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Ne pas réduire le racisme à l’apartheid

par South African Civil Information 26 Janvier 2015, 09:11 Racisme Apartheid Afrique du sud

Ne pas réduire le racisme à l’apartheid
Ne pas réduire le racisme à l’apartheid
South African Civil Information
Renapas
Traduction Jacqueline Dérens

Dans son article Ne pas réduire le racisme à l’apartheid, publié par South African Civil Information, Richard Pithouse, professeur de sciences politiques à Rhodes University, revient sur le fait que le racisme, qui a des aspects qui se perpétuent depuis le 17éme siècle, évolue dans le temps et l’espace. Ce qui était accepté en d’autres temps est jugé aujourd’hui outrancier, mais le racisme se coule dans d’autres formes de pensée et de façon de vivre plus subtiles mais qui n’en sont pas moins racistes.

Pour alimenter notre propre réflexion sur ce qu’est le racisme, je donne ici ma traduction d’extraits de son article :

…« En Europe occidentale, les Musulmans ont remplacer les Juifs comme une menace imaginaire contre ce qui été conçu comme une façon de vivre chrétienne, fréquemment remplacée aujourd’hui par ce qu’on appelle la façon de vivre judéo-chrétienne »...

…« le racisme n’est pas que le Ku Klux Klan, le nazisme en Allemagne ou l’apartheid en Afrique du Sud. Il ne porte pas seulement une cagoule blanche, un uniforme fasciste ou kaki. Il porte aussi un costume ou des chaussures Manolo Blahniks. Il parle Anglais ou Français, et aussi l’Afrikaans. On le trouve en abondance dans le Daily Mail, dans les films pour enfants de Walt Disney, à la Banque Mondiale et dans certains cas, sous une certaine forme de consensus dans les plus prestigieuses université »...

…« En Europe aujourd’hui, personne dans une société bien élevée n’apporterait son soutien à un adolescent fasciste des bas fonds de Leipzig ou ne nierait le massacre de masse des Juifs d’Europe dans les années 1940. Mais ils acceptable de répondre aux meurtres qui ont récemment bouleversé Paris en affirmant implicitement que la France fait partie d’une civilisation moralement supérieure et effacer de son histoire le massacre des Algériens à Paris en 1961, le racisme quotidien qu’ont connu les descendants des immigrants venus du nord ou de l’ouest de l’Afrique ou le permanent soutien de la France à l’impérialisme… ».

… « Si nous voulons comprendre correctement pourquoi notre société est devenue ce qu’elle est, nous ne pouvons pas dire que l’apartheid est la seule cause de nos problèmes, l’apartheid entendu comme une erreur embarrassante dans un contexte qui admet comme un fait acquis la race blanche est globalelement « éclairée. Au contraire, nous devons prendre sérieusement en considération que l’apartheid n’est qu’un épisode dans une longue histoire de domination coloniale avant l’apartheid et les relations de pouvoir néo-coloniaux qui perdurent après l’apartheid en Afrique du Sud, et sur la scène mondiale. Nous devons prendre sérieusement en considération le peu de valeur qu’en 2015 , on accorde à la vie des Blancs et des Noirs aux Etats unis, ou à la vie des gens au Congo, à Gaza au Mexique ou en France »…

… « Aujourd’hui , il est facile de rejeter l’apartheid sous ses formes les plus grossières et de considérer que le racisme fait partie du passé tout en niant la présence du racisme dans l afaçon de parler et d’exercer le pouvoir qui est socialement autorisé dans le monde contemporain. Les formes contemporaines du racisme répète parfois le langage et les attitudes du passé. Mais cela n’a plus de légitimité sur la scène publique et il est facile de l’identifier et de s’y opposer. Cependant la forme contemporaine du racisme parle aussi une langue internationale, parfois avec un accent français ou américain, une langue qui n’est pas considérée comme un langage arriéré et provincial, un langage autorisé à l’université d’Harvard ou dans le Daily Mail. Cela permet à toute une gamme de discours autorisés – le rejet du crime, la défense de l’environnement, les droits humains, le féminisme, l’engagement pour l’excellence, la rigueur philosophique et la rationalité économique , d’être utilisé au service d’objectifs racistes. Ce qui rend la lutte contre le racisme beaucoup plus complexe que d’en dénoncer ses formes les plus grossières »...

Et il conclut : « Si les Sud-Africains blancs n’abandonnent pas une identification avec ce qu’il imagine être la supériorité morale inhérente à l’Occident, ils continueront, tout en méprisant les formes grossières du racisme, à moderniser au lieu d’éradiquer leur racisme ». http://sacsis.org.za/site/article/22 h

Traduction Jacqueline Dérens

Plus d'informations : sacsis

Publié le dimanche 25 janvier 2015

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