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Comment le peuple est-il en train de reprendre le pouvoir en Grèce ?

par Yiannis Burnous, Dimitris Stratoulis, Theano Fotiou 24 Janvier 2015, 23:41 Grèce Elections législatives Gauche

Comment le peuple est-il en train de reprendre le pouvoir en Grèce ?
Comment le peuple est-il en train de reprendre le pouvoir en Grèce ?
Avant les élections législatives du 25 janvier
Par Yiannis Burnous, Dimitris Stratoulis, Theano Fotiou
Traduction : Vassiliki PAPADAKI
L’humanité.

Yiannis Burnous est membre du comité exécutif du Parti de la gauche européenne Dimitris Stratoulis est syndicaliste et député Syriza, responsable de la commission Emploi, Theano Fotiou est députée Syriza.

Défaire la campagne de terreur dirigée contre les peuples européens.
Par Yiannis Burnous Membre du comité exécutif du Parti de la gauche européenne

Il reste peu de jours de vie à la coalition désastreuse de la droite et de la social-démocratie qui gouverne la Grèce. Le 25 janvier, le peuple grec est appelé à faire un pas historique décisif : mener à bout la « révolution ¬démocratique » de juin 2012 et donner à Syriza et ses alliés les moyens ¬politiques pour gouverner le pays. Les peuples d’Europe, les forces politiques de la gauche européenne et tous les mouvements démocratiques et progressistes en Europe dirigent leur attention vers la Grèce.

La victoire décisive de Syriza aux élections grecques peut mettre un terme aux politiques des mémorandums et à la stratégie de l’austérité, et déclencher des évolutions progressistes dans l’ensemble de l’Europe. Le 25 janvier, la peur changera enfin de camp : elle sera dans le camp de l’adversaire, des néolibéraux fondamentalistes, qui ont transformé la Grèce et les autres pays dits PIIGS ¬(Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) en laboratoires d’une expérimentation absurde et barbare.

Le moment de la défaite est arrivé pour les épigones de Friedman. C’est bien pour cela que les médias internationaux du système dominant se sont adonnés ces derniers jours à une campagne de peur et de mensonge sans précédent à l’encontre de Syriza et de la volonté du peuple grec. Ils pressentent que le consensus silencieux – silence de cimetière – dans l’Union européenne et dans l’eurozone approche vers sa fin. Ils s’aperçoivent que la rupture en Grèce avec l’austérité et l’énonciation d’une contre-proposition élaborée pour la gestion des dettes publiques de la Grèce et de l’eurozone vont introduire un immense changement au rapport des forces sociales et politiques en Europe et vont élever le moral, l’espoir et les attentes des peuples européens en opposition aux choix de leurs gouvernements néolibéraux, de la direction de l’Union européenne et de la troïka.

L’objectif de Syriza et de la gauche européenne est la récompense de l’espoir naissant des peuples de notre continent. Notre objectif est que la victoire de Syriza en Grèce se mue en une vague déferlante qui, en passant par la suite par l’Espagne et l’Irlande, remettra en question « l’hégémonie inébranlable » de Mme Merkel, des banquiers, des marchés et de leurs alliés politiques, droitistes, sociaux-démocrates et libéraux. Depuis le moment où en Grèce des élections anticipées ont été proclamées, nous sommes les destinataires de milliers de messages de solidarité, individuels ou collectifs, en provenance de chaque coin d’Europe et du monde. Des dizaines de camarades européens nous informent qu’ils se rendront les jours des élections à Athènes pour renforcer notre combat préélectoral et partager avec nous la victoire historique de la gauche.

Nous n’avons qu’un seul message à adresser à chacun de nos alliés européens, citoyen ou collectif de la gauche, de la démocratie, des mouvements sociaux : il faut porter la vérité sur le programme de gouvernance de Syriza à chaque coin d’Europe, pour défaire avec votre aide la campagne de terreur dirigée contre les peuples ¬européens. L’heure est là pour l’espoir de l’emporter sur la peur !

