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Burkina Faso : « L’insurrection populaire a été scientifiquement bien préparée » (Le Faso.net)

par Hyppolite Domboué et Fulbert Paré 25 Novembre 2014, 21:37 Burkina Faso Révolution Inachevée Blaise Compaoré

Burkina Faso : « L’insurrection populaire a été scientifiquement bien préparée » (Le Faso.net)
Burkina Faso : « L’insurrection populaire a été scientifiquement bien préparée »
Le Faso
Hyppolite Domboué et Fulbert Paré

L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a conduit à la fuite de l’ex président burkinabè, Blaise Compaoré n’était pas le fruit d’une improvisation. Elle avait été planifiée et coordonnée par le Cadre de réflexion et d’actions démocratiques (CADRe). Dans cet entretien, Hyppolite Domboué, le Secrétaire exécutif national du CADRe revient sur la préparation de cette insurrection avec un rappel historique jusqu’à la création du ‘’Balai citoyen’’, sur son déroulement, et sur la gestion du pouvoir d’Etat dans l’ère post-Compaoré. Il reconnait surtout que la révolution reste inachevée.

Quelle est la particularité du CADRe par rapport aux nombreux mouvements de la société civile ?

Le CADRe par définition, est un Cadre de réflexion et d’actions démocratiques (CADRe). C’est un mouvement de la société civile qui a vu le jour officiellement en 2008. La genèse de ce mouvement se situe dans la lutte estudiantine et scolaire des années 1997 jusqu’en 2006 où une génération d’étudiants s’est battue pour que toute la lumière soit faite sur la mort de Norbert Zongo.

Nous étions vus comme étant le bras droit du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques. Mais la lutte que nous avons menée au sein de ce Collectif, nous a laissé un goût d’inachevé. Et nous avons décidé de mieux nous organiser pour donner une nouvelle dynamique à la classe politique. C’est ainsi que nous avons créé le Cadre de réflexion et d’actions démocratiques (CADRe) qui a pour but de travailler à l’avènement, à la libération de l’Homme de la domination et de l’aliénation. Pour ce faire, nous avons entrepris de travailler à contrer la mal-gouvernance, et à promouvoir l’engagement citoyen et la démocratie.

Dans ce sens, et à l’appel du président du Faso à opérer des réformes politiques, nous avons en date du 4 juin 2011, réuni la jeunesse dans le cadre d’un forum pour faire des propositions de réforme. A l’issue de ce forum, nous avons formulé des propositions à l’attention du président et nous avons lancé un appel vibrant à l’endroit de la jeunesse, parce que nous étions convaincus que les propositions de réformes que nous avions faites au chef de l’Etat, n’allaient pas avoir une bonne écoute. Il fallait mettre à l’arrière, une grande machine à même de faire la pression nécessaire. En dépit de tout cela, nous avons été déçus.

C’est ainsi que nous sommes repartis en mai 2012 à la télévision nationale à l’émission ‘’Point de vue’’, pour réitérer notre appel. Depuis ce temps, nous avons compris que le président du Faso n’allait pas reculer dans ses velléités de s’éterniser au pouvoir. Il était donc urgent de mettre en place un mouvement populaire qui allait faire en sorte que nos revendications puissent aboutir. Et nous avons dit que si dans ce pays il n’y avait plus d‘Hommes d’Etat qui puissent prendre leurs responsabilités, la jeunesse allait prendre les siennes vis-à-vis de l’Histoire. Dès lors, nous avons décidé de dégager une feuille de route claire pour 2015. Beaucoup ont pensé que nous faisions de la démagogie. Mais nous avons, sur la base du petit noyau déjà solide et convaincu, lancé la Balai citoyen en tant que porte-parole d’un collectif d’organisations de masses, pour faire de l’agitation. Et ce mouvement ‘’Balai citoyen’’, nous l’avons voulu indépendant des partis politiques, car nous avions fait une analyse sociologique de la classe politique. Et cela nous a révélé que le président Compaoré maîtrisait tous les partis politiques, toutes tendances confondues. Mais nous étions convaincus que la jeunesse montante, la jeunesse pionnière, allait être le détonateur de la Révolution qui devra renverser le système en place. Nous savions qu’en nous aliénant à des partis politiques, Blaise Compaoré allait réussir à nous récupérer ; ou en tout cas, à nous embrigader.

