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HSBC, des révélations orientées (Mondafrique)

par Mondafrique 9 Février 2015, 21:03 HSBC Mohamed VI Le Monde Françafrique François Hollande France Suisse

Alors que le roi du Maroc est en visite à Paris, le quotidien Le Monde révèle que la famille royale compte parmi les nombreux clients de la filiale suisse de la banque HSBC qui se trouve au coeur d'un scandale international de fraude fiscale. Rabat est-il ciblé ?

Dans une grande enquête publiée lundi 9 février, le journal "Le Monde" dévoile l’existence d’un gigantesque système de fraude fiscale internationale bâti autour de la filiale suisse de la banque britannique HSBC. Parmi la longue liste des clients de l’établissement, le quotiden met en avant la présence de plusieurs membres de la famille royale marocaine dont le roi Mohammed VI lui-même, codétenteur avec son secrétaire particulier, Mounir El-Majidi, d’un compte enregistré en Suisse. Des révélations qui interviennent alors même que le monarque était reçu cet après midi en visite à l'Elysée.

Pression sur le Maroc

Pourquoi "Le Monde" vise-t-il précisément les autorités marocaines alors même que les listings auxquels les journalistes ont eu accès font apparaitre de nombreuses autres personnalités politiques, des vedettes du showbiz, des icônes du sport ou encore de grands patrons ? Plusieurs journaux qui ont pu consulter ces données bancaires ont ainsi choisi de s’attaquer à d’autres fraudeurs. Le quotidien suisse « Le Temps » cite notamment un ancien ministre des finances haïtien, un avocat anglais impliqué dans une vaste opération de corruption au Nigéria ou encore un chef d’entreprise turc, placé sous sanctions américaines pour avoir aidé le programme nucléaire libyen. Pourquoi réserver un traitement particulier au royaume chérifien alors que le montant maximal enregistré sur le compte de Mohamed VI s'élève à 7,9 millions d’euros, une broutille comparée à d'autres fortunes identifiées allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliards d'euros ? Pourquoi par ailleurs ne faire apparaitre aucune personnalité politique algérienne ?

Autant d’interrogations qui posent plus généralement la question des retrouvailles entre la France et le Maroc dont les relations sont extrêmement tendues depuis un an. Malgré l’armistice scellée par la reprise de la coopération judiciaire et antiterroriste entre les deux pays le 1er février et la perspective d’une rencontre à l’Elysée qui devait mettre fin à la brouille, des scuds continuent régulièrement d’être échangés. Dans un entretien au Monde le 2 février, le ministre des affaires étrangères marocain a notamment critiqué en des termes peu diplomatiques la politique de la France vis-à-vis du royaume chérifien. Des propos qui ont fortement déplu dans les cercles officiel français. Certains ne manqueront pas d’interpréter les révélations du Monde comme la réponse du berger à la bergère : une façon de faire pression sur les marocains pour qu’ils reviennent définitivement à de meilleurs sentiments.

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