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L'AFP enterre Gbagbo sous le pont Bouygues à péage Ouattara (Le Gri-Gri)

par Le Gri-Gri 21 Décembre 2014, 18:29 Bouygues France Françafrique Côte d'Ivoire Ouattara AFP Laurent Gbagbo Désinformation

L'AFP enterre Gbagbo sous le pont Bouygues à péage Ouattara (Le Gri-Gri)
L'AFP enterre Gbagbo sous le pont Bouygues à péage Ouattara

Le Gri-Gri

La nuit est bien entamée mais ils sont des centaines à arpenter, infatigablement, le kilomètre et demi d'asphalte reliant le nord au sud d'Abidjan : le troisième pont, nécessité logistique et projet phare du président Ouattara, fait la fierté de son peuple.

Après avoir été celui du dernier président élu de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo.

Tous les âges sont représentés, les deux sexes sont de la partie. De rondes mamas en pagne marchent paisiblement tandis que des gaillards aux muscles saillants les croisent en footing. La jeunesse palabre à pas lents. La marmaille hurlante s'éparpille.

Tintin AFP au Congo d'Ivoire !

Les couples se prennent en photo un peu, beaucoup, passionnément. Les flashes crépitent dans la nuit, inlassablement.

Ils ont ajouté une option "écriture littéraire" à l'attribution des postes de l'AFP, c'est la seule explication.

Le troisième pont d'Abidjan, inauguré mardi en grande pompe par Alassane Ouattara, est considéré comme la réalisation marquante de son mandat. Après une journée portes ouvertes samedi, il entrera officiellement en fonction dimanche.

Un mensonge ne s'avère pas en se répétant : qu'ADO le présente comme sien, ça le regarde, mais un journaliste de l'AFP, même pas informé, juste honnête, sait que Laurent Gbagbo aurait du logiquement inaugurer ce pont qui lui doit tant.

Censé fluidifier la circulation d'une ville invivable aux heures de pointe, l'ouvrage lui sert d'argument massue pour soutenir sa candidature à la présidentielle d'octobre 2015, dont il est le grand favori.

Voilà... on y est : le suppositoire est passé : le vrai mobile de cet article criminel contre l'intelligence : annoncé que non seulement Ouattara sera candidat en 2015, mais qu'il est d'ores et déjà grande favori. Donc qu'il a gagné.

Le chantier colossal, d'un coût de 270 millions d'euros, a duré plus de deux ans et remodèle substantiellement "la perle des lagunes". Ses habitants s'approprient déjà le pont "Henri Konan Bédié" - du nom de l'ex-président et principal allié de M. Ouattara -, qu'ils n'évoquent pas sans superlatif. "C'est un bijou", s'enthousiasme Evra Besseko, un couturier de 27 ans après une séance de saut à la corde devant les guérites du péage pour l'instant fermé à la circulation. "Je suis venu admirer sa beauté." "C'est la merveille d'Abidjan", affirme Alexis Kouakou, 34 ans, portant casque et gilet orange. Lui a passé plus d'un an à façonner le béton nécessaire à l'ouvrage, dont il vend aux chalands des photos aériennes, empruntées sur internet. "C'est le plus grand projet de Côte d'Ivoire de tous les temps", assure-t-il. Arsène Chala, 42 ans, et sa compagne Augusta Atta, 27, sont venus promener leur petit Dylan, 18 mois, qui gambade timidement, quand ils ne le portent pas, pour "immortaliser l'évènement". Le couple vit dans un quartier éloigné et ne possède pas de voiture. Il ne l'empruntera donc pas. "Mais il valait mieux venir le voir que de se le faire raconter par d'autres", sourit M. Chala.

Le micro-trottoir - ou le papier truffé de "sonores", qui ne prouvent ou ne valident rien d'autre que la faculté du journaliste à les retranscrire ou à les écrire, tant elles sont sans intérêt et ne disent rien. Mais toujours rien au sujet du fait qu'à plusieurs reprises Laurent Gbagbo a sauvé ce pont... a ramené la Côte d'Ivoire au stade requis par le FMI, condition sine qua none à la reprise des travaux pour Bouygues, entreprise vertueuse bien connue. Et ne se montrera pas opposé à l'entrée en jeu d'un opérateur chinois permettant de substancielles économies, elles-même permettant, à la satisfaction de Gbagbo, d'épargner aux automobilistes abidjanais un péage.

"On est très agréablement surpris" par "le lien affectif" unissant la population à l'ouvrage, commente le ministre des Infrastructures Patrick Achi. "Les gens veulent voir l'espoir dans quelque chose de palpable, de concret", analyse-t-il. Le pont, prolongé par un kilomètre d'asphalte, que ponctue un échangeur vertigineux - "à l'américaine", selon Martin Bouygues, PDG de l'entreprise éponyme ayant réalisé les travaux -, incarne cet espoir.

Exit l'opérateur chinois. Exit le bureau d'études ivoirien dirigé par le ministre de Gbagbo Ahou Don Mello, plus qu'impliqué dans la conception et la direction du projet. Exit même l'ancien président Henri Konan Bédié, dont le pont porte finalement le nom en compensation(s) politique(s), sous le mandat duquel le projet fut initié.

Et le ministre de rappeler : "on est sorti il y a à peine trois ans d'une crise grave", en référence aux violences postélectorales ayant embrasé le pays, faisant plus de 3.000 morts en cinq mois.

Toujours aucune source pour ces 3 000 morts. Novlangue, novlangue.

L'état de grâce du pont pourrait toutefois être bref. Depuis des semaines, la population dénonce son caractère payant, craignant qu'il ne soit réservé qu'aux "riches" en mesure de s'acquitter du péage.

Ah, on y vient...

La construction s'est faite via un partenariat public-privé, "avec un emprunt à rembourser", justifie Patrick Achi, pour qui une formule "intelligente" doit être trouvée.

On voit la viabilité du projet : un emprunt à rembourser selon une formule intelligente à trouver. Quand on songe à ce que le pont avait déjà coûté... on se dit qu'ils sont nombreux ceux qui depuis 2011, et le come back de Bouygues, ont du en profiter.

Le péage devrait coûter entre 500 et 1.000 francs CFA (entre 76 cts et 1,52 euros), estime le ministre. Un montant compensant selon lui largement le prix du carburant que consommerait un conducteur choisissant de ne pas utiliser le pont, pour s'enferrer dans des embouteillages.

Ne serait-ce pas là une des possibilités définitions du chantage ? La bourse ou ta vie dans les embouteillages !

Gratuite jusqu'au 1er janvier, sa traversée deviendra payante le 2. Si un usager doit payer 1.500 FCFA (2,3 euros) aller-retour par jour, cela fait 45.000 FCFA (69 euros) à la fin du mois, calcule Evra Besseko. "Et ça, ça ne rentre pas dans le budget de beaucoup de monde", lance le couturier.

Attention, roulements de tambour, l'ultime phrase de ce résidu d'article de candide publi-rédactionnel, contient, peut-être, la seule information de l'ensemble :

En Côte d'Ivoire, le salaire minimum est de 60.000 FCFA (91 euros) mensuels.

Plus que jamais la question de l'utilité de l'AFP en Afrique se pose. Depuis le temps qu'il ne s'agit plus pour l'officine gauloise que de désinformer, tronquer, parasiter, s'ingérer, mentir, réécrire, nier, omettre...

Texte / AFP (feat.G.P.)

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