Ce mouvement ayant pris racines, à l’interne comme à l’internationale, nous avons compris qu’il fallait résolument travailler à l’avant-garde pour le maintenir, en vue d’atteindre nos objectifs communs. Et nous savions que la lutte devrait se mener à différents niveaux. Le CADRe qui est une instance de réflexions pour dégager des stratégies et tactiques, devrait opérer autrement que dans l’agitation. C’est ainsi que le 23 juillet dernier, à l’occasion de l’inauguration du siège du CADRe, nous sommes remontés au créneau pour interpeller la classe politique et dire que le Balai citoyen doit jouer un rôle politique pour faire une certaine pression sur les partis politiques. Mais après cela, les partis politiques de l’opposition nous ont encore déçus en jouant le jeu de Salia (Salia Sanou, le maire de la Commune de Bobo-Dioulasso), c’est-à-dire, aller faire des meetings dans des stades. Il a fallu que le CADRe remonte au créneau pour interpeller les partis politiques sur le fait que la seule voie pour renverser ce régime, c’est la rue. Nous leur avons demandé de quitter les stades ; et nous avons été entendus. D’où la marche-meeting du 23 août et celle du 28 octobre dernier ; et la suite, c’est l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre dont nous devons être fiers.

Comment le CADRe est-il sorti de cette insurrection populaire ?

Cette insurrection n’était pas une surprise pour le CADRe. Nous y avons travaillé depuis longtemps conformément au fondement, à la vision, à la démarche, de notre mouvement. Nous avons lancé beaucoup d’appels. C’est dans cette dynamique que la manifestation du 30 octobre a été scientifiquement bien préparée, et a abouti à l’insurrection populaire.

A quoi faites-vous allusion, quand vous dites que la manifestation a été « scientifiquement bien préparée » ?

Nous avions dit que cette lutte est une lutte de la jeunesse, et que cette jeunesse devrait donc être à l’avant-garde. Pour ce faire, nous avons émis des mots d’ordre d’incitation de la jeunesse ; et ce, depuis la marche du 28 octobre 2014 où nos éléments appelaient déjà à marcher sur l’Assemblée nationale (AN). Pour nous, le système devrait s’écrouler le 28 octobre. Nous avons essayé d’affronter les forces de l’ordre, en dépit du mot d’ordre contraire des partis politiques ; mais nous n’avons pas pu avancer.

A l’issue de cette marche, nous sommes allés repenser notre plan en nous inspirant de la subdivision de Ouaga en 9 zones que nous faisions au sein de l’ANEB (Association nationale des étudiants du Burkina). Dans ce sens, nous avons identifié les issues par lesquelles on pouvait passer pour prendre l’AN. Nous avons également identifié des éléments éclairés pour galvaniser les foules. C’est ainsi que nous avons constitué le front Est qui devait agir en provenance de la radio nationale et du ministère des Affaires étrangères ; le front Sud qui devait venir du côté des Archives nationales ; le front Ouest qui devait venir du rond-point des Nations-Unies ; et le front Nord positionné du côté du Lycée Zinda. Nous avions compris qu’il fallait prendre en tenaille l’AN. Mais je dois dire que les masses mobilisées aussi bien par les autres OSC que par les partis politiques de l’opposition ont su resserrer les rangs au sein de ces différents fronts.

L’organisation a été, comme vous semblez dire, bien pensée. Mais on pourrait aussi dire que l’indulgence des forces de l’ordre a favorisé le succès de l’insurrection. N’est-ce pas ?

Non ; il n’y a pas eu d’indulgence. Nous avons mis en place une organisation solide. Et nous savions qu’avec les mutineries de 2011, Blaise Compaoré a mis toutes les armes sous sa coupe. Malheureusement, il ne maîtrise pas les OSC comme il maîtrise les partis politiques. De plus, nous étions convaincus qu’au regard de la mobilisation, il n’y a pas ce soldat burkinabè qui aura le courage de tirer sur la foule. Et à mains nues, nous avons réussi à mettre en difficulté les forces de l’ordre qui se sont vues obligées de se mettre en détachement pour accompagner le mouvement insurrectionnel.

C’est vrai que les choses sont allées très vite le 30 octobre, mais la conduite active de la lutte contre la modification de l’article 37 a commencé bien longtemps. Le parcours a-t-il connu des imperfections stratégiques par moments ?

Pour nous, il y a bien longtemps Blaise Compaoré serait parti, si on n’avait pas passé le temps à faire des discours creux dans des stades. Si on avait accentué la lutte sur la rue, le Burkina serait depuis longtemps, sur le chemin de la démocratie véritable après le départ du président Compaoré. Et à l’arrivée, ce que nous avons déploré, c’est la fuite des dirigeants à l’étranger. Cela donne un goût d’inachevé à la Révolution démocratique et populaire. Pour nous, il était temps qu’on fasse la reddition de comptes.

En quoi cette Révolution a-t-elle un goût d’inachevé ?

Si elle était achevée, on ne serait pas là en train de chercher le président de la transition. On aurait pu avoir une organisation bien structurée. Les hésitations qui ont suivi la Révolution, montrent à quel point il n’y avait pas une avant-garde bien structurée. Cela est aussi dû à une impréparation dans la gestion des acquis de ce mouvement insurrectionnel.