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Une majorité, un gouvernement et un plan d’action immédiat
Par Dimitris Stratoulis Syndicaliste, député Syriza, responsable de la commission Emploi

La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos, qui, après avoir pillé la société pendant deux ans et demi, a consenti récemment à des nouveaux engagements envers la troïka des créanciers pour l’imposition de mesures antisociales supplémentaires, appartient désormais au passé. Syriza a atteint l’objectif de son renversement. Le peuple grec a maintenant la parole. C’est lui qui imposera son choix avec son vote le 25 janvier 2015. Devant les urnes, deux options s’ouvrent à lui. La première est celle de la continuation des politiques désastreuses de l’austérité. La seconde est leur renversement et leur remplacement par un plan de développement qui vise le redressement productif et social effectif du pays.

Le gouvernement et ses amis en Grèce et à l’étranger tentent, avec la diffusion de la peur et d’un discours alarmiste autour de Syriza et de la perspective d’un gouvernement de gauche, d’intimider un peuple ¬exsangue après cinq ans d’application des mémorandums antisociaux. Des mesures qui ont ruiné ses salaires, ses retraites, ses droits acquis et ont propulsé la récession, le chômage et la pauvreté à des niveaux stratosphériques.

L’alarmisme du gouvernement grec, des cercles dirigeants du FMI, de la zone euro et de l’Allemagne avec le chantage des hypothétiques attaques des marchés ne fait pas peur à Syriza. Au contraire, cela renforce notre détermination en tant que futur gouvernement de gauche soutenu par les combats et le vote du peuple grec à promouvoir et à appliquer à la lettre les dispositions de notre programme, sans succomber ni aux menaces, ni aux chantages, ni aux pressions de l’establishment national et international relayées à profusion par les médias dévoués à leur cause.

Les critères de nos décisions, en tant que gouvernement progressiste de la gauche, ne seront pas les exigences brutales et humiliantes des créanciers et des fonds spéculatifs, mais la survie du peuple, la dignité de notre pays, l’avenir de la jeune génération et aussi le besoin de frayer des nouvelles voies prometteuses pour tous les peuples de l’Europe, en renversant les politiques destructrices d’une austérité sans fin.

L’objectif de Syriza est d’obtenir une majorité parlementaire aux élections et la formation d’une alliance – indépendamment du résultat électoral – avec d’autres forces de la gauche et de l’écologie radicale pour former un gouvernement.

Ce gouvernement de gauche aura comme priorités essentielles l’annulation des mémorandums de rigueur et leur remplacement par un plan de développement qui favorisera la restructuration productive. Il s’attaquera immédiatement aux problèmes urgents du chômage, du rétablissement des revenus de la classe ouvrière, des droits sociaux, de la protection législative du travail et de tous les droits démocratiques qui ont été abrogés les dernières années. Dans ce but, la renégociation des accords de prêt avec les créanciers afin d’annuler les clauses abusives, les clauses « coloniales » qui étranglent la population et d’effacer une grande partie de la dette publique, est nécessaire et primordiale.

Pour faire face aux problèmes sociaux immédiats des victimes de la crise économique et pour relancer l’économie, un plan d’action sera présenté immédiatement au Parlement. Les projets de loi qui seront soumis en priorité au vote des députés concernent :

– le rétablissement du salaire minimum à 751 euros (celui-ci ayant été réduit à 586 par les lois mémorandaires) et du treizième mois pour les retraites inférieures à 700 euros ;

– la suppression des mesures législatives qui ont permis les licenciements abusifs dans la fonction publique et la réembauche des victimes concernés ;

– le rétablissement des lois de travail qui protègent les salariés du privé contre les licenciements abusifs et la suppression des mesures antidémocratiques qui permettent au gouvernement de réquisitionner abusivement et autoritairement les grévistes ;

– la mise en œuvre des mesures qui facilitent le remboursement des dettes des personnes physiques et des PME envers les caisses de l’État ou des assurances, des dettes des foyers surendettés envers les banques, en prévoyant même la possibilité de l’effacement d’une partie de leur dette égale à la perte des revenus liée à l’application des mesures mémorandaires.

En même temps, le gouvernement prendra une série des mesures pour remédier aux problèmes liés à la crise humanitaire : accès au courant électrique pour les ménages pauvres, des coupons alimentaires pour les personnes démunies, la mise à disposition des logements pour les sans-abri, l’accès aux services de santé pour les personnes sans couverture sociale, l’accès gratuit aux moyens de transport publics pour les chômeurs et les pauvres et la réduction de la taxe appliquée sur le fioul de chauffage.

