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Quand le "chef de guerre" François Hollande faisait ordonner l'exécution du chef des Shebab Ahmed Godane en Somalie

par Sam La Touch 13 Septembre 2014, 07:41 Articles de Sam La Touch Somalie France USA Impérialisme Néocolonialisme Assassinat de Godane Shebab François Hollande

Quand le "chef de guerre" François Hollande faisait ordonner l'exécution du chef des Shebab Ahmed Godane en Somalie

Selon Le Point, "le leader des shebabs a été tué le 1er septembre par un raid américain conduit à partir de renseignements fournis par la DGSE, sur ordre direct de Hollande".

Avant de lire cet article du Point (cf. plus bas), il est important de connaître les tenants et les aboutissants de la situation qui se déroulent actuellement en Somalie occultés par les médias. Certains pourront penser que "le chef de guerre" François Hollande, caniche d'Obama, lutte de longue date contre le terrorisme comme ses communicants le diffusent allègrement dans les médias mainstream, il n'en est rien. François Hollande a révélé avoir livré directement des armes aux rebelles syriens de l'ASL qui ne faisaient pas mystère de leurs liens étroits avec les extrémistes d'Al Nosra*. Il a aussi soutenu et soutient encore sans vergogne politiquement et militairement les monarchies du Golfe alors qu'elles sont les principales fournisseurs tant sur le plan logistique qu'économique des terroristes de Boko Haram**, et aussi de l'Etat islamique. L'agenda d'Hollande est calqué sur celui des forces atlantistes qui instrumentalisent le terrorisme en fonction de leurs intérêts impérialistes, géopolitiques et financiers en Libye, en Syrie et en Irak.

Pour la Somalie, un petit rappel historique s'impose aux lecteurs pour comprendre la situation des Shebab qui n'a rien à voir avec les djihadistes libyens, syriens et irakiens qui furent soutenus par les Etats-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne pour détruire le régime de Kadhafi, tenter d'abattre celui d'Assad et assurer le chaos en Irak lors de la phase de la pax Americana visant à diviser pour mieux régner.

En somalie, en 2006, ce pays avait su se réunifier sous la bannière des tribunaux islamistes et mettre fin à la guerre civile qui ravageait la Somalie depuis 1991. L'administration Bush puis Obama a alors relancé la guerre et semé le chaos en faisant entrer les tirailleurs éthiopiens assistés par leurs drones puis les tirailleurs kenyans pour renforcer un gouvernement acquis à leur cause et fait d'anciens chefs de guerre qui avaient plonger le pays dans le chaos. C'est la Pax Americana (Pax Americana en Somalie : une catastrophe !). dont la devise est "la guerre c'est la paix". D'un pays pacifié en 2006, nous avons abouti à une guerre terrible avec le déplacement massif des populations augmentant leur vulnérabilité à la famine, une ONU incurique, des forces transatlantiques supplétives se livrant aux pires exactions et des centaines de milliers de morts (Death and Somalia ). Les anciens tribunaux islamiques se sont fédérés autour de la résistance Shebab à l'envahisseur US et ses alliés atlantistes internationaux (France, Grande-Bretagne, Israël) et régionaux (Ethiopie, Kenya). C'est dans ce contexte que le "chef de guerre" Hollande a collaboré avec l'empire US pour tuer le chef des Shebab (cf. article du Point plus bas).


Voici ce que déclarait Thomas C. Montain dans son article Inhuman Crimes in the Horn of Africa : The UN and 250,000 Dead Somalis traduit dans "Pax americana une catastrophe"
"L'ONU a annoncé qu'au moins 250 000 Somaliens étaient morts de faim entre 2010 et 2012, notamment au cours de la grande sécheresse qui a sévi dans de la corne de l'Afrique. Les victimes se comptent surtout parmi les déplacés internes, qui pour la plupart ont fui devant l'invasion militaire et l'occupation du sud de la Somalie par l'Armée éthiopienne, avec le soutien de l'ONU, puis par les "soldats de maintien de la paix" de l'Union africaine, actuellement au nombre de 25 000. Dans mon dernier article consacré à la famine en Somalie, j'ai mentionné les 10 cents par jour et par réfugié somalien prévus par l'ONU. C'est ce que l'on appelle une insuffisance budgétaire, synonyme de "nous souhaitons aider, mais n'en avons pas les moyens". Or, pendant la grande famine qui s'est abattue sur le peuple somalien, l'ONU et ses grands patrons occidentaux ont consacré plus d'un milliard de dollars aux opérations militaires de "maintien de la paix" dans ce qui reste du pa
ys. "

* A ce sujet, Reuters avait rapporté en 2012 que le commandement de l'ASL a été dominé par des extrémistes islamistes, et le New York Times avait rapporté la même année que la majorité des armes que Washington envoyaient en Syrie se retrouvaient dans les mains des djihadistes. Depuis deux ans, les gouvernements US, français, israélien et britannique savaient que ce qui se passait, mais ils ont laissé faire. Et les liens de l'ASL à Al-Nosra ne sont que le début. En juin 2014 Al-Nosra a fusionné avec l'Etat islamique à la frontière entre l'Irak et la Syrie.


** Lire aussi :Syrie: l'Arabie Saoudite fournit les rebelles en armes croates
- Le Qatar, l'Arabie saoudite et la Libye fourniraient des armes aux rebelles syriens

- Le Canard Enchaîné confirme le soutien indirect de la France à Boko Haram
- Boko Haram : Le Canard Enchaîné confirme que François Hollande ménage toujours les financiers du djihad
- Boko Haram : le double jeu de
François Hollande

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EXCLUSIF. François Hollande a ordonné l'exécution du chef djihadiste somalien Ahmed Godane
Le Point


Le leader des shebabs a été tué le 1er septembre par un raid américain conduit à partir de renseignements fournis par la DGSE, sur ordre direct de Hollande.