Vous, au sein du CADRe, qui saviez que la rue pouvait faire partir le président Blaise Compaoré, pourquoi n’avez-vous pas permis d’éviter de telles hésitations face à un pouvoir vacant ?

Le CADRe n’est pas un parti politique. Notre rôle est d’éclairer les masses. Il revient aux partis politiques de se préparer à la gestion du pouvoir. Nous avons apporté notre expertise ; il revenait aux partis politiques de se préparer à toute éventualité. Malheureusement, ils n’étaient pas préparés.

Comment appréciez-vous le fait que le Lieutenant-Colonel Yacouba Zida qui tient encore les rênes de la transition, à l’occasion de sa première adresse au peuple à la place de la Révolution, était assisté des premiers responsables du Balai citoyen ?

Les camarades du Balai citoyen, j’ai compris comment ils se sont retrouvés dans cette situation. Ils y ont, en réalité, été de forceps. Face aux tergiversations au niveau de l’état-major des forces armées, et aux velléités du président Compaoré de rester au pouvoir en instaurant un Etat de siège, il fallait trouver une telle issue. Nous avons compris que cette période d’Etat de siège serait mise à profit pour passer à l’épuration des leaders d’OSC. C’est pourquoi, nous avons, ipso facto, lancé le mot d’ordre de travailler à pousser le président Blaise Compaoré à la démission immédiate. Nous avons mobilisé nos camarades la même nuit, pour accentuer la pression. Et l’Armée s’est ainsi vue obligée de prendre ses responsabilités en poussant le président Compaoré à la démission. C’est ainsi que le RSP (Régiment de sécurité présidentielle) qui a toujours montré sa face hideuse aux populations, en prenant ses responsabilités, avait besoin d’une cote de popularité en se ralliant aux mouvements citoyens. Il leur fallait donc l’aura de certains mouvements citoyens en lutte.

Nous, nous pensons que c’est donc sous une certaine pression que nos camarades se sont retrouvés là-bas ; ce n’est pas par exhibitionnisme. Le Lieutenant-Colonel avait besoin de l’appui des OSC ; et en se présentant avec le Balai citoyen, son acceptation par le peuple a été facilitée. Je peux vous dire que nos camarades ne sont pas de complicité avec l’Armée. Et ils savent qu’il y a lieu de travailler à faire en sorte que l’Armée n’ait pas la mainmise sur l’appareil d’Etat. C’est pourquoi, unanimement, nous avons dit qu’il faut une transition civile. Mais, nous ne pouvons pas occulter le fait que l’Armée a soutenu le mouvement populaire dans sa dernière phase en obligeant Blaise Compaoré à quitter le pouvoir.

Comment appréciez-vous la dynamique de concertation enclenchée par le Lt-Col Zida ?

Je pense que le Lt-Col Zida est un homme du sérail. Il connaît la configuration politique du Burkina Faso, il sait très bien que la vacance de ce pouvoir n’est que le fruit d’une lutte populaire et il l’a même dit dans sa déclaration ; il saura donc passer la direction de la transition aux civils. Et aujourd’hui, les concertations ouvertes par le Lt-Col Zida, vont dans le sens de l’appel que nous lui avons lancé à se mettre à la disposition du peuple. Nous pensons que ces concertations nous permettront de trouver une personnalité consensuelle qui puisse appréhender au mieux les aspirations du peuple, et jeter les bases d’une véritable démocratie multipartite au Burkina Faso.

Dans le cadre d’un des rounds de ces concertations, la présence de l’ex-majorité à la table a été boudée. Et le Lt-Col Zida a indiqué que cette composante de la classe politique ne peut être occultée. A-t-il raison de dire cela ?

Effectivement, j’étais là quand le ton de la protestation a été donné par les partis politiques de l’opposition. Et les OSC ont abondé dans le même sens. Personnellement, je pense qu’il faut qu’on se mette au-dessus de la mêlée. Je comprends les partis politiques qui disent qu’il faut d’abord panser les plaies. Mais au sein du CADRe, nous disons que pour éviter des erreurs, on ne peut pas faire cette transition sans cette composante de la classe politique. Il faut les écouter ; ils ont failli, c’est vrai. Mais, pour notre part au niveau du CADRe, nous pensons qu’il faut écouter toutes les composantes de la société, et que chacun accepte de faire son mea-culpa. Ecouter tout le monde n’exclut pas l’audition des comptes. Il faudra faire toute la lumière sur tous les crimes économiques et de sang ; il faudra également que l’Armée retourne dans les casernes. Nous estimons donc qu’il est important que toutes les parties se retrouvent autour d’une même table. Après la transition, on pourra même faire les états généraux de la Nation pour se dire toutes les vérités et poser les bases d’une démocratie réelle. Nous sommes une seule Nation, le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès), c’est un parti politique qui a dirigé ce pays pendant des années ; nous ne pouvons pas, nous, réussir la transition sans ce parti en le considérant comme mort. Même si nous le faisons, celui qui va être élu président, sera obligé de composer avec ce parti. La lutte des contraires, c’est cela qui amène le développement, disait Lénine. Acceptons le contraire, et c’est cela qui fera de nous des Hommes d’Etat.

