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Affaire Bongo : "Le Monde" réfute les accusations du journaliste Pierre Péan (FRANCE 24)

par France 24 7 Décembre 2014, 07:41 Gabon France Françafrique Ali Bongo Péan

Affaire Bongo : "Le Monde" réfute les accusations du journaliste Pierre Péan (FRANCE 24)
Affaire Bongo : "Le Monde" réfute les accusations du journaliste Pierre Péan

FRANCE 24

Alors que dans son dernier livre, le journaliste Pierre Péan accuse le président gabonais Ali Bongo de ne pas être le fils naturel de l'ex-chef d'État Omar Bongo, le journal "Le Monde" a publié des documents qui contredisent cette thèse.

Le journal "Le Monde" vient de fournir un nouvel épisode à l’affaire qui oppose le pouvoir gabonais au journaliste français Pierre Péan. Ce dernier affirme dans son dernier livre paru le 29 octobre, "Nouvelles affaires africaines", que le président gabonais Ali Bongo ne serait pas le fils naturel de l'ex-chef d'État Omar Bongo, mais un enfant nigérian adopté pendant la guerre du Biafra, à la fin des années 1960. Selon le journaliste, Ali Bongo, n'étant pas né au Gabon, ne peut donc prétendre au poste de président.

Mais dans son édition du mercredi 3 décembre, "Le Monde" a déclaré avoir obtenu des documents qui réfutent cette thèse de l’adoption. Le quotidien a publié une photo du registre d’état civil de la mairie de Brazzaville daté de 1959 où Ali Bongo a toujours affirmé être né, un an avant l’indépendance du Gabon : "On peut y lire, rédigé à l’encre bleue, que "le neuf février mil neuf cent cinquante-neuf à une heure quarante-cinq minutes est né à l’hôpital général : Alain-Bernard(…) de : Albert Bongo [les prénoms respectifs des père et fils Bongo avant leur conversion à l’islam] (…) qui déclare le reconnaître et de : Joséphine Kama (…). Dressé le dix février mil neuf cent cinquante-neuf à onze heures, sur la déclaration du père de l’enfant…".

Le journal français a également mis en ligne sur son site une photo de famille sur laquelle on peut voir "le général Teale, qui fut l’aide de camp du premier président du Gabon, Léon Mba, puis de son successeur M. Bongo, et Joséphine Bongo, ainsi que cinq enfants". Selon Michel Teale, ce cliché date de 1963, soit plusieurs années avant la guerre du Biafra. "C’était la première fois que je voyais le petit Alain-Bernard. Il devait avoir 4 ans, 4 ans et demi. C’est tonton Albert qui a pris la photo… Environ un an plus tard, je l’ai recroisé avec sa mère dans une salle d’attente de l’ambassade du Gabon à Paris", a-t-il raconté au "Monde".

Une bataille juridique

Depuis la parution du livre de Pierre Péan, la tension est au plus fort entre le journaliste et les autorités gabonaises, qui ont déposé une plainte en diffamation en France contre l'écrivain. "La République gabonaise ne peut accepter les propos gravement diffamatoires et totalement faux tenus par Pierre Péan dans cet ouvrage", a dénoncé l’ambassade du Gabon dans un communiqué le 10 novembre, accusant l'auteur de "profonde malveillance".

Dans son enquête sous-titrée "Mensonges et pillages au Gabon", Pierre Péan affirme également que l'actuel président gabonais, Ali Bongo, a également falsifié des diplômes obtenus. Le fils a succédé en 2009 à son père, Omar Bongo, mort après avoir passé 41 ans au pouvoir.

À la suite de la publication de cet ouvrage, l'opposition gabonaise a, elle aussi, choisi d'intenter une action en justice, en la dirigeant contre le président Ali Bongo, accusé d'avoir falsifié son acte de naissance.

"Le Monde" se demande comment mettre un terme à cette polémique. "Pour la clore, Ali Bongo pourrait produire, s’il existe, un extrait d’acte de naissance archivé à Nantes ou se soumettre avec sa mère à des tests ADN. Cela permettrait d’aborder les vraies questions autour de la future présidentielle : peut-on accepter une succession dynastique du pouvoir ? Que propose l’opposition composée essentiellement d’anciens caciques du régime Bongo ? Comment se fait-il qu’après plus de cinquante ans d’indépendance, ce petit pays pétrolier d’environ 1,7 million d’habitants soit aussi peu développé ?", conclut le quotidien.

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