par F. William Engdahl
journal-neo.org
Lu sur Mondialisation.ca

Depuis le début des années cinquante, au moment où le chef de la CIA à Munich pris conscience de l’utilisation efficace des musulmans sunnites djihadistes radicaux issus de l’Union soviétique par le ministère du Reich aux Territoires occupés de l’Est de Gerhard von Mende [1], les renseignements américains ont cherché à utiliser le fanatisme islamiste radical à leur avantage. Dans mon dernier livre, j’ai appelé cela Amerika Heiliger Krieg. L’alliance des forces dites chrétiennes américaines avec les Salafistes pour tuer et détruire fut justifiée par la marque particulière d’une mission sanctificatrice auto-attribuée. En réalité, l’alliance entre la CIA et l’Islam radical n’a jamais été sainte et les événements d’ISIS le démontrent.

La création par la CIA des combattants de la liberté qu’étaient les moudjahiddines sunnites en Afghanistan après 1979, avec l’aide essentielle d’un Saoudien nommé Oussama Ben Laden, pour chasser l’Armée rouge d’Afghanistan, ne fut que le début de décennies de manipulation de mouvements de musulmans fanatiques, en guerre sainte, destinés à mener une guerre conforme à l’agenda géopolitique de certains cercles de Washington. Les combattants musulmans étaient parfois de simples mercenaires, parfois des sunnites wahhabites ou des dévots salafistes. L’essentiel pour ceux qui les soutenaient à Washington était que les dJihadistes tuent les bons ennemis.

La dernière tentative similaire de la CIA et des Forces spéciales américaines est l’EIIL en Syrie et en Irak et, si nous en croyons la propagande sophistiquée qui circule sur YouTube : la diabolique terreur d’EIIL doit prochainement se montrer dans les théâtres locaux, en Allemagne, Angleterre, Russie, et aux USA. L’EIIL, État islamique d’Iraq et de Syrie, connu par les arabes sous l’acronyme Daesh, pour Dulat al-Islam fi al-Iraq wal-Sham (l’État islamique en Irak et dans la grande Syrie), est une organisation salafiste dont on nous dit qu’elle est née d’Al-Qaïda en Irak.

Après une série d’incroyables victoires militaires apparentes ces dernières semaines, le mythe de l’invincibilité d’EIIL s’effondre apparemment à une vitesse étonnante.

Considérons les rapports suivants émanant de sources irakiennes :

28 août. Moqtada Al Sadr a rencontré Ammar al-Hakim du Suprême Conseil islamique et a publié cette déclaration : Nous sommes d’accord sur le besoin d’avoir un véritable partenariat en Irak pour faire face au défi de la sécurité du pays. Sadr a aussi déclaré qu’il agissait conformément aux vœux du Marja (Sistani), lorsqu’il s’est opposé à Nouri Al Maleki et qu’il s’est assuré que ce dernier avait abdiqué.

28 août. Effondrement de Daesh : Les forces des Peshmergas kurdes font des progrès rapides dans la reprise de Zammar et Ain Zala au nord-ouest de Mossoul, à Ninive. Les Peshmergas avancent en provenance de quatre directions et les Forces armées irakiennes, avec les avions de guerre américains, mènent des frappes aériennes contre les combattants de Daesh dans la zone. Les combattants de Daesh abandonnent leurs armes et s’enfuient. 18 combattants de Daesh sont cueillis par les Peshmergas à l’ouest de Zammar. 19 véhicules appartenant à Daesh sont détruits par des frappes aériennes. On rapporte que les Peshmergas approchent du centre de la ville, les combattants de Daesh se mélangent à la population pour essayer de fuir.

30 août. Mwafaq Hawijah Ali, un dirigeant de Daesh meurt de ses blessures lors d’une attaque manquée sur la raffinerie de Baiji.

30 août. Le ministre de la Défense annonce la libération de 6 villages à Amerli et la destruction de 5 chars d’assauts et de 5 véhicules appartenant à Daash, ainsi que le massacre de 59 terroristes de Daesh. Fa Inaa HizbAllah hum fi Ghalibun.

30 août. Les forces des Peshmergas mènent une attaque de grande ampleur à l’ouest de Mossoul, sous couverture américaine. L’objectif est de se débarrasser de Daesh dans cette zone.

30 août. Soulèvement sunnite contre Daesh : Qasim al-Fahdawi, député d’Anbar, déclare que les tribus d’Anbar projettent de se soulever et de reprendre les villes sous contrôle de Daesh.

31 août. Les forces de sécurité Irakiennes assistées des combattants peshmergas et soutenues par les milices chiites, commencent à attaquer Daesh et à lever le siège d’Amerli. Les combattants de La brigade de Sadr, les Brigades Salam, entrent dans la ville d’Amerli au milieu de combats. Les forces de sécurité irakiennes et les combattants peshmergas rompent le siège et entament les forces arrière de Daesh. Les milices chiites locales attaquent et libèrent trois villes à l’est de Tikrit. Ils étaient soutenus par les forces aériennes irakiennes. Les Peshmergas rapportent que les combattants de Daesh qu’ils affrontent ont perdu la volonté. Ils utilisent les haut-parleurs des mosquées pour demander à leurs combattants de quitter la zone de Sulieman Bek. Les Peshmergas reprennent trois villages à Sulaiman Bek.

