Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Comment la Chine pille les ressources africaines (Mondafrique)

par Mondafrique 3 Décembre 2014, 08:26 Chinafrique Françafrique Afrique Chine

Comment la Chine pille les ressources africaines (Mondafrique)
Comment la Chine pille les ressources africaines

Mondafrique

En parallèle de sa politique de non ingérence, la Chine offre des financements inespérés aux pays africains. Grace à ce procédé, Pékin opère un pillage généralisé des matières premières.

La Chinafrique semble avoir volé la vedette à la Françafrique. Alors que les réseaux franco-africains sont l’héritage du passé colonial du continent, les liens entre la Chine et l’Afrique sont avant tout d’ordre économique. Contrairement à la France dont les intérêts ne sont pas toujours ceux de ses multinationales, la Chine contrôle ses opérateurs économiques et les mandate pour s’approvisionner en matières premières. Dans son ouvrage « Chine Afrique, le grand pillage » (Eyrolles) le journaliste Julien Wagner propose un résumé actualisé de cette nouvelle forme d’impérialisme qui menace l’Afrique.

Concurrence déloyale

Les opérateurs occidentaux ne peuvent tenir tête aux structures chinoises qui, pour la plupart, sont « directement subordonnées au Conseil des affaires d’Etat, l’organe administratif suprême du pouvoir chinois (comparable à notre gouvernement, et partie intégrante de la politique stratégique chinoise ». En clair, lorsqu’un groupe français négocie il bénéficie directement en concurrence avec la deuxième économie du monde.

Dans le domaine bancaire, fer de lance de la stratégie chinoise, ce phénomène est particulièrement flagrant. Quand une banque occidentale cherche une formule rentable, la chinoise s’appuie sur les réserves de la Banque centrale du pays, « autant dire que ses capacités de financement sont quasi infinies », ajoute l’auteur. Pourquoi, dés lors, demander une aumône au FMI ou à la Banque mondiale ?

Ressources contre infrastructures

Disposant de capacités de financements gigantesques, Pékin s’impose comme l’interlocuteur privilégié des économies africaines. Evidemment, la mise à disposition de fonds n’a rien d’une bonne action. C’est la manière avec laquelle les Chinois parviennent à mettre un pied dans la porte africaine pour ensuite obtenir à des prix inférieurs à ceux du marché d’exploitation de concessions de matières premières.

En parallèle du dogme de non ingérence dans les affaires politiques, la Chine a ainsi mis en place un autre argument massue pour l’Afrique avec la formule ressources contre infrastructures. En échange de fonds ou de projets de construction, les Chinois obtiennent l’exploitation des ressources naturelles. Simples trocs, ces formules sont un abandon pur et simple de la souveraineté des États sur leur sous-sol.

En République Démocratique du Congo, rappelle Julien Wagner, « le Chine recevra 11 millions de tonnes de cuivre, 620 000 tonnes de cobalt et 372 tonnes d’or » en échange de 3 000 kilomètres de routes, autant de voies ferrées, 31 hôpitaux, 145 centres de santé et quatre universités. Une fois que la Chine aura considéré que les recettes auront couvert l’intégralité de ces travaux, le Congo n’aura le droit qu’à un tiers des bénéfices de ses propres ressources, le reste revient à Pékin… Exemple parmi d’autres d’un procédé devenu habituel.

Pillage organisé

On comprend aisément pourquoi les chefs d’Etats africains acceptent ces formules qui consistent à brader leur sous-sol. A court terme elles permettent de voir pousser routes, hôpitaux, universités et autres infrastructures qui sont ensuite mis en avant comme des bilans de fin de mandat. Mais, souligne le journaliste spécialisé, « les infrastructures échangées contre ressources ou vendues au Africains ont, dans la plupart des cas été érigées par des employés chinois. »

Notons que la Chine se sert en ressources en se gardant bien de favoriser le transfert de technologies ou la mise en place d’un secteur tertiaire local. « Le grand pillage » peut continuer avec son lot de catastrophes sanitaires et environnementales.

commentaires

Haut de page