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La Chine se prépare à briser le blocus visant la Russie imposé par les États-Unis (Réseau International)

par Réseau International 11 Novembre 2014, 04:04 Chine Russie USA Blocus Alliance sino-russe

La Chine se prépare à briser le blocus visant la Russie imposé par les États-Unis (Réseau International)
La Chine se prépare à briser le blocus visant la Russie imposé par les États-Unis
Article original en roumain : http://romanian.ruvr.ru/2014_02_15/China-se-pregateSte-sa-sparga-blocada-1108/
Traduction Avic- Réseau International

La Chine deviendra, à la fin de cette année, la première économie du monde, menaçant le statut de leader militaire des Etats-Unis dans l’ouest du Pacifique. Les Etats-Unis ne maintiennent leur statut actuel que par parce qu’ils mettent tout en œuvre pour contenir la puissance économique chinoise en déployant des forces militaires considérables dans les Océans Indien et Pacifique.

Les voies de navigation maritime de la flotte militaire de la Chine consistent à sortir dans l’océan Indien, à travers les détroits de Malacca et de la Sonde et, du côté de l’océan Pacifique par le biais des Iles Babuyan (entre le nord des Philippines et Taïwan) ou par l’espace situé entre l’archipel japonais d’Okinawa (Ryukyu) et l’île de Taïwan ; du côté de la mer du Japon la sortie se fera à travers l’espace situé entre le Japon et la Corée du Sud. La stratégie américaine dans le Pacifique a été expliquée de manière plus large dans ces deux articles :

http://reseauinternational.net/la-Chine-se-prepare-a-une-invasion-de-grande-envergure-partie-12/

http://reseauinternational.net/la-Chine-se-prepare-a-une-invasion-de-grande-envergure-partie-22/

Une étude scientifique du Centre Arroyo, de la prestigieuse institution RAND Corporation, a été commandée récemment par le Pentagone, et est intitulée « Installation de batteries antinavires basées dans l’Ouest du Pacifique. » Le staff des scientifiques et des chefs des groupes de travail de la RAND Corporation est composé de dizaines de généraux et d’amiraux de réserve américains dont le professionnalisme a été prouvé dans les guerres menées durant ces dernières décennies par l’armée américaine.

Les travaux mentionnés ci-dessus partent du principe que seule la création d’un dispositif complet de surveillance et de réaction immédiate peut intimider la Chine et la maintenir prisonnière dans sa petite boîte. Seulement la diversité des missions dans ce théâtre va bien au-delà des capacités du dispositif aéronaval actuellement déployé dans le Pacifique occidental par les Etats-Unis et ses alliés. Les auteurs du rapport définissent les principales caractéristiques d’une nouvelle stratégie basée sur un système défensif, créé à partir de centaines de batteries antinavires basées au sol, comme partie intégrante de la préparation d’un alignement continu formant un blocus pour interdire aux flottes chinoises l’accès aux points de passage obligés représentés par les détroits navigables. Puisque, à l’heure actuelle, l’armée américaine a déjà placé des batteries antinavires basées au sol dans la région, le rapport appelle à la création de ce système défensif, configuré sur les chaînes d’îles qui permettent un contrôle de la ligne du blocus dans la région Asie-Pacifique.

http://www.Rand.org/content/Dam/Rand/pubs/technical_reports/TR1300/TR1321/RAND_TR1321.pdf

La publication du rapport a coïncidé avec le déploiement par le Japon d’un nouveau dispositif défensif, composé de cinq batteries de missiles antinavires Type-88, sur l’île de Miyako et sur quelques autres îles de l’archipel d’Okinawa (Ryukyu). Plus précisément, dans le détroit entre Okinawa et Miyako, long de 300 km, une des principales voies d’accès de la Marine chinoise dans l’océan Pacifique et de là vers les Etats-Unis. Le missile Type-88 a une portée de 150 km et est similaire au Harpoon américain. En outre, le Japon a annoncé son intention de nationaliser 280 îles afin d’étendre ses missiles antinavires.

