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JDD, mode d’emploi d’une propagande officielle

par Laurent Brayard 12 Février 2015, 20:28 JDD Propagande Russophobie Journalisme

JDD, mode d’emploi d’une propagande officielle

Le 8 février 2015, dans les lignes du JDD paraissait un article du nom de « Ukraine, entre fuite et résignation ». Il s’agissait d’un reportage de deux très jeunes journalistes : Frédéric Lavoie et Pierre Sautreuil. Dans ce terrifiant exercice de pure propagande, les deux compères nous expliquaient la réalité de leur guerre…

L’article commence par l’évocation d’un civil ukrainien qui avait été évacué du chaudron du Debalstevo. Quelques milliers de soldats ukrainiens et de mercenaires se sont retrouvés en effet menacés d’encerclement par les forces des insurgés du Donbass dans une poche. Nous avons relaté comment les Ukrainiens avaient refusé l’évacuation des civils à travers leurs lignes, jusqu’à l’établissement d’un couloir humanitaire avec l’accord des deux protagonistes, dans un précédent article, traduction du vécu de deux correspondants de guerre russes… L’histoire était extrêmement différente de celle racontée par nos deux Français, journalistes « indépendants » (article la Tragédie D’Ouglegorsk http://novorossia.vision/fr/la-tragedie-d-ouglegorsk-l-exode-de-la-ville-des-morts/ ). Cette différence de ton montre bien déjà le parti pris des deux journalistes. Contrairement à l’équipe russe, les Français se trouvaient assurément assez loin du front, comme le prouve le témoignage recueillit, d’un évacué. Les Russes eux étaient au cœur des combats et suivaient les soldats de la République de Donetsk.

La suite du reportage continuait sur un ton très étrange pour des journalistes venus suivre les événements : « Aujourd’hui un tas de ruines, le complexe tout juste rénové pour l’Euro 2012 avait été tenu héroïquement durant des mois par les Cyborgs, un groupe de surhommes désormais vénérés à Kiev et dans une grande partie du pays ». Hallucinante déclaration reprise par les deux Français, nous parlant ici de la fameuse « race supérieure » ukrainienne, les hommes de Svoboda et de Pravy Sektor, les « Cyborgs », des machines à tuer en quelque sorte… comme nous l’avons vu en effet dans le Donbass durant toute l’offensive ukrainienne. Rappelons que dans la période d’avance offensive des Ukrainiens, plusieurs milliers de civils ont été massacrés dans le Donbass, par des tirs d’artilleries, directement par des bataillons de la mort du type, bataillon Azov, bataillon du Dniepr ou bataillon Aydar. Nous avons des milliers de photos des corps martyrisés des civils parfois massacrés dans les mêmes conditions que lors des massacres de la Shoah par balles où les supplétifs ukrainiens se distinguèrent tristement aux côtés des soldats hitlériens.

Et de citer le témoignage d’un Ukrainien : « quel genre d’hommes sont-ils en République Populaire de Donetsk pour bombarder ainsi des civils ? ». Il aurait été plus judicieux de dire que l’Armée ukrainienne elle-même avait refusé l’évacuation des civils, se servant justement d’eux comme bouclier humain, notamment pour compliquer le travail de nettoyage des caves et des points d’appuis en contraignant les assaillants insurgés à ne pas faire usage de leurs grenades. Un peu plus loin heureusement, sans doute pour faire illusion, le témoignage d’un véritable russophone est donné et il ne raconte pas franchement une histoire de cyborgs surhumains. Il s’agit d’un père qui a perdu son fils de quatre ans, de sa femme amputée d’une jambe et du dernier fils criblé d’éclats d’obus. Cette famille russophone massacrée, c’est déjà des milliers de personnes qui sont mortes depuis cet été. Avec une candeur insupportable dans l’analyse faussée que nos deux Français nous donnent, nous avons toutefois la carte de l’article que voici :

JDD, mode d’emploi d’une propagande officielle

Il est aisé de comprendre que l’armée ukrainienne a envahi les deux républiques qui ont proclamé leur indépendance. Les combats donc se déroulent dans la zone insurgée, habitée par les familles des insurgés, par les russophones, leur nombre est massivement majoritaire, les Ukrainiens de l’Ouest ne sont ici que marginaux, ce qui explique d’ailleurs l’insurrection du Donbass. Sur cette carte, il est loisible de visualiser qui a envahi qui et de comprendre que depuis cet été, les populations du Donbass sont quasiment les seules à être bombardées. D’une manière assez servile, nos deux camarades citant le témoignage de ce russophone qui parlait de Porochenko, n’ont pas pu s’empêcher de rajouter entre parenthèse, les marques de déférences [le président ukrainien] qui démontrent là encore l’allégeance des deux Français partiaux et clairement enlisés dans leurs contradictions. Bien qu’ils ne puissent sans malhonnêteté déroger de manière ouverte à l’éthique des journalistes, nos deux complices citent bien l’utilisation criminelle par les Ukrainiens de bombes à sous-munitions… qui n’auraient d’ailleurs fait selon eux que deux morts… Entre 5 000 et 8 000 civils russophones sont morts des tirs ukrainiens de toutes sortes, Messieurs les propagandistes…

