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Le rapport sur les tortures pratiquées par la CIA comme instrument de lutte politique interne aux Etats-Unis (VdR)

par Voix de la Russie 12 Décembre 2014, 19:01 USA Torture CIA Politique intérieure

Le rapport sur les tortures pratiquées par la CIA comme instrument de lutte politique interne aux Etats-Unis (VdR)
Le rapport sur les tortures pratiquées par la CIA comme instrument de lutte politique interne aux Etats-Unis
La Voix de la Russie

Le comité du Sénat pour le renseignement a publié mardi une partie d’un volumineux rapport sur les abus de la CIA sous la présidence de George Bush-junior. Il y est question, entre autres choses, de la torture et de la désinformation des autorités et de la société.

Selon le texte du document, les terroristes présumés étaient cognés la tête contre le mur, privés de sommeil, dénudés, immergés dans l’eau glacée, assourdis 24 heures sur 24 par la musique. Lors des interrogatoires les détenus subissaient la torture par « noyade » et d’autres méthodes dures pour extorquer des aveux.

Tout cela confirme une nouvelle fois la pratique de graves violations des droits de l’homme par les autorités nord-américaines, a noté dans un commentaire spécial le délégué aux droits de l’homme du MAE de Russie, Konstantin Dolgov.

Il sera très difficile de faire répondre quelqu’un de ces crimes, remarque l’américaniste Dmitri Drobnitski :

« La difficulté consiste dans le fait que ceux qui pratiquaient la torture le faisaient sur ordre direct des chefs. Le 11 septembre 2001 a été perpétré l’attaque terroriste, et déjà le 27 septembre George Bush-junior signait le mémorandum qui déliait les mains à la CIA afin de recourir à des interrogatoires dits « approfondis ». Et ceux qui torturaient exécutaient ainsi des ordres directs et dans ce sens ne sont pas passibles de jugement. Qui plus est, si l’on parle de la juridiction d’autres pays, suivant les lois des Etats-Unis ni les agents de la CIA, ni les militaires, ni même les sous-traitants du renseignement et de l’armée des Etats-Unis ne peuvent être traduits en justice en territoire d’autres pays. Le seul qui peut souffrir, du moins être limogé, c’est l’actuel patron de la CIA John O. Brennan. A l’époque il dirigeait d’abord l’appareil du directeur de la CIA George Tenet, puis son adjoint, qui répondait en partie pour l’élaboration de ce programme ».

On se demande, toutefois, pourquoi ce rapport ait été publié, ne serait-ce que partiellement, maintenant ? On doit sans doute chercher l’explication en politique intérieure. Le démocrate Obama est resté pratiquement sans appui du Congrès, où la majorité est détenue par des républicains. Tandis que George Bush-junior, aux temps de la présidence duquel le rapport sur les tortures est consacré, était justement républicain. Il s’agit, donc, d’un instrument de jeu politique, est persuadé l’historien russe des services spéciaux, Alexandre Kolpakidi :

« C’est un coup des démocrates porté aux républicains. Cela veut dire que nous ne pouvons connaître la vérité que lorsque des contradictions il y a. Et quand leur élite est consolidée, nous n’apprendrons jamais la vérité. Durant toutes ces années d’avant la crise nous ne savions pas ce qui se passait dans la CIA. D’ailleurs, à la différence des années 70 du siècle dernier, à présent John Brennan et le chef du renseignement américain James Clapper nient tout. Ils prétendent que tout cela est exagéré, que tout n’était pas comme on le présente. Ils cherchent même à éviter le terme « tortures », en préférant de parler de « méthodes perfectionnées d’interrogatoires ».

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