31 août. Jassim Mohammed Jaafar, un ministre turkmène, confirme que les forces gouvernementales et les milices chiites ont brisé le siège d’Amerli. Tout comme les Nazis qui fuyaient les troupes soviétiques et se rendaient aux alliés, les combattants de Daesh, fuient vers les Peshmergas pour éviter les milices chiites. Les Peshmergas rapportent l’arrestation et la capture de 36 combattants de Daesh lors de leur attaque à Amerli.

1er septembre. Marthiya Afkham, du ministère des Affaires étrangères iranien, félicite les forces de sécurité irakiennes, le gouvernement, Sistani et le peuple d’Amerli pour avoir brisé le siège de Daash.

1er septembre. Les Peshmergas kurdes et les forces de sécurité irakiennes mènent une opération conjointe et entourent le sous-district de Sulaiman Bek. Le moral des combattants de Daesh paraît être au plus bas et nombre d’entre eux fuient la zone. Les Peshmergas et l’armée irakienne libèrent Sulaiman Bek.

2 septembre. Daash retire ses forces de Daqouq, après que le siège d’Amerli a été brisé.

3 septembre. Les forces aériennes irakiennes lâchent des tracts au-dessus de Mossoul pour prévenir les gens de rester à distance des QG de Daesh, qui vont être bombardés, et d’éviter les véhicules de Daesh. Daesh évacue ses QG, qui seront ultérieurement bombardés par les Américains.

3 septembre. Les dirigeants des tribus d’Anbar ont signifié leur soutien au gouvernement irakien et à Haider Al Abadi, ainsi qu’à son combat contre le terrorisme. Ils ont demandé au gouvernement de mandater les combattants locaux et de leur permettre de s’attaquer aux terroristes qui occupent les villes de Ramadi, Fallujah, ainsi que les villes frontalières de Syrie.

3 septembre. L’armée irakienne a repris le contrôle du barrage d’Al-Atheem, dans le nord de Baqouba. L’opération était soutenue par des frappes aériennes et a abouti à la mort d’un commandant inconnu de Daesh. (Emir)

3 septembre. Le gouvernement affirme aujourd’hui : 20 combattants de Daesh sont tués lors de frappes aériennes à Dhuluiya, au sud de Tikrit. D’autres combattants de Daesh sont également tués par des frappes sur Tikrit, parmi lesquels le dirigeant local de Daesh, Khairallah Nayef al-Janabi. 45 combattants/rebelles de Daash sont tués à Fallujah lors de frappes aériennes, parmi lesquels un Saoudien [2].

En ce qui concerne Daesh ou EIIL ou ISIS ou EI, quel que soit le nom qu’on lui donne, il devient de plus en plus évident que la seule force de cette bande déguenillée de psychopathes criminels déguisés en djihadistes religieux est apparue grâce à des amis haut placés. Peut-être que, lorsque le royaume saoudien a commencé à devenir nerveux devant la menace djihadiste d’EIIL, ciblant la Monarchie elle-même, alors les Saoudiens se sont mis à faire pression sur le Qatar afin de couper les soutiens financiers. Et la façade d’invincibilité de Daesh s’est mise à s’effriter. À ce propos, on peut citer le rapport d’une source fiable, un proche des Saoudiens et du multimilliardaire libanais Saad Hariri, lui-même ancien Premier ministre du Liban. Sous couvert d’anonymat, ce proche de Saad Hariri a déclaré que le feu vert décisif pour déclencher la guerre contre EIIL en Irak a été donné à huis clos, en marge du Sommet sur l’énergie du Conseil atlantique à Istanbul en Turquie, qui s’est tenu les 22 et 23 novembre 2013. Le Conseil atlantique est un des laboratoires d’idées (Think tanks) les plus influents en matière de politique étrangère et de géopolitique des États-Unis et de l’Otan. La même source a déclaré que le coordinateur clé des actions militaires de Daesh était l’ambassadeur américain en Turquie, Francis Ricciardione. « Pour ce que je sais, rien ne se fait sans l’Ambassadeur Riccardione », a ajouté le proche de Hariri [3].

Lors d’un entretien réalisé le 28 août, un ancien contractant privé de la CIA, Steven Kelley, a déclaré au site iranien PressTV que l’EIIL était un ennemi intégralement fabriqué. Le financement provient entièrement des États-Unis et de ses alliés, et le fait que les gens pensent que cet ennemi doit être désormais être attaqué en Syrie ou en Irak est une farce, parce que, de toute évidence, il s’agit d’une création contrôlée, et nous aurions attendu ce moment pour trouver utile d’attaquer ce groupe en le considérant comme un ennemi légitime », a dit Kelley [4].

