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La grande hypocrisie néocoloniale ? François Hollande se prononce contre la révision des Constitutions par les dirigeants africains

par Sam La Touch 2 Novembre 2014, 13:16 Articles de Sam La Touch France Afrique Françafrique François Hollande Révision constitutionnelle Dictature

La grande hypocrisie néocoloniale ? François Hollande se prononce contre la révision des Constitutions par les dirigeants africains

Le "chef de guerre" François Hollande s'est finalement aligné sur la doctrine étatsunienne pour réclamer que les "Présidents" africains ne tripatouillent pas les élections pour rester au pouvoir.


"François Hollande a donné des instructions fermes à la cellule africaine de l’Élysée à propos des tentatives de modification de plusieurs Constitutions en Afrique, à la veille d’élections présidentielles." Oeil d'Afrique.

C'est une excellente nouvelle mais l'on est en droit de se demander si le "warlord" qui a reçu régulièrement à l'ELysée tous les dictateurs françafricains - mis en place par l'armée et l'Etat français (dynastie Bongo au Gabon, dynastie Eyadéma au Togo, Biya au Cameroun, Déby au Tchad, Sassou NGuesso au Congo-Brazzaville,...) - qui avaient tripatouillé leurs constitutions et les élections présidentielles (avec des logiciels informatiques et le savoir faire français) depuis des dizaines d'années, a une réelle volonté de mettre en oeuvre ses prérogatives. Rappelons que l'impérial-socialisme français est le principal allié du dictateur Idriss Déby au pouvoir depuis près d'un quart de siècle après de maintes modifications de la Constitution. Rappelons que le dictateur Déby a été sauvé in extrêmis par l'armée française en 2008 sous Sarkozy I. Rappelons que la politique étrangère de François Hollande a semé le chaos en Centrafrique en soutenant le pion Idriss Déby dans son entreprise de renverser Bozizé pour installer Djotodia qui sera ensuite remplacer par Samba-Panza plus favorable aux affaires et aux intérêts politiques, militaires et économqiues français. Actuellement en RCA, les réseaux françfricains ne se sont jamais aussi bien portés malgré les carnages et le chaos qui ravagent le pays.

Plusieurs pays comme le Burundi, la République démocratique du Congo, le Bénin et le Congo-Brazzavile doivent organiser une élection présidentielle d’ici 2017 mais François Hollande semble faire l'impasse sur les élections présidentielles au Tchad en 2016 où son loyal serviteur, le dictateur Idriss Déby, est en passe de briguer un énième mandat après tripatouillage de la constitution en 2015. Les USA affichent clairement leur intention de refuser que le dictateur Déby se représente en 2016.


Ce serait une excellente chose mais la question beaucoup plus importante est de savoir si la France et les Etats-Unis accepteront qu'une réelle transition démocratique puisse avoir lieu dans ces pays. Au Tchad où la France a l'une de ses bases militaires les plus importantes, acceptera-t-elle qu'un président démocratiquement élu fasse valoir la souveraineté militaire de son pays en demandant le départ des troupes françaises ? Celui-ci ne sera-t-il pas exposé en représaille à une rébellion organisée de l'intérieur par l'Etat français et ses alliés locaux-régionaux comme en Côte d'Ivoire ?

Le risque est grand que l'ancienne puissance coloniale demande à ce que les dictateurs en place ne révisent pas la constitution et qu'ils s'en aillent tout en faisant en sorte de les remplacer par d'autres gentils vassaux à leurs ordres et défendant les intérêts économiques de leurs multinationales. Le "chef de guerre" François Hollande, tristement célèbre pour son action en Syrie (armement des rebelles modérés et islamistes), en Centrafrique (destruction du pouvoir en place par le soutien apporté au coup d'Etat de Djotodia et à la Séléka) et au Mali (règlement militaire de la situation alors qu'une solution politique était envisageable) doit demander, si il veut être cohérent avec lui-même, non seulement la non révision constitutionnelle par les kleptocrates africains mais aussi une véritable alternance démocratique qui nécessite le départ de toutes les troupes françaises d'Afrique (il en va de même pour Obama et l'Africom qu iinstrumentalisent terrorisme et Ebola pour se renforcer en Afrique).

On voit bien que l'hypocrisie est à son comble et que le message latent est de faire en sorte de continuer à exercer son influence totale sur ses pays néocolonisés au travers de pions apparaissant aux yeux de leur opinion publique plus démocratique tel que Ellen Johnson Sirleaf vendue aux Etats-Unis depuis son alliance secrète avec le criminel contre l'humanité et agent de la CIA : Charles Taylor, Samba-Panza choisie par l'Elysée et le quai d'Orsay, Ouattara imposé par l'armée française et burkinabè au travers d'élections truquées mais qui continuent à organiser le pillage de leur pays pour le compte des puissances occidentales.

Ce qui se passe actuellement au Burkina Faso est assez révélateur des libertés qui seront accordés aux Africains pour mener à bien leur pays de manière indépendante. Pour l'instant la révolution pacifique burkinabè a été confisquée par un quarteron de militaires aux ordres de la Françafrique et de l'Américafrique qui ont des troupes cantonnés dans le pays.


In fine, ce que demandent Hollande et Obama sont des nouveaux gouverneurs à "peau noire" plus propres sur eux (au yeux de leur opinion publique occidentale) pour continuer à organiser la prédation des pays africains pour le compte de leurs économies pendant que leurs communicants médiatiques occidentaux continuent à les exempter de toute responsabilité dans les crises terribles qui ravagent le continent africain (Libye, Rwanda, Centrafrique, RDC, Côte d'Ivoire, Libéria, Nigéria...).

Si le "chef de guerre" du Chateau était cohérent avec lui-même, non seulement il appellerait à condamner toute révision des Constitutions par les dictateurs et autres despotes au pouvoir depuis des décennies mais également à une alternance démocratique réelle ainsi qu'au retrait des troupes militaires française d'Afrique. Il en va bien sûr de même pour Obama et l'Africom.

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