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Contre Wikileaks, Google a collaboré avec la justice américaine (MdP)

par Agathe Duparc 27 Janvier 2015, 18:27 Google USA Espionnage Wikileaks Justice

Contre Wikileaks, Google a collaboré avec la justice américaine
Par Agathe Duparc
Mediapart

Lundi 26 janvier, Baltasar Garzón, qui coordonne la défense de Wikileaks et de son co-fondateur Julian Assange, toujours reclus à l'ambassade de l'Équateur à Londres, était à Genève en compagnie de journalistes et de juristes pour dénoncer « un terrifiant précédent pour les libertés de la presse dans le monde entier ». Le moteur de recherche a avoué fin décembre avoir transmis des données de membres de Wikileaks à la justice américaine sans les prévenir.

Genève, de notre correspondante.- Alors que Julian Assange vit depuis le 18 août 2012 reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres, visé par un mandat d’arrêt émis par des magistrats suédois dans une affaire d’agression sexuelle, et menacé d’extradition vers les États-Unis pour espionnage s’il quitte les lieux, c’est désormais un autre scandale aux contours encore flous qui se profile.

Lundi 26 janvier, une petite délégation de journalistes et de juristes de Wikileaks, conduite par le juge espagnol Baltasar Garzón (il dirige depuis juillet 2012 l’équipe de défense du site de publication de documents confidentiels et de son co-fondateur), était à Genève pour révéler les agissements de Google et son incroyable connivence avec la justice américaine. Et dénoncer une fois encore l’arbitraire de la détention de Julian Assange, englué dans une procédure sans fin.

L'équipe Wikileaks à Genève. En partant de la droite : Baltasar Garzón, Sarah Harrison, Kristinn Hrafnsson et Melinda Taylor © Reuters

L'équipe Wikileaks à Genève. En partant de la droite : Baltasar Garzón, Sarah Harrison, Kristinn Hrafnsson et Melinda Taylor © Reuters

Le 23 décembre 2014, la juriste Sarah Harrison, responsable des enquêtes à Wikileaks, le journaliste Kristinn Hrafnsson, son porte-parole, et Joseph Farwell, le responsable d’édition, ont chacun reçu une notification de Google. Le géant du web leur annonçait que la Cour de district de l’est de Virginie avait demandé en avril 2012 à avoir accès à l’ensemble des données de leurs comptes Google. Le mandat signé par le juge fédéral John F. Anderson (voir ici) vise à obtenir le contenu de tous leurs e-mails (y compris les brouillons), les métadonnées qui y sont associées, ainsi que les adresses de contacts. Mais également l’historique de toutes les connexions et adresses IP correspondantes, ainsi que les numéros de cartes bancaires associés aux comptes. Voir ci-dessous.

Contre Wikileaks, Google a collaboré avec la justice américaine (MdP)

Cette « pêche aux informations », comme l’a qualifiée Sarah Harrison, doit servir à réunir des « preuves » dans le cadre d’une procédure ouverte pour « espionnage », « conspiration », « vol ou pillage de biens appartenant au gouvernement des États-Unis » et « violation de la loi sur la fraude et l’abus informatique » qui vise Wikileaks et Julian Assange. Toutes ces infractions cumulées sont passibles de 45 ans de prison. Selon les responsables de Wikileaks, cette requête est liée à une enquête secrète – grand jury – ouverte en février 2010 par la justice américaine à la suite des révélations de nombreux documents secrets de l'administration américaine. Dans un communiqué, ils estiment qu'il s’agit « d’un terrifiant précédent pour les libertés de la presse dans le monde entier », le gouvernement américain revendiquant « l’application d’une juridiction universelle » pour ces délits « contre des journalistes et des éditeurs »...

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