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Francophonie : Instrument de Survivance de l’Hégémonie d’une France en pleine Faillite (Le Sphinx Hebdo)

par Armand Roger Biloa Mballe 26 Novembre 2014, 14:59 France Françafrique Francophonie Empire

Francophonie : Instrument de Survivance de l’Hégémonie d’une France en pleine Faillite (Le Sphinx Hebdo)
LETTRE  OUVERTE AUX CHEFS D’ETAT  ET DE GOUVERNEMENT AFRICAINS  MEMBRES ET/OU INVITES  AU 15ème SOMMET DE LA FRANCOPHONIE  DU 29 AU 30 NOVEMBRE 2014 DAKAR-  SENEGAL

Objet : Francophonie : Instrument de Survivance de l’Hégémonie d’une  France en pleine Faillite

Par Armand  Roger Biloa  Mballe
Le Sphinx  Hebdo

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Du 29 au 30 novembre 2014, vous prendrez certainement part à Dakar au Sénégal au 15ème Sommet de la Francophonie. Je dis « vous prendrez certainement part », parce que pour nombre d’entre vous, c’est une quasi obligation puisque le Président français y sera présent. Il est reconnu que sa participation à un Sommet de cette nature implique pratiquement et malheureusement la vôtre. Nous pensons que pour la dignité et l’honneur des peuples que vous représentez, cette perception que vous avez de la France devrait changer. Et même cesser. La France est la cause principale de la pauvreté, de la misère et des guerres en Afrique noire dite francophone. Alors cessez de courir dès qu’un Chef d’Etat français ou un Ministre de ce pays prend part à une Rencontre en Afrique ou ailleurs. Cela ne nous apporte rien du tout .Au contraire.

LA FRANCOPHONIE : DERNIER ARTIFICE ET D’ILLUSION DE PUISSANCE D’UNE France EN DEROUTE :

Afin de rafraîchir la mémoire des Africains sur la Francophonie (cet archaïsme, j’allais dire « ce petit machin » sur lequel la France s’accroche aujourd’hui pour se faire de la contenance, entretenir de faux airs de suffisance et d’illusion de puissance), il paraît fondamental de remonter aux origines de l’imposition de la langue française et de son institutionnalisation aux colonies d’Afrique et assimilés.

Aux origines de la Francophonie se trouve la « CONFERENCE AFRICAINE FRANÇAISE DE BRAZZAVILLE » qui s’était tenue du 31 janvier au 06 février 1944 dans la capitale de l’Afrique équatoriale française. Elle fut conçue, élaborée et présidée par le Général de Gaulle dans la perspective de la fin de la 2ème Guerre Mondiale. Conférence coloniale au cours de laquelle (contrairement à ce que les medias français jusqu’à ce jour font croire) aucun Africain n’avait pris part et à l’issue de laquelle les Autorités françaises mirent sur pied toute l’architecture institutionnelle (diplomatique, stratégique et militaire, économique et monétaire notamment Zone Franc, Compte d’opérations, culturelle dont l’obligation d’enseigner la langue française dans toutes les écoles privées et publiques des colonies et assimilés).Instrument à partir duquel plus de 70 années après, la France continue maintenir l’Afrique noire dans les ténèbres de l’esclavage, du pillage , de la prédation et du brigandage monétaire et économique systématique.

Déjà à l’inauguration de cette Conférence coloniale (dont j’invite les Africains à prendre connaissance des résolutions qui restent d’une brûlante actualité en 2014), le Général de Gaulle avait précisé « les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies, écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français, de constitution éventuelle même lointaine de self-government dans les colonies est à écarter »(lire Laurent Gbagbo : Réflexions sur la Conférence de Brazzaville, Editions Clé 1978, Yaoundé, p.29.En effet, c’est au cours de ces assises que dans la première Partie des Résolutions adoptées et intitulées « Organisation politique de l’Empire Français », en son chapitre D consacré à l’Enseignement, que la langue française comme outil et instrument de la perpétuation de l’hégémonie française en Afrique a été imposée.

Cette résolution stipule que « l’enseignement doit être donné obligatoirement en langue française, l’emploi des dialectes locaux parlés est absolument interdit aussi dans les écoles privées que publiques » (Laurent Gbagbo op.cit p.74).L’on ne doit aucunement pas perdre de vue que l’Enseignement a toujours été une arme privilégiée entre les mains du colonisateur. D’une part, il permet de dégager rapidement une élite pour en faire l’auxiliaire de la colonisation aux plans idéologique, politique et économique ; d’autre part, elle permet à l’administration coloniale de pratiquer le génocide culturel sur une vaste échelle, qui est un prélude à la confiscation de la pensée et de l’histoire des peuples soumis.

