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Collaboration. Pauvre dictateur Compaoré protégé et exfiltré par la France et son intelligentsia merdocratico-racialiste

par Odile Tobner 6 Décembre 2014, 10:48 Burkina Faso Blaise Compaoré Dictature France Françafrique François Hollande Articles de Sam La Touch néocolonialisme

Le président François Hollande recevant le dictateur françafricain Compaoré sur  le perron de l'Elysée
Le président François Hollande recevant le dictateur françafricain Compaoré sur le perron de l'Elysée
Pauvre Blaise !
Par Odile Tobner

Le vendredi 31 octobre 2014, l’Afrique de l’Ouest a fait un grand pas vers la paix et la stabilité. Ce jour-là, la France exfiltrait son garde-chiourme Blaise Compaoré. Cette fuite clôt vingt-sept ans d’un règne despotique sur le Burkina Faso, finalement emporté par une déferlante de citoyens sans armes.

Lire également :
- Signez la pétition pour que le dictateur françafricain Compaoré soit jugé au Burkina ou en Afrique 
- A la demande de François Hollande, les forces spéciales françaises du COS auraient exfiltré le dictateur Compaoré en Côte d'Ivoire 
- De la coloniale à la Françafrique en passant par la France de Vichy. L'histoire d'une longue collaboration française avec le racisme et la dictature 
- Dictature Burkinabé - France : Blaise Compaoré et le sénateur socialiste Lorgeoux (JAI) 
- Pour que le dictateur françafricain Blaise Compaoré réponde de ses crimes / Pétition + vidéo (Le Gri-Gri)
- Il y a 2 jours Blaise Compaoré recevait le CRAN ! 

Durant ces vingt-sept années, l’assassin de Sankara, fauteur des monstrueuses guerres civiles du Liberia et de la Sierra Leone, de la déstabilisation de la Côte d’Ivoire et du Mali, vit les marionnettes françafricaines se succéder dans ses fauteuils faux Louis XV, sous les dorures de son palais en toc au milieu du Sahel. Et chacune d’y aller de son caquetage :

c’est Ségolène Royal saluant "la sagesse, l’expérience, la volonté toujours renouvelée, et les ambitions du Président Blaise Compaoré de toujours faire avancer son pays, la sous-région et l’Afrique [...]. Le Burkina peut compter sur moi dans sa volonté de redorer son image à l’étranger" ;

Jean-Michel Ribes, directeur de théâtre, proche de François Hollande : "j’ai été charmé par la timidité mystérieuse du président Blaise Compaoré, chef d’Etat pacificateur après avoir été un guerrier" ;

Gabriel Cohn-Bendit, solliciteur, "Monsieur le président, le plus beau cadeau que vous puissiez m’offrir pour les 75 ans que j’aurai en avril 2011 c’est de faire de moi un citoyen burkinabè" ;

Stéphane Hessel, compatissant, "Il souffrait de l’injuste image d’usurpateur que lui infligeait la façon dont il avait mis un terme au règne de son prédécesseur, ami, compagnon des premières années de la révolution, Thomas Sankara, dont il avait condamné les excès et redouté l’évolution dictatoriale". Que de délicatesse dans ce "mettre un terme" pour éviter de dire "assassiner" ! Cette grande conscience satisfaite et bavarde d’indigné professionnel, ayant abdiqué en Afrique toute capacité d’indignation, était la plus belle prise du plan médias de Compaoré : "J’avais pu me mettre à sa disposition pour réfléchir sur les institutions démocratiques dont il souhaitait doter le Burkina Faso. Je n’oublierai jamais l’accueil généreux qu’il m’a réservé en me proposant de participer aux travaux d’une Commission de futurs responsables à qui seraient transmis le respect des Droits de l’Homme et le souci de la pluralité démocratique."

Après cela Élisabeth Guigou, recevant flatteusement Blaise Compaoré le 5 juin 2013 devant la commission des Affaires étrangères, semble économe dans le compliment "Monsieur le Président de la République, merci. Ces applaudissements, qui ne sont pas systématiques dans notre Commission, témoignent de notre gratitude pour le rôle que vous jouez et pour la vision que vous avez du développement de votre pays et du continent africain."

Pauvre Blaise ! Comme le héros du roman éponyme de la Comtesse de Ségur, qui jouait avec les enfants de ses maîtres et payait pour leurs bêtises, Compaoré apprend enfin que toutes les gentillesses et flatteries à son égard ne s’adressaient pas à sa personne mais au rôle irremplaçable qui était le sien d’être l’exécuteur des basses besognes de la Françafrique et d’en porter seul la honte. Il y a peu de chance que les premiers responsables soient punis, tous ceux qui, après avoir crié pendant quatre ans au risque d’"évolution dictatoriale" de l’intègre Sankara, se réjouirent pendant vingt-sept ans de voir Compaoré "réfléchir sur des institutions démocratiques", jusqu’à ce que le peuple tape du poing sur la table, que l’usurpateur saute par la fenêtre et que la volaille françafricaine se taise.

* Le Chapô est de SLT

Ségolène Royal saluant "la sagesse, l’expérience, la volonté toujours renouvelée, et les ambitions du Président Blaise Compaoré de toujours faire avancer son pays, la sous-région et l’Afrique [...]. Le Burkina peut compter sur moi dans sa volonté de redorer son image à l’étranger"

Ségolène Royal saluant "la sagesse, l’expérience, la volonté toujours renouvelée, et les ambitions du Président Blaise Compaoré de toujours faire avancer son pays, la sous-région et l’Afrique [...]. Le Burkina peut compter sur moi dans sa volonté de redorer son image à l’étranger"

Le dictateur reçoit les leaders du CRAN, orgaanisation fondée sur la défense des gens de couleur noire : "Louis-Georges Tin et Guy Samuel Nyoumsi n'ont pu que remercier le président Compaoré de son accueil et de son écoute. Le CRAN qui a déjà rencontré la présidente de la commission de l'Union Africaine et le président de la Mauritanie, entend renforcer ainsi son ancrage sur le continent et participer au développement de l'Afrique."

Le dictateur reçoit les leaders du CRAN, orgaanisation fondée sur la défense des gens de couleur noire : "Louis-Georges Tin et Guy Samuel Nyoumsi n'ont pu que remercier le président Compaoré de son accueil et de son écoute. Le CRAN qui a déjà rencontré la présidente de la commission de l'Union Africaine et le président de la Mauritanie, entend renforcer ainsi son ancrage sur le continent et participer au développement de l'Afrique."

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