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Les Etats-Unis facilitent la guerre contre la Syrie en utilisant l'Etat islamique comme cheval de troie (NEO)

par Tony Cartalucci 22 Février 2015, 07:39 USA Syrie EI Instrumentalisation Guerre Impérialisme néocolonialisme Articles de Sam La Touch

Les Etats-Unis facilitent la guerre contre la Syrie en utilisant l'Etat islamique comme figure du méchant
Article originel : US “Easing Into” War with Syria Using ISIS Boogeyman
Par Tony Cartalucci
NEO

Traduction libre SLT
Les Etats-Unis facilitent la guerre contre la Syrie en utilisant l'Etat islamique comme cheval de troie (NEO)

Mis à jour 22.02.15 à 10h45

Les États-Unis sont à quelques frappes aériennes "accidentelles" d'une guerre totale avec la Syrie. Les États-Unis travailleraient avec la Turquie pour fournir des miliciens à l'intérieur de la Syrie avec des systèmes radios GPS afin de favoriser des frappes aériennes ciblées des États-Unis dans leur "lutte contre l'Etat islamique (EI)." Malgré le fait évident que ces miliciens sont en fait des combattants aux côtés de l'EI et combattent principalement l'armée arabe syrienne, et que ces frappes aériennes vont inévitablement être portées non pas sur des cibles de l'EI mais sur des cibles syriennes, les États-Unis assurent néanmoins au monde entier que ce n'est pas le cas.

Le London Telegraph a rapporté dans son article, "Moderate Syrian rebels ‘to be given power to call in US air strikes’" ("les rebelles modérés auront le pouvoir de déclencher les frappes aériennes US" ) que :

Les États-Unis prévoient de former quelque 5000 combattants syriens par an dans le cadre d'un effort visant à renforcer le mouvement rebelle contre le gouvernement du président Bachar al-Assad et les groupes extrémistes.

Le Wall Street Journal a rapporté que la formation initiale se concentrera sur l'aide aux rebelles pour tenir le terrain et résister aux combattants alliés avec l'Etat islamique en Irak et au Levant.

Le Telegraph signale également que :

Quatre à six unités de rebelles seront équipés de véhicules Toyota Hilux, de GPS et de radios afin qu'ils puissent identifier des cibles pour les frappes aériennes.

Même dans l'article du Telegraph, il est clair que ce plan sera inévitablement dirigé contre le gouvernement syrien et ses troupes, seule force laïque dans la région à lutter contre Al-Qaïda et l'EI.

Quels "rebelles modérés ?"

The Telegraph signale que les Etats-Unis et la Turquie vont former et équiper des «rebelles syriens modérés» afin de favoriser des frappes aériennes étatsuniennes. En réalité, de l'aveu même de l'Occident, les derniers rebelles soi-disant «modérés» agissant pour le front de l'OTAN se sont depuis longtemps fondus dans des groupes opérant directement sous la bannière d'Al-Qaïda.

Pour mettre en évidence l'absurdité de ce récent plan proposé par les Etats-Unis et la Turquie membre de l'OTAN, le Telegraph a lui-même signalé dans un précédent article intitulé "Syrian rebels armed and trained by US surrender to al-Qaeda", ("Les rebelles syriens armés et entraînés par les Etats-Unis se rendent à al-Qaïda"), que :

Deux des principaux groupes rebelles recevant des armes des États-Unis pour combattre à la fois le régime et les groupes djihadistes en Syrie se sont rendus à Al-Qaïda.

Les États-Unis et leurs alliés comptaient sur Harakat Hazm et le Front révolutionnaire syrien (FRS) pour faire partie d'une force terrestre qui attaquerait l'Etat islamique d'Irak et du Levant.

Durant les six derniers mois du mouvement Hazm, et du FRS, ceux-ci ont reçu des armes lourdes de la coalition sous commandement US, y compris des roquettes Grad et des missiles antichars TOW.

Mais samedi soir Harakat Hazm a rendu ses bases militaires et ses fournitures d'armes à Jabhat al-Nusra, lorsque la filiale d'Al-Qaïda en Syrie a pris d'assaut les villages qu'ils contrôlaient dans la province septentrionale d'Idlib.

De toute évidence, il n'y a pas de «modérés» à proprement parler, et pour ceux qui suivent le conflit syrien depuis le début, il est clair que les miliciens armés ont surgi à partir de réseaux d'extrémistes des Frères musulmans, financés et organisés depuis des années avant le soi-disant «printemps arabe», par les États-Unis, l'Arabie Saoudite et Israël dans le but explicite de créer une conflagration sectaire régionale de manière à effectuer un changement de