Ces mesures constitueront le premier pas de l’application de notre plan de développement antimémorandaire. Son application présuppose la mobilisation et le soutien du peuple grec, la solidarité des peuples européens, l’alliance avec toutes les forces syndicales progressistes de la gauche européenne et aussi avec les gouvernements du Sud frappés par la pauvreté.

La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos et l’élite politique et économique qui dirige actuellement l’Europe utilisent la peur comme arme. Syriza et le Parti de la gauche européenne représentent l’espoir de notre peuple et de tous les peuples européens pour un meilleur avenir. Optimistes, nous croyons que nous pouvons changer la situation en Grèce et en Europe. L’avenir est en marche.


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Un avenir commun contre l’austérité et la déflation
Par Theano Fotiou Députée Syriza

La Grèce a été le pays d’Europe où les classes populaires ont subi la plus violente politique néolibérale d’austérité décidée par la troïka, par le biais des mémorandums. Les objectifs étaient évidents : suppression des conventions collectives et des droits acquis, abandon de l’État social (éducation, santé, sécurité) au privé, privatisations et liquidation du patrimoine public grec et des richesses naturelles du pays, confiscation des patrimoines privés grecs par la surimposition au profit des vautours étrangers des marchés. Dans un laps de temps de cinq ans, l’économie a été détruite, le chômage a atteint 27 % et 62 % pour les jeunes, les revenus ont été réduits de 50 %, les retraités ont été anéantis, 3,5 millions de citoyens se sont retrouvés en dessous du seuil de pauvreté. Les jeunes émigrent massivement et la dette publique est passée de 120 % en 2009 à 175 % du PIB. Et naturellement, elle ne peut pas être remboursée. Le peuple grec devait être puni de façon exemplaire, à titre d’avertissement pour le reste des peuples européens. L’économie et la société ont subi des dommages d’une guerre non déclarée. Le peuple souffre. La Grèce, un pays de l’UE en temps de paix, se trouve face à une crise -humanitaire : suicides, enfants qui s’évanouissent de faim à l’école, propagation des maladies infantiles puisque les enfants ne sont plus vaccinés et 35 % des familles se trouvent en dessous du seuil de pauvreté.

Le peuple grec n’a pas plié. Des vagues de grèves et des manifestations massives ont mobilisé le pays, tandis que les citoyens se sont retournés pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale vers la gauche radicale, vers Syriza. En même temps le peuple grec a commencé à s’auto-organiser en créant des structures de solidarité sociale sur tout le pays afin de survivre et de résister. Personne ne reste seul face à la crise. Solidarité et résistance ont été les mots d’ordre. Des centres de santé et des pharmacies solidaires, des cantines sociales, des distributions de colis alimentaires, des nouveaux marchés sans intermédiaires de distribution, des écoles solidaires pour les Grecs et les étrangers, et tous les jours nous voyons apparaître de nouvelles formes de collaboration sociale. Suivant les règles de la ¬démocratie participative, les décisions sont prises en assemblées générales ouvertes garantissant la participation égalitaire de tous, solidaires et bénéficiaires, Grecs et étrangers. Par leur action, ces cellules d’autogestion renversent le modèle idéologique du néolibéralisme (concurrence, personnalisation et privatisation).

La crise transforme les identités. Les structures de solidarité sociale accélèrent les transmutations identitaires et politiques. Les structures de la solidarité révèlent le caractère politique de la crise. Parallèlement, le besoin de survie devient créateur des nouveaux savoir-faire de la pauvreté. Il démontre l’effet multiplicateur de la participation citoyenne. Les structures alimentaires qui se développent sur l’étendue du ¬territoire grec se sont très rapidement intéressées aux surplus, au gaspillage, aux produits terrés par les producteurs ou détruits par les usines, aux aliments jetés par les restaurants et les magasins, aux médicaments et aux habits dont les familles ne se servent plus. Des produits qui sauvent des vies alors que le capitalisme préfère détruire pour accroître la valeur ajoutée du capital.

