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Les fonds libyens de Sarkozy désespérément introuvables (Mondafrique)

par Jean-Marie Bourget 3 Novembre 2014, 19:58 Libye Sarkozy Kadhafi Ghanem Pierre Marzialli Robert Dulas

Les fonds libyens de Sarkozy désespérément introuvables (Mondafrique)
Les fonds libyens de Sarkozy désespérément introuvables
Par Jean-Marie Bourget
Mondafrique

Dans un livre qui vient de sortir, « Mort pour la Françafrique », Robert Dulas, Marina Ladous et Jean-Philippe Leclaire nous éclairent, de façon stupéfiante, sur la mort d’un français à Benghazi, Pierre Marziali, une « barbouze » tricolore, liquidée par les jihadistes du Groupe du 17 février. Soit des amis et alliés de la France, qui obéissaient quotidiennement aux ordres de l’État Major français pendant l'intervention en Libye. Une superbe enquête, de nouveaux éléments troublants, sans que l'on arrive encore au trésor de guerre qui aurait été amassé par Nicolas Sarkozy .

Sans l’entêtement d’un quarteron de journalistes, que saurait-on aujourd’hui d’une très sale histoire, celle des relations du régime de Sarkozy avec la Libye ? Dans cette affaire, au prétexte de déboulonner un dictateur en voie d’extinction, Kadhafi, la France aidée du Qatar a commis un véritable hold-up sur le rivage de Syrte. Il serait donc logique que toute l’attention de nos confrères soit mobilisée pour, tout d’abord, détricoter les liens d’amitié entre Nicolas Sarkozy et l'entourage de Kadhafi.

Nous voyons le Qatar payer -grâce à « l’intercession » de madame Sarkozy- une « rançon » de 450 millions pour la libération d’infirmières bulgares et d’un médecin palestinien. Argent qui n’est jamais arrivé aux victimes, alors que cette somme devait les indemniser d’une contamination au sida. C’est aussi l’époque des commandes en pur platine. Il suffit d’écouter le Sarkozy du moment : Kadhafi va acheter une centrale nucléaire pour adoucir son eau de mer, acheter aussi de multiples biens d’équipement et, bien sûr, des Rafales.

Le Qatar à la manoeuvre

Mais, humeur vagabonde, voila que le Qatar décide de faire la peau du colonel. Un simple coup d’œil sur les enquètes menées par la Banque Mondiale, évoqué dans le livre "le vilain petit Qatar", nous indique que, rien qu’à Doha, Kadhafi possèdait un trésor de 50 milliards de dollars entreposé dans des coffres qataris ou investis dans la pierre. Voilà un argent bien facile à faire changer de mains. Ce sera donc la guerre. Une fausse bataille contre un moulin à vent, c'est-à-dire contre l’inventeur de la Jamahiriya, qui, contrairement à ce qu’ont montré les écrans de télévision, était gagnée d’avance.

Le travail des journalistes devrait traquer chaque élément permettant de reconstituer ce « rezzou » des temps modernes qui, outre sa réalité de lot gagnant du Loto, a installé en Libye un chaos qui réchauffe en son sein une kyrielle de groupes islamistes de la meilleure espèce. Katibas et autres escouades sont descendues du nord vers le Niger, le Mali et bientôt qui sait le Burkina. Autrement dit la presse a le devoir de passer au crible cette entreprise criminelle, qui change notre monde et le place à portée de sabre des fous d’Allah. Face à cette priorité, que voyons-nous ? Pas grand-chose, rien à la mesure du dossier.

Nos confrères de "Médiapart" n’ont pas tort dans leur acharnement à dénoncer l'argent reçu par Nicolas Sarkozy de son ami Kadhafi, mais ils s’appuient, hélas, sur un document contesté, qui leur a été livré par des sources mystérieuses, sans certificat d'authenticité, lors de la campagne présidentielle française de 2012. Certes, l’accès aux sources en Libye, pays aujourd’hui gouverné par des chefs de guerre, est très difficile et dangereux. Et c’est l’argument qu’avancent les policiers et juges pour expliquer la lenteur de leur travail.

Heureusement un quarteron de journalsites, celui que j’évoquais plus haut, continue de travailler et, comme les pierres du Petit Poucet, des livres sortent avec leurs pages de vérité. Nous avons eu « Histoire secrète d’une trahison » de Catherine Graciet dont l’enquête frôle quelques valises d’argent ayant fait le voyage Tripoli-Paris. Roumiania Ougartchinska avec « Pour la peau de Kadhafi » a aussi soulevé quelques lièvres qu’on aimerait déguster à la royale. Nous même, avec Nicolas Beau dans « Le Vilain petit Qatar » avons passé à l’IRM les liens étranges de la France et du Qatar, sur un fond de fraternité islamiste, à l’heure de la guerre contre la Libye.

Un "barbouze" éxécuté à Benghazi

Aujourd’hui, dans « Mort pour la Françafrique », ce sont Robert Dulas, Marina Ladous et Jean-Philippe Leclaire qui nous éclairent sur la mort d’un français à Benghazi. L’exécution de Pierre Marziali, une « barbouze » tricolore, liquidée par les djihadistes du Groupe du 17 février, des amis et alliés de la France, des « frères » de BHL. Des sicaires qui obéissaient quotidiennement aux ordres de l’État Major français. Quel était le péché de Marziali ? Avoir trop tôt révélé à ses amis des services secrets américains que les « révolutionnaires » si chers à BHL et à Sarkozy, n’étaient que de sinistres islamistes du genre « ultra ». Voilà. Un peu en aveugle et sans grands moyens, le quarteron progresse dans la découverte d’une vérité trop bien enfouie.

Aux dernières nouvelles venues de Nanterre, où travaillent juges et policiers sur ces affaires libyennes, on nous dit qu’en retrouvant le disque dur de l’ordinateur de Choukri Ghanem, ex Premier ministre et ministre du pétrole de feu Kadhafi, l’enquête semble avoir fait un bond en avant. Mais attention, dans cette histoire le port de la bouée est recommandé : le malheureux Ghanem, il est vrai très mauvais nageur, a été retrouvé sans vie dans les eaux du beau Danube bleu…

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