Les origines d’EIIL remontent directement à Al-Quaïda, fabriqué par la CIA et au rôle qu’ils ont joué dans le renversement sauvage de Muhammar Khaddafi en 2012. Le dirigeant des rebelles libyens a plus tard reconnu que ses combattants incluaient des djihadistes liés à Al-Quaïda, ayant combattu les États-Unis et les Britanniques en Irak. Ces djihadistes irakiens provenaient d’Al-Quaïda en Irak, le précédent nom d’EIIL, avant qu’il ne soit renommé par la CIA. Avec l’assistance des services de renseignement américains et de l’Otan, leur soutien aérien, les rebelles libyens d’Al Quaïda ont capturé Khaddafi et l’ont sommairement exécuté dans la rue, tout en chantant avec enthousiasme Allah Akbar, dans une tonalité très démocratique [5].

Après le renversement de Khadafi par les États-Unis grâce aux couvertures française et britannique, les dépôts de munitions furent pillés et des quantités massives d’armement furent envoyées aux rebelles libyens en Syrie, dont des missiles antiaériens et antichars. Ces armements transférés en Syrie via la Turquie, membre de l’Otan, pays dans lequel l’ambassadeur américain Francis Riccardione, alors en poste, avait menacé Erdogan de devenir persona non grata l’année précédente. Les armes libyennes arrivèrent le 14 septembre 2012, trois jours seulement après que l’ambassadeur Chris Stevens a été tué, lors de l’attaque du Consulat américain à Benghazi. Au même moment, des combattants dJihadistes, en provenance de Libye, commencèrent également à s’introduire en Syrie avec, parmi eux, des commandants expérimentés, qui avaient combattu sur de multiples théâtres d’opérations. Les États-Unis et leurs alliés, surtout l’Arabie saoudite et le Qatar, et dans une certaine mesure la Turquie, étaient totalement focalisés sur le renversement du gouvernement Assad en Syrie. Tout comme en Libye, ce changement de régime devait être présenté comme une nécessité, au nom des droits de l’homme. Cette tentative a misérablement échoué.

Et l’horreur de la vidéo de YouTube montrant soi-disant un psychopathe d’EIIL vêtu de noir, masqué et solitaire sur une colline, décapitant sauvagement le journaliste américain James Foley, était, selon l’analyse d’un média britannique, un faux. Une analyse scientifique britannique de la vidéo montre le couteau coupant ostensiblement la gorge de Foley, et pas une goutte de sang ne s’échappe, et Foley ne fait même pas une tentative désespérée pour se libérer [6].

Cette vidéo, tout comme celle remarquablement similaire de la soi-disant décapitation du journaliste britannique Steven Sotloff, montrent l’une et l’autre le même exécutant totalement masqué en noir, surnommé dans les médias britanniques John le djihadiste à cause de son accent curieusement anglais [7]. Ceux qui ont fait ces fausses vidéos sont sans doute bien connus de John Brenan, le directeur de la CIA, et du conseiller de la NSC, Susan Rice, ainsi que des néoconservateurs déterminés à pousser le Président Obama dans une guerre à grande échelle contre l’Irak et la Syrie, en utilisant EIIL comme prétexte. L’opération semble s’effondrer de toutes parts et sur tous les fronts.

William Engdahl

Article original en anglais : Is the CIA’s ISIS Cult Already Collapsing in Iraq? (journal-neo.org, anglais, 17-09-2014)

Traduit par Lionel et révisé par Marie-Caroline pour vineyardsaker.fr

Notes

[1] Le ministère du Reich aux Territoires occupés de l’Est (Reichsministerium für die besetzten Ostgebiete oustministerium) est un ministère du Reich allemand créé par un décret de Hitler du 17 juillet 1941. Gerhard von Mende, un Allemand de la Baltique, dirigea la division de ce ministère chargée de la région du Caucase. (wikipedia français et anglais)

[2] August 28th to September 3rd Iraq SITREP by Mindfriedo: MashAllah: Whatever pleases God! The beginning of the end of Daash in Iraq! (vineyardsaker, anglais, 04-09-2014)

[3] U.S. Embassy in Ankara Headquarter for ISIS War on Iraq – Hariri Insider (http://nsnbc.me, anglais, 22-07-2014)

[4] ISIL completely fabricated enemy by US: Former CIA contractor (legitgov.org, anglais, 01-09-2014)

[5] The Covert Origins of ISIS: Evidence exposing who put ISIS in power, and how it was done (scgnews.com, anglais, 28-08-2014)

[6] Must watch video – James Foley FAKE Execution – Video Analysis Reveals the Truth – The RETURN! (yournewswire.com, anglais, 09-2014)

[7] I‘m back… evil video taunt of Jihadi John: Footage of Steven Sotloff’s murder almost identical to clip of James Foley’s killing released exactly a fortnight ago (dailymail.co.uk, anglais, 02-09-2014)

William Engdahl est un consultant en stratégie des risques et un conférencier. Il est diplômé en science politique de l’Université de Princeton et est l’auteur d’un best-seller sur le pétrole et la géopolitique, Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain, réalisé exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook, et d’un livre sur les OGM, dont l’édition française est préfacée par José Bové, OGM : semences de destruction : L’arme de la faim.

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