Avec tout le respect qui est dû au caractère scientifique du rapport, il semble incomplet. Pour analyser l’efficacité du nouveau concept, il devrait être modélisé mathématiquement en tâchant de voir comment la ligne des batteries antinavires affecte la neutralisation de certains facteurs aléatoires. En se basant sur la réalité du terrain, à savoir qu’afin d’assurer la continuité de cet alignement défensif, 50 % des batteries seront placées sur de très petites îles de 2-4 kilomètres carré, avec des reliefs rocailleux, il n’y a pas de possibilité de déploiement de forces et de défense AA, ou de marines américains pour rejeter d’éventuels raids chinois.

Un exemple concret de l’inefficacité de la nouvelle stratégie des Etats-Unis est l’archipel Senkaku, situé entre l’île de Miyako et Taiwan, consistant en huit îlots appartenant au Japon et qui sont revendiqués, ces derniers temps, de plus en plus agressivement par la Chine. Les chinois ont étendu leur action dans la région de la mer de Chine orientale entre Taiwan et le Japon sur les îles Senkaku par la création d’un espace de surveillance aérienne et maritime avec 78 drones. Les appareils sans pilotes chinois effectuent régulièrement jusqu’à 60 vols de reconnaissance dans la journée, avec une durée moyenne de 4 heures, harcelant les équipages de service de combat de l’aviation ennemie, bloquant et interceptant les canaux de communication de l’aviation japonaise et de l’aviation américaine basée au Japon.

La Chine a développé au cours des quatre dernières années le plus vaste et le plus complexe des programmes de conception et de construction de drones (avions sans pilote) et qui évolue d’un jour à l’autre.

http://reseauinternational.net/la-Chine-entraine-les-Etats-Unis-dans-une-spirale-autodestructrice/

C’est pourquoi la Chine est en mesure de créer, depuis 2014, deux autres zones de surveillance aérienne et maritime. La première est la continuation de celle qui avait été établie en 2013 s’étendant de Taiwan au centre des îles Philippines.

http://mapper.acme.com/?ll=8, 120 m et z = 6 & t = H & marker0 = 8, 120, Sulu % 20Sea

La seconde vient prolonger la zone de surveillance précédente mais au nord, dans la mer Jaune et la mer du Japon entre le Japon et la Corée du Sud.

http://mapper.acme.com/?ll=30, 125 et z = 6 & t = H & marker0 = 30, 125 East % 20China % 20Sea

Ensuite, pour 2015, la Chine va créer le dernier maillon de la chaîne des zones de surveillance, touchant cette fois sa sortie vers l’Océan Indien à travers les détroits de Malacca et de la Sonde. Ainsi, la Chine suivra à partir de l’air l’emplacement de chaque batterie de missiles antinavires du dispositif américain et pourra, si nécessaire, détruire une partie de celui-ci, pour se créer un couloir pour sa Marine.

http://mapper.acme.com/?ll=4, 100 et z = 5 & t = H & marker0 = 4, 100, détroit % 20de % 20Malacca

Le deuxième facteur susceptible de neutraliser, au moins en partie, la ligne des batteries antinavires, est représenté par les forces aériennes de la Chine qui sont de plus en plus puissantes avec une augmentation exponentielle du nombre d’avions de 4e génération ++ et par le nouvel avion chinois de transport lourd, le Xian Y-20, dont le rayon d’action est de 4 500 km, ce qui va bien au-delà de la ligne du blocus. Avec une charge utile maximale de 66 tonnes, le Xian Y-20 a été spécialement conçu pour des opérations d’infiltration par parachutage du 15ème corps aéroporté de la Chine. Le Xian Y-20 est capable de prendre à bord le char chinois (qui pèse 54 t) ZTZ-99A2, similaire au char allemand Leopard 2. Le potentiel financier et technologique de la Chine permet déjà de porter la cadence de production de cet avion à 5-7 appareils par mois. Avec une condition : que la Russie fournisse des moteurs PS-90A21 avec lesquels la Chine doit équiper les appareils Y-20.

Pour résumer, la Chine a des intérêts communs avec la Russie en Asie du sud-est, c’est à dire retirer les Etats-Unis de ce marché qui représente 60 % de la population mondiale. Sans la technologie militaire de pointe et la fourniture de pétrole et de gaz par la Russie, l’économie chinoise devrait stagner. Le récent plan d’investissement de la Chine en Europe de l’est fait également partie de la politique commune russo-chinois pour casser l’hégémonie américaine.

Valentin Vasilescu

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