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Les étranges affaires de Boris Boillon en Irak (Mondafrique)

par Nicolas Beau 17 Septembre 2014, 14:04 Irak Sarkozy Boris Boillon

Les étranges affaires de Boris Boillon en Irak (Mondafrique)
Les étranges affaires de Boris Boillon en Irak
Par Nicolas Beau - Publié le 14 Sep, 2014

Mondafrique

Interpellé le 31 juillet 2013, gare de Nord, en possession de 350000 euros et 60000 dollars en liquide, Boris Boillon, un proche de Nicolas Sarkozy, fait l'objet d'une enquête des douanes judiciaires. Cette interpellation a amené les enquêteurs à s'intéresser de près aux contrats passés par cet ancien ambassadeur en Irak, dont un conclu entre le groupe Eiffage et la ville de Nassyriah, à 300 kilomètres au sud de Bagdad, pour la livraison de charpentes métalliques d'un stade en construction. Depuis, la commission anti-corruption à Bagdad a mis brutalement un terme à ce contrat pour cause de corruption. Les fonds en liquide récupérés par les douanes françaises auprès de l'ancien ambassadeur seraient-ils liés à ce chantier?

Boris Boillon, l'ancien ambassadeur en Irak de 2010 à 2012, était un homme prévoyant. Lorsqu'il était en poste à Bagdad, ce proche de Nicolas Sarkozy, dont il fut le conseiller à l'Elysée, soigna ses relations avec certaines personnalités irakiennes fort utiles lorsqu'il se lança dans les affaires après l'arrivée de la gauche. Ainsi le jeune diplomate était au mieux avec un des dirigeants irakiens les plus en vue, Adel Abdel Mahdi, dont le fief est situé à Nassyriah au sud de Bagdad. L'entourage de Nicolas Sarkozy a toujours soigné les liens avec cette personnalité chiite. Lors de la première visite d'un ministre français en 2007 depuis l'invasion du pays en 2003, Bernard Kouchner choisit, sur le chemin de Bagdad, de faire le détour par Nassyriah et de rendre une visite de courtoisie à Adel Abdel Mahdi. Plus tard, Boris Boillon mit tout en oeuvre pour créer un consulat dans cette ville.

La diplomatie économique déja à l'oeuvre

Et ce n'est pas tout. Le dimanche 18 avril 2010, le groupe touristique "Terre Entière" inaugurait à Nasiriyah les bureaux de Babel Tours, sa filiale en Irak. Grace aux effors de l'ambassadeur Boillon, le siège est situé à Nasiriyah chez Adel Abded Mahdi. De nombreuses personnalités étaient présentes à l'inauguration, dont le Gouverneur de la Province de Nassiriyah, Talib Khadum Al-Hassan, l'Ambassadeur de France, Boris Boillon, accompagné des représentants de Suez et d’Alstom.Un dîner privé était organisé chez Adel Abdel-Mehdi, vice-président de la République d'Irak.

Est-il moral pour un ancien ambassadeur devenu un homme d'affaires de négocier avec des contacts obtenus alors qu'il était représentant de l'Etat? Pas vraiment, même si beaucoup de diplomates le font, en l'absence, hélas, de rêgles établies en la matière par le Quai d'Orsay. Ainsi Boris Boillon, après avoir créé sa société de conseil, Spartago, utilise ses relations en Irak pour négocier quelques juteux contrats. Ainsi travaille-t-il pour le compte de grandes sociétés, notamment Eiffage, désireuses de participer à la reconstruction de l'Irak. Durant l'été 2013, le groupe de BTP signel un contrat de charpentes métalliques utiisées pour la construction d'un stade à Nassyria, la ville de Adel Abded Mahdi, l'ami chiite de la France...et de Boris. Le devis s'élève à 12,5 millions d'euros.

Hélas, les affaires de Boris Boillon ont connu un brutal coup d'arrèt après son interpellation, en juillet 2013, gare du Nord. Le contrat de Nassyriah a été annulé. Non pas par les Français, puisqu'en octore 2013, Nicole Bricq, alors ministre socialiste du commerce extérieur, se déplace à Bagdad et se félicite de la signature de plusieurs contrats, dont delui d'Eiffage. Et pour l'instant, l'enquète des douanes judiciaires sur les fonds en liquide de l'ami Boris n'a abouti à aucune mise en examen. Le groupe Eiffage, soupçonné par une enquète judiciaire d'avoir offert quelques gâteries à des élus pour obtenir le marché de la construcion du stade de Lille, serait-il protégé par le pouvoir actuel?

Heureusement, des Irakiens plus vertueux ont interrompu la construction du stade. La commission anti-corruption qui existe à Bagdad a estimé, le 31 décembre 2013, que des faits de corruption entachaient la conclusion du contrat passé entre le groupe Eiffage et la ville de Nassyriah.

Apparemment l'Irak en plein chaos est plus scrupuleux que la France.

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