Aussi, disons-nous aux Chefs d’Etats africains que continuer à faire croire à vos peuples que la France et la Francophonie constituent des horizons irremplaçables ou des leviers pour l’émergence que les medias (publics comme privés) ressassent à longueur de semaines est une supercherie et une atteinte à notre identité culturelle pour laquelle de millions d’Africains, jeunes et moins se battent tous les jours.

L’Afrique et la Francophonie

Au cœur de la Francophonie, se trouve d’abord et avant tout, l’Afrique Noire dite francophone. Victime expiatoire de la faillite et du parasitisme économique et financier de la France, cette zone d’Afrique reste celle sur laquelle ce pays tente désespérément de s’appuyer afin d’endiguer son déclin multidimensionnel. Son élargissement aux Etats comme le Qatar (pour des raisons mafieuses et financières) ou à l’Albanie et même aux Etats Baltes (nord de l’Europe) ou à la Macédoine ne doit pas tromper les Africains. L’essentiel du potentiel de la Francophonie se trouve en Afrique Noire et non ailleurs. A titre d’illustration, le premier pays francophone au monde en termes de locuteurs se trouve être la République Démocratique du Congo(RDC) avec plus de 75millions d’habitants. C’est pour laquelle, plusieurs mois avant la tenue de ce 15ème Sommet , la Présidence française a commandé (comme d’habitude) une étude sous la direction de M Jacques Attali : l’ex-Conseiller Spécial de M François Mitterrand dénommée « Rapport Attali »et intitulé « Le Potentiel sous-estimé de la Francophonie au service de la France et à son rayonnement dans le monde ».

Dans ce Rapport, Mr. Attali a précisé au cours d’une émission sur TV5 MONDE Moyen-Orient le30/08/2014 que « la Francophonie constitue la dernière soupape de sécurité, une bouée de sauvetage susceptible d’endiguer le déclin de plus en plus visible et palpable du rayonnement de la France dans le monde. Les Chefs d’Etat africains qui prennent de plus en plus des initiatives aux plans culturel, économique et financier pour s’éloigner de la France devraient être rappelé à l’ordre au cours de ce Sommet ».Voilà qui est clair. Dans ce Rapport, M Attali parle essentiellement, presqu’exclusivement de l’Afrique à l’instar du Rapport Védrine de décembre 2013(« chef d’œuvre et bréviaire » de la recolonisations de l’Afrique).

A ce sujet, le Ministre français des Affaires Etrangères : Laurent Fabius (faucon des faucons, farouche partisan de l’interventionnisme et du militarisme français en Afrique) a réuni les Présidents des Réseaux Associatifs, des ONG, des barbouzes et autres lobbies homosexuels aux fins de monter des stratégies en direction des Chefs d’Etat africains pour leur faire passer des messages de « fermeté et de chantage » contre quiconque tenterait de s’éloigner de la nouvelle politique que Paris entend mettre en œuvre en Afrique. Voilà les véritables ressorts qui sous-tendent la Francophonie telle que perçue par la France en 2014. L’Algérie, curieusement, bien qu’étant une ex-colonie française qui a compris très tôt les duperies de la France, ne fait pas partie de cette histoire de Francophonie. Donc acte.

En clair, comme le disait la romancière Maryse Condé il ya quelques années « la Francophonie c’est l’Impérialisme français qui agonise et qui a peur de mourir et qui cache son nom ». Le Sommet de Dakar de 2014 entre dans ce registre, c’est-à-dire une rencontre porteuse de mauvais messages et des signaux inquiétants pour les Africains. Comment peut-il en être autrement quand M Attali, à la conclusion de son Rapport termine son propos en ces termes « la concurrence que les langues locales en Afrique livrent désormais à la langue française est un péril grave pour notre pays et notre rayonnement dans le monde. C’est une menace à prendre très au sérieux ».

Aux Chefs d’Etats africain dits francophones, nous leur disons une fois de plus d’être à l’écoute de leurs peuples ; c’est la seule vraie, unique et ultime arme entre leurs mains, quand les Charognards et Prédateurs occidentaux tenteront de les humilier ou les débarquer. Arrêtez de courir derrière ce serpent de mer qu’est cette Francophonie à partir de laquelle la France tire les ficelles, légitime et légalise son imposture en Afrique. Vous avez été témoins du rôle de cette Francophonie quand son Secrétaire Général, M Abdou Diouf (que les medias rendent curieusement et injustement hommage) à demandé à la France d’intervenir militairement en Côte d’Ivoire contre le Président Laurent Gbagbo. A chacune de vos rencontres avec les Autorités françaises, faites leur comprendre que les Africains réclament la fin de la zone Franc, la suppression du Compte d’opération, le démantèlement des bases militaires de leurs territoires et la considération de l’homosexualité comme un crime contre l’humanité et l’espèce humaine.

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