Comment appréciez-vous la mobilisation de la communauté internationale pour aider à organiser la transition ?

La Communauté internationale a certainement suivi de près les événements du Burkina Faso. Mais en réalité, elle est venue pour sauver d’une manière ou d’une autre Blaise Compaoré. Elle a d’abord travaillé à exfiltrer le président Compaoré et certains de ses proches du pays. En tout état de cause, la situation actuelle est le fruit d’une lutte populaire. Il revient donc au peuple de poser les bases du mécanisme d’un développement meilleur pour notre pays. Les concertations et décisions doivent émaner de notre peuple.

La contribution de la communauté internationale, est bonne si c’est pour nous accompagner. Leur action doit se centrer actuellement sur l’accélération de l’instauration d’une transition civile. Elle doit également faire en sorte que nos compatriotes qui ont fui le pays y retournent pour qu’on puisse, ensemble, laver le linge sale en famille.

La période de transition convenue dans le cadre des concertations est de 12 mois. Des élections couplées (présidentielle et législatives) sont prévues sur la période. Il y a aussi des voix qui se lèvent pour souhaiter que le pays puisse se doter au cours de cette période transitoire, d’une nouvelle Constitution. Est-ce que selon vous, tous ces grands chantiers peuvent être menés à bien durant les 12 mois ?

Le combat que nous avons mené jusque-là, c’était pour dire que notre Constitution est bonne et qu’il ne fallait pas la modifier. Il est même intéressant de laisser cette Constitution en l’état, même si nous savons qu’on peut la perfectionner. Nous pensons que la leçon qui vient d’être administrée, nous évitera des présidents qui veuillent s’éterniser au pouvoir. Dans tous les cas, le peuple saura prendre ses responsabilités en temps opportun.

Quant à la durée de la transition, nous au niveau des OSC, avons dit que la transition d’un an est trop longue. Nous estimons que les élections peuvent être organisées dans six mois, et choisir notre président.

L’on se rappelle que le 1er novembre dernier, vous avez animé un point de presse au cours duquel vous avez émis le souhait de voir instituer une journée de deuil national pour les martyrs de la Révolution populaire. Qu’en est-il à ce jour ?

Cette idée, toutes les organisations de la société civile la partagent. Nous pensons que par devoir de mémoire, il faut qu’il y ait une journée des martyrs, contrairement à la journée du pardon de façade que le président Compaoré a instaurée. Pour nous, cette journée des martyrs ne saurait être occultée.

Quelle idée peut-on se faire sur l’avenir du CADRe ? Va-t-il disparaître avec la transition réussie, ou se transformer en parti politique ?

Notre objectif va bien au-delà du renversement du régime Compaoré. Nous voulons faire en sorte que le Burkinabè soit libéré de toute domination, exploitation, aliénation et qu’il soit autonome. Le travail sur ce plan est encore immense. La mission du CADRe n’est donc pas terminée, elle va se poursuivre à d’autres niveaux.

Dans notre plan d’actions, nous avons prévu de faire en sorte que le CDP s’éclate, et cela s’est fait grâce à la dynamique d’agitation politique enclenchée au sein des OSC. Cette dynamique a fait comprendre aux ténors comme Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré, qu’ils gagneraient à rejoindre le peuple avant qu’il ne soit trop tard. Et ils ont vite fait de claquer la porte au dit parti. Nous avons aussi visé la liquidation du système Compaoré. C’est vrai que Blaise Compaoré est parti, mais son système n’est pas encore totalement liquidé ; nous allons y travailler.

C’est maintenant qu’il faut amorcer le changement. Dans les jours à venir, nous allons lancer un autre vaste mouvement, le Mouvement démocratique pour le changement qui sera doté d’une plateforme que la jeunesse organisée va conduire. Nous voulons, à travers ce cadre, poser les bases de notre démocratie de l’après 2015.

Le CADRe, va-t-il donc se muer en parti politique ?

Non, ce n’est pas un parti politique. C’est un mouvement de la société civile qui fera en sorte que toute personne qui viendrait à gérer ce pays, puisse résolument s’investir dans la voie d’un changement réellement positif du Burkina Faso. La jeunesse progressiste va se retrouver pour conduire ce Mouvement sur la base d’une plateforme claire. Ce sera un organe de veille et de pression.

Quel est le message du CADRe pour une issue heureuse de la transition ?

Nous tenons d’abord à féliciter notre peuple

Source : Lefaso.net

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