Souhaitant assurément laisser le dernier mot aux Ukrainiens, l’article se termine par un dernier témoignage pro-ukrainien histoire de plonger directement dans la russophobie : « Ce ne sont pas ces abrutis de séparatistes ou toutes ces conneries qui me feront partir de chez moi ! ». Intéressant en effet d’expliquer que les insurgés sont ici responsables d’une invasion qu’ils subissent, de les insulter par la voix d’une femme qui n’existe d’ailleurs peut-être même pas. Si nous en croyions le parcours que décrivent les deux hommes, ils seraient donc passés de la zone des Ukrainiens à celle des insurgés… et cela sans fournir une seule photo. Celle utilisée dans l’article n’est qu’une photo de l’agence Reuters… agence de presse londonienne… Le doute dès lors s’installe, ces deux Français ont-ils vraiment pu se rendre dans la zone des insurgés ?

Pour finir penchons-nous sur nos deux brillants carriéristes qui ont probablement écrit ce qu’il pouvait vendre. Car en se cachant derrière un devoir d’impartialité, nos deux jeunes ne font en fait que faire ce qui leur a été appris. S’ils écrivaient autre chose, pourraient-ils vendre leurs articles ? Bien sûr que non… La censure des rédactions veille au grain. C’est désormais, pour des journalistes qui se disent indépendants, le triste et désastreux constat.

Le premier de nos gaillards, Frédéric Lavoie est un québécois cyborg/cyberjournaliste indépendant, titulaire d’une maîtrise de journalisme international, parlant couramment russe et qui selon une radio canadienne aurait passé « des années en Russie ». Il fut correspondant à Moscou pour La Presse et dès son retour s’empressa d’écrire un livre russophobe Aventures journalistiques en Post-Soviétie qui démontre à quel degré de mépris il tenait un pays qui l’avait pourtant nourri et accueilli « des années ! ». Le titre est éloquent, non moins que l’affirmation sans scrupule où il déclarait en 2009 : « Au mois de juin, Frédérick a couvert les élections iraniennes, visa de touriste en poche. « Je milite pour la liberté de presse, dit-il. Si le prix à payer est de mentir à une dictature ou à un régime autoritaire, ça ne me dérange pas ». Vous êtes prévenus, le mensonge dans son combat pour la vérité… est son adage !

Le deuxième fanfaron, se nomme Pierre Sautreuil. A peine âgé de 22 ans il annonce très vite la couleur quant au parcours désormais bien classique du formatage par les écoles des chiens de garde dénoncées par Serge Halimi en son temps. Étudiant au collège universitaire de Sciences Po Paris… passé par une année d’échange avec le fameux MGIMO de Moscou, Pierre est aujourd’hui et depuis 2013 en master journalisme à Sciences Po Paris… Lorsqu’il terminera en 2016, il aura passé pas moins de six années dans les murs de cette vénérable institution… de quoi laver un cerveau pour longtemps. Il s’enorgueillit d’un séjour linguistique au Kirghizistan à l’été 2013, d’un passage d’un mois dans le piètre canard Le Courrier de Russie à la réputation si terne pour tous ceux qui ont séjourné à Moscou et enfin d’avoir été stagiaire le mois dernier à l’AFP de Moscou.

Il indique également être courant en langue russe et être freelance (à la pige) pour L’Obs, Le Monde, L’Express, le JDD, RMC. Je vous laisse découvrir le blog incroyable de notre « Journaliste » : sur Vice Channel, cela ne s’invente pas ! Je vous laisse également en compagnie de ses parties de volley avec des naturistes gays de Moscou…. vous apprécierez le niveau et la conclusion déplorant par avance « l’arrêt de mort de ce petit coin fantasque au cœur de Moscou » (par la future faute de Poutine). Ou encore sur son mur de Vkonkat, le Facebook russe où il affiche en octobre 2012 une étrange vidéo pornographique très explique. Ce mur nous apprend qu’il a fait au moins deux séjours à Kiev en mars et juin 2014, avec des images bien sûr très tardives du Maïdan. Alors cher Pierre, à quand les parties de volley avec des naturistes nazis gays de Svoboda, l’appareil génital au vent derrière les portraits de Porochenko ?

Pour Pierre c’est la fête permanente, Champagne ! Ce sont les subventions de l’État pour les journaux dominants pour lesquels il travaille, qui abreuvées par vos impôts alimentent les frasques de ce genre de « journalistes d’élites »

Laurent Brayard | 11 février 2015

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