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Un million de burkinabés dans la rue. Notre ami le dictateur Blaise Compaoré, assassin de Sankara, chassé du pouvoir ! (Solidarité internationale)

par Solidarité internationale 2 Novembre 2014, 22:28 Burkina Faso Blaise Compaoré Françafrique François Hollande Thomas Sankara Assassinat

Un million de burkinabés dans la rue. Notre ami le dictateur Blaise Compaoré, assassin de Sankara, chassé du pouvoir ! (Solidarité internationale)
Un million de burkinabés dans la rue. Notre ami le dictateur Blaise Compaoré, assassin de Sankara, chassé du pouvoir !

Solidarité internationale

Article AC

Quelle force opposer au peuple, lorsqu'il a dit : je veux ? Ce n'est pasMarx mais Lammenais. L'autocrate Blaise Compaoré en a fait l'amère expérience. Lui qui règne par le crime et la duperie depuis 27 ans au "pays des hommes intègres" a du quitter le pouvoir chassé par des centaines de milliers de ses sujets.

Jamais l'Afrique de l'ouest n'a connu de manifestations de cet ampleur depuis la décolonisa tion : plusieurs centaines de milliers de manifestants au centre de Ouagadougou ce jeudi puis ce vendredi. L'opposition évoque le chiffre symbolique du million de manifestants jeudi 30 octobre.

La plus grande manifestation jamais organisée en Afrique de l'ouest

Sur un pays de 17 millions d'habitants, c'est comme si en France 5 millions de personnes étaient descendues dans les rues de Paris. Blaise Compaoré a usé de façon classique des forces de police, de l'armée. Elles ont été submergées par la masse. Elles se sont retournées contre le dictateur.

Blaise Compaoré usurpait le pouvoir depuis 27 ans. Après deux révisions constitutionnelles, le dictateur voulait arracher un cinquième mandat. Celui de trop. Jeudi, l'Assemblée nationale a été envahie par des centaines de manifestants.

Même laminée, la police a tué : 30 morts, une centaine de blessés. Mais il y a aucune force à opposer au peuple, lorsqu'il veut. Jeudi, l'armée a donc du dissoudre l'Assemblée et le gouvernement. Vendredi, Blaise Compaoré a du démissionner.

La France a soutenu son ami le dictateur jusqu'au bout !

La mascarade a enfin cessé. Encore en 2011, la ré-élection de Blaise Compaoré a encore été saluée par la France, les observateurs étrangers, après un score de 80 %. Où sont ces 80 % inexistants aujourd'hui ? La rue a parlé contre le simulacre des élections patronnées par les dites démocraties.

Comme pour Ben Ali, la France a soutenu Blaise Compaoré jusqu'au bout. Rappelons le rôle qu'on a fait jouer à Compaoré dans les crises ivoirienne en 2011 et malienne en 2013. On sait combien il a joué double jeu, alimentant l'instabilité chez ses voisins, quitte à appuyer – c'est un soupçon qui montait, y compris dans les milieux informés français – les djihadistes au Mali.

Compaoré a péri par où il a fauté. Il y a 27 ans, il comettait un crime impardonnable contre son meilleur ami, contre son peuple contre son pays en participant, sans doute en organisant l'assassinat du père du Burkina Faso : Thomas Sankara.

Un criminel tombe : l'assassin de Sankara, père du Burkina, héros du peuple

Dans un des pays les plus pauvres d'Afrique, le jeune capitaine Sankara – formé dans le Regroupement des officiers communistes (ROC) – avait accompli des miracles entre 1983 et 1987, dans ce qu'il appelait la révolution burkinabé.

En 4 ans, il réduit le train de vie des politiques, abolit les droits féodaux, développe l'éducation et la santé publiques, nationalise la terre et le sous-sol, parvient à l'auto-suffisance alimentaire, crée des dizaines de milliers de logements à loyer modéré, impose l'égalité homme-femme.

Les résultats sont immédiats, salués par l'OMS comme par l'UNESCO : 2,5 millions de Burkinabés sont vaccinés, le taux d'alphabétisation passe de 5 à 20 % chez les hommes, à titre d'exemple.

Sur le plan des symboles, la Haute-Volta coloniale devient le Burkina-Faso émancipé – littéralement, le "pays des hommes intègres", qualificatif qui caractérisait si bien Sankara. Il fait adopter comme devise nationale celle du Che et de Fidel : "La patrie ou la mort. Nous vaincrons!".

Sankara était devenu le leader du mouvement pan-africain anti-impérialiste, il s'était rapproché des amis de l'Afrique : l'URSS, Cuba, il condamnait les relations néo-coloniales forgées dans la dette scélérate.

La France de François Mitterrand, comme ses relais locaux et d'abord la Cote d'Ivoire de Félix Houphouet-Boigny, n'a jamais accepté sa politique indépendante et populaire. Elle constituait un dangereux précédent pour le continent.

Un des pays les plus pauvres d'Afrique : la faillite d'un régime pro-impérialiste

Ce sont eux qui ont corrompu le numéro 2 du régime, Blaise Compaoré, qui va profiter de l'assassinat commandité de son ami Sankara le 15 octobre 1987 pour prendre la main. Un coup d'Etat qui met fin à une expérience démocratique unique en Afrique de l'ouest.

Compaoré récompense ses parrains. Dès son arrivée au pouvoir, il rompt avec Moscou, la Havane, rétablit des relations cordiales avec la France. En 1991, il accepte les plans d'ajustement structurel du FMI, des privatisations générales, des coupes dans les conditions de vie de son peuple.

Les résultats sont catastrophiques après 27 ans de dictature sans partage : le Burkina Faso occupe la 177 ème place sur 182 dans l'Indice de développement humain (IDH), entre le Mali et la Centrafrique !

L'espérance de vie y est de 55 ans, le taux de mortalité infantile de 79 pour 1 000, ou 8 % (9 ème place mondiale), et un taux d'alphabétisation qui ne dépasse pas les 28 %. Seuls l'Afghanistan et le Mali font pire !

Ironie de l'histoire, aujourd'hui un des leaders de l'opposition est un certain Bénéwendé Sankara qui est aussi l'avocat de la famille Sankara qui demande justice et vérité sur l'assassinat de celui qui est encore adulé par le peuple burkinabé.

Rien n'est fini, le leader par intérim le général Honoré Traoré est un proche de Compaoré, une figure de l'Ancien régime. La lutte continue pour intensifier la révolution burkinabé, pour concrétiser le dit printemps noir pour qu'il ne finisse pas comme les printemps arabes.

Alors que la France s'est déshonorée en 1987, comme en 2014, c'est la jeunesse burkinabé qui a repris le flambeau de la lutte révolutionnaire. Sankara disait "la patrie ou la mort, nous vaincrons!". 30 jeunes ont laissé leur vie, la jeunesse burkinabé vaincra !

Un million de burkinabés dans la rue. Notre ami le dictateur Blaise Compaoré, assassin de Sankara, chassé du pouvoir ! (Solidarité internationale)

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