Cette Europe-là doit changer. Un cordon ombilical lie les structures de solidarité avec la gauche radicale. Leurs pratiques journalières ont enrichi le discours et le programme de Syriza. La lutte contre la crise humanitaire constitue un des grands axes du programme politique de Syriza et englobe les mesures immédiates qui vont être prises afin que personne ne se trouve plus sans toit, sans médicaments, sans chauffage, sans courant électrique. Syriza désire devenir le porte-parole de tous ceux qui ont nourri sa réflexion, qui ont amplifié sa force et sa voix pour revendiquer aujourd’hui la gouvernance du pays, pour supprimer les mémorandums et l’austérité, pour négocier l’effacement de la plus grande partie de la dette, non seulement pour le peuple grec mais pour le bien de toute l’Europe. Pour devenir l’initiateur d’un changement historique qui aura comme devise : « Cette Europe-là, elle se change ou elle s’autodétruit. »

C’est pour cela que nous demandons aujourd’hui la solidarité de tous les peuples de l’Europe pour un avenir commun contre l’austérité et la déflation, contre l’expansion du fascisme et du racisme.

Pour l’Europe de la cohésion sociale et de la solidarité. « Pour l’humain avant le gain et pour un autre monde (qui) est possible », deux devises qui revendiquent les valeurs du socialisme comme des valeurs intemporelles de la gauche.

Solidarité avec la Grèce Plus de 80 personnalités ont lancé un appel intitulé « Grèce : Rendons-leur la démocratie ! Troïka basta ! », dans lequel ils scandent : « Union européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider ! » À retrouver et à signer sur troikabasta.wesign.it/fr Un appel a également été lancé à l’échelle internationale. Intitulé « Changer la Grèce, changer l’Europe. Changer pour toutes et tous », il rassemble 300 premiers signataires, parmi lesquels : Immanuel Wallerstein, Giorgo Agamben, Noam Chomsky, Judith Butler, Tariq Ali, Chakravotry Spivak, James K. Galbraight, David Harvey, Ken Loach, Étienne Balibar, Slavoj Zizek , Stephan Schulmeister, Jacques Testart, Susan George, Thomas Coutrot, Dominique Plihon, Aurélie Trouvé, Jean-Pierre Dubois, Gérard Aschieri, Jean-Yves Camus, Henri Sterdyniak, Roland Gori, Bernard Dreano, Gus Massiah, Jacques Généreux, Jean-Marie Harribey, Philippe Marlière, Dominique Meda, etc. Pour le retrouver et le signer en ligne, allez sur : www.with-the-greeks.eu
Sur le terrain économique, le traitement austéritaire a eu l’effet d’un poison. Le petit capital a été broyé (90 000 PME grecques ont disparu entre 2008 et 2011). Le fragile appareil productif grec est brisé, tandis que les entreprises publiques sont bradées au profit des multinationales, des fonds de pension et de l’élite financière grecque. Pour Yannis Eustathopoulos, économiste travaillant pour l’institut du travail de la Confédération générale des travailleurs grecs, les politiques conduites depuis cinq ans « participent à la formation d’un modèle de croissance économique par dégradation du travail, des droits sociaux, de l’environnement et de la cohésion territoriale ». Ces mutations n’ont pas pour autant permis à la Grèce de réduire le fardeau de la dette. Son ratio par rapport au produit intérieur brut (PIB) était de 113 % en 2009, avant la crise. Il atteint aujourd’hui 175 %. Quant aux 226,7 milliards « d’aides » octroyées par la troïka depuis 2010, en contrepartie d’un sévère programme d’ajustement structurel, ils ont pour l’essentiel bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

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Solidarité avec la Grèce Plus de 80 personnalités ont lancé un appel intitulé « Grèce : Rendons-leur la démocratie ! Troïka basta ! », dans lequel ils scandent : « Union européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider ! » À retrouver et à signer sur troikabasta.wesign.it/fr Un appel a également été lancé à l’échelle internationale. Intitulé « Changer la Grèce, changer l’Europe. Changer pour toutes et tous », il rassemble 300 premiers signataires, parmi lesquels : Immanuel Wallerstein, Giorgo Agamben, Noam Chomsky, Judith Butler, Tariq Ali, Chakravotry Spivak, James K. Galbraight, David Harvey, Ken Loach, Étienne Balibar, Slavoj Zizek , Stephan Schulmeister, Jacques Testart, Susan George, Thomas Coutrot, Dominique Plihon, Aurélie Trouvé, Jean-Pierre Dubois, Gérard Aschieri, Jean-Yves Camus, Henri Sterdyniak, Roland Gori, Bernard Dreano, Gus Massiah, Jacques Généreux, Jean-Marie Harribey, Philippe Marlière, Dominique Meda, etc. Pour le retrouver et le signer en ligne, allez sur : www.with-the-greeks.eu

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