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De la Syrie au Nigeria en passant par la Libye. L'empire étatsunien et l'Etat islamique : le récit de deux cultes mortels (BAR)

par Glen Ford 23 Février 2015, 12:35 Articles de Sam La Touch USA Américafrique France Grande-Bretagne Syrie EI Boko Haram

L'empire étatsunien et l'Etat islamique : le récit de deux cultes mortels

Article originel : The U.S. Empire and ISIS: A Tale of Two Death Cults

Black Agenda Report


Traduction SLT
De la Syrie au Nigeria en passant par la Libye. L'empire étatsunien et l'Etat islamique : le récit de deux cultes mortels (BAR)

"Obama est un lanceur de flammes, un cracheur d'incendie, un pyromane dont la mission est d'incinérer la capacité de l'humanité à résister - une vision partagée par le culte mortel des djihadistes."

Le président Obama est un maître de l'offre et de la demande militaire. Ses agents et alliés fournissent les djihadistes avec suffisamment d'armes, de financement et, dans le cas de la Libye, une force aérienne euro-étatsunienne, pour plonger de vastes étendues de l'Afrique et de l'Asie dans un chaos sanglant, créant ainsi une demande d'intervention par la nation "indispensable" à la planète : les Etats-Unis. C'est un processus diabolique pour fomenter l'enfer sur terre, porté par une logique simple : les Etats-Unis n'étant seulement supérieurs au reste du monde qu'en termes militaires, Washington trouve son ultime avantage à transformer le monde entier en un champ de bataille. L'impérialisme étatsunien en phase de déclin terminal ne voit de salut que par la guerre mondiale.

Par nécessité, Obama est un lanceur de flammes, un cracheur d'incendies, un pyromane ayant pour mission d'incinérer la capacité de l'humanité à résister - une vision partagée par le culte mortel des djihadistes que les Etats-Unis ont incubé pendant les quatre dernières décennies.

L'État islamique, engendré par Al Qaida, qui a été engendré par l'Arabie saoudite, le Pakistan et les Etats-Unis en Afghanistan, déclare maintenant sa souveraineté sur des régions de la Libye, après avoir occupé une grande partie de la Syrie et de l'Irak et planté son drapeau noir dans le sud du Yémen et de la banlieue de Paris, où sa présence symbolique est suffisante pour conduire des millions d'Européens dans une croisade décrépit. Un sous-continent de voleurs qui ont pillé la planète pendant un demi millénaire ... - comme si l'Europe n'avait pas déjà assez volé de terres africaines et asiatiques il y a longtemps. En fin de compte, l'Europe enverra plus d'armes aux djihadistes, mimant l'Oncle Sam.


"Boko Haram s'est montré très utile pour la consolidation de la domination militaire étatsunienne en Afrique de l'Ouest."

Cette semaine, comme chaque année, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et d'autres Etats européens pirates rejoindront les exercices militaires de l'Africom (US Africa Command), visant à approfondir la dépendance de forces armées africaines envers les armes de l'Occident, ainsi qu'au niveau de leur formation et de leur finance. Le Tchad, un état client de Washington et Paris, est l'hôte spécial de l'exercice - en fait les participants africains ne peuvent effectivement pas dire non à une proposition impériale. Ces manoeuvres ont convergé avec une offensive militaire régionale contre Boko Haram, les djihadistes du nord du Nigeria ont gagné beaucoup de terrain depuis que les Etats-Unis et l'OTAN ont soutenu les djihadistes arabes en Libye, en 2011. Les armes libyennes qui ont irradié au sud à travers le désert du Sahara, apportent l'instabilité à la vaste région du Sahel - qui est comme le miel de l'abeille Pentagone. L'armée étatsunienne a annoncé qu'elle allait "équiper en système de communications et de renseignements" les cinq nations qui se préparent à combattre Boko Haram autour du lac Tchad riche en pétrole - le double-langage impérialiste a permis aux Etats-uniens de prendre à son compte les mécanismes de commandement et de contrôle des armées du Tchad, du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Bénin. Boko Haram s'est avéré très utile pour la consolidation de la domination militaire étatsunienne en Afrique de l'Ouest.

Pendant ce temps, le saccage djihadiste a bouclé la boucle en Libye, où les deux groupes terroristes, Etat islamique (EI) et Al-Qaïda, ont plusieurs bastions. Les djihadistes "ultras" sont les plus profondément ancrés dans Derna, une ville portuaire à l'est de Benghazi... Lorsque les États-Unis et l'OTAN ont finalement détruit les forces de Mouammar Kadhafi après sept mois de bombardements, des centaines de djihadistes ont été envoyés en Syrie, dans l'espoir de répéter le processus contre le président Bachar al-Assad. Beaucoup sont depuis retournés en Libye, emportant le drapeau noir de l'Etat islamique avec eux.


«Les armes libyennes ont inondé le sud à travers le désert du Sahara, ce qui a entraîné l'instabilité dans la vaste région du Sahel - Qui est devenu comme le miel de l'abeille Pentagone"

Le dictateur égyptien Abdel Fattah al-Sissi, un partisan de l'un des trois "gouvernements" fantôches en Libye, a bombardé des cibles de l'Etat islamique (EI) à Derna après la décapitation de 21 travailleurs migrants chrétiens coptes égyptiens. L'atrocité, combinée à une déclaration d'allégeance à l'EI de certains rebelles islamiques de la péninsule égyptienne du Sinaï, a poussé al-Sisi à demander à la coalition menée par les USA contre l'EI de mettre la Libye sur sa liste de bombardements - une invitation de la nation arabe la plus peuplée du monde pour étendre la portée des opérations militaires des États-Unis à la frontière occidentale de l'Egypte.

La Jihad est vraiment une bénédiction pour les objectifs des impérialistes -, mais il n'y a rien de fortuit dans ce qui se déroule actuellement. Les États-Unis (la France et la Grande-Bretagne, ndt) ont installé les djihadiste au pouvoir en Libye, menant directement à la déstabilisation de vastes régions dans le Sud, qui à son tour a facilité la mission de l'Africom (US Africa Command) à dominer militairement le continent. La guerre par procuration menée par les États-Unis contre la Syrie au travers des djihadistes a été l'incubateur de l'EI, offrant aux États-Unis une nouvelle ouverture en Irak, un prétexte pour intervenir ouvertement en Syrie, et maintenant une chance de pouvoir rentrer en Libye en déguisement du pourfendeur des hordes djihadistes que les États-Unis ont armés, financés et habilités il y a seulement quatre ans.

L'EI a été une telle aubaine pour la stratégie guerrière fomenter par les États-Unis, qu'Obama en a été enhardi pour exiger que le Congrès lui donne à nouveau pendant trois ans, des pouvoirs pratiquement illimités pour redémarrer une guerre au terrorisme. Comme George Bush avant lui, Obama refuse de fixer des limites géographiques à la portée de sa croisade contre l'EI et ses «associés». Le monde est son échiquier de guerre, il peut appeler les pièces comme il le souhaite, et constituer les règles en cours de route. Chaque mouvement est calculé pour conduire à une plus grande militarisation des relations entre les nations et les peuples, parce que l'armée est le costume le plus fort des Etats-Unis - en fait, son seul costume.

La vérité est, que les dirigeants des États-Unis ont autant un culte de la mort que l'État islamique, bien que l'impérialisme US soit infiniment plus dangereux. Faisons de notre mieux pour les envoyer à leurs paradis respectifs.


Glen Ford est l'éditeur exclusif de BAR et peut être contacté à Glen.Ford@BlackAgendaReport.com

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