En matière de terrorisme, François Hollande ne lâche rien. Si l'assassinat ciblé du leader des shebabs, Ahmed Abdi "Godane", le 1er septembre, à 170 kilomètres au sud de la capitale somalienne Mogadiscio, a été exécuté par un ou plusieurs drones américains pilotés depuis une base à Djibouti, les éléments permettant cette opération - à savoir l'identification précise de son pick-up et la route qu'il devait emprunter - ont été transmis au Pentagone par la DGSE sur ordre explicite du président de la République française.

Godane avait pris la tête des shebabs ("jeunes") en 2008, après que son prédécesseur Aden Ashi Ayro avait été tué par un raid américain. Le 14 juillet 2009, il avait enlevé deux agents de la DGSE. Le premier, connu sous le pseudonyme de Marc Aubrière, était parvenu à s'évader, mais le second, Denis Allex, avait été détenu par Godane dans des conditions particulièrement barbares. En prenant leurs fonctions en 2012, François Hollande et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian - qui exerce la tutelle gouvernementale sur la DGSE - avaient placé la libération de Denis Allex au premier rang des priorités et fourni au service tous les moyens qu'il avait demandés.



"Dégommez-le !"

Dans un pacte secret conclu fin 2012 entre Barack Obama et François Hollande, il était convenu que les États-Unis aideraient les Français à éliminer le chef sanguinaire des djihadistes somaliens, qualifié de "HVT" (High Value Target - cible de grande valeur), selon le terme qui qualifiait, en son temps, Oussama Ben Laden. L'appui de l'aviation américaine pour le raid raté du 11 janvier 2013 à Mulo Marer, qui avait conduit à la mort de l'otage et de deux de ses camarades du CPIS (Centre parachutiste d'instruction spécialisée) de Perpignan, avait ainsi été négocié directement entre la Maison-Blanche et l'Élysée.

À l'issue de cette opération, le président de la République avait donné des ordres très fermes à la DGSE. Il avait en personne exigé que les services "dégomment" Godane, ce qu'une source qualifiée traduit ainsi : "Il a donné des instructions précises sur les suites de la mort de nos trois agents. Message : la France n'oublie pas ceux qui lui ont fait du mal." Avec ses moyens techniques et humains nationaux, la DGSE n'a jamais cessé une seconde de chercher Godane, depuis l'échec du raid de 2013. Plusieurs fois dans les mois passés, les Français ont localisé le chef terroriste et transmis ses coordonnées au Pentagone, comme fin 2013, où il s'est rendu coupable de la mort de deux Françaises dans le massacre du centre commercial Westgate de Nairobi, au Kenya.

Malgré tout, selon nos sources, le Pentagone avait à chaque fois refusé de frapper, en raison des protections dont Godane s'assurait. Cet homme, qui n'utilisait jamais de téléphone ni de moyen de communication électronique, évitait systématiquement de se trouver dans une zone isolée. Sa protection effective due à la présence de nombreuses populations civiles autour de lui aura ainsi duré 21 mois.

Erreur fatale

La seule faute qu'il a commise durant cette longue période s'est produite le 31 août, la veille de sa mort. Pensant demeurer inaperçu et estimant sans doute avoir été oublié, il a organisé un déplacement entre son sanctuaire, dans le sud de la Somalie, et un nouveau lieu de résidence. Manque de chance pour lui, ce mouvement a été repéré. En quelques heures, en extrême urgence, un raid de drones et d'avions pilotés américains a été décidé. L'amiral John Kilby a précisé le 2 septembre que le raid a été conduit "à partir de renseignements utilisables". Nous pouvons préciser que les Français ont refusé que le Pentagone fasse mention de leur rôle.

Le chef terroriste se trouvait seul dans un véhicule isolé, seulement accompagné par une équipe minimale de deux gardes du corps. Alors qu'il se trouvait dans une zone presque désertique, le pick-up a été frappé avec une violence extrême : un ou plusieurs missiles antichars AGM-114 Hellfire, capables de détruire un char d'assaut, et au moins deux bombes GBU-12 Paveway II de 250 kilos chacune. Les trois occupants du véhicule n'avaient aucune chance. À l'issue de cette opération radicale, le président français a été averti de son succès probable, mais il a encore fallu plusieurs jours pour obtenir l'indispensable confirmation.

Les hommes de Godane, inquiets de ne pas le voir arriver à destination, sont partis à sa recherche, mais n'ont retrouvé aucun débris "exploitable" dans la zone des explosions. "Ils n'ont découvert que quelques éléments carbonisés, qu'ils ont enfouis sur place", dit une source connaissant ce dossier. La confirmation de la mort de Godane est donc venue des shebabs eux-mêmes, qui l'ont rendue publique le 5 septembre. Dans un communiqué, ils ont réaffirmé leur allégeance à al-Qaida, annoncé le nom du successeur : Sheikh Ahmad Umar Abu Ubaidah, et prévenu leurs ennemis qu'ils ne doivent "rien attendre d'autre que ce qui leur causera une grande détresse". Contactée par le Point, la DGSE a utilisé sa formulation habituelle : "Nous ne confirmons ni ne démentons nos activités réelles ou supposées."
Quand le "chef de guerre" François Hollande faisait ordonner l'exécution du chef des Shebab Ahmed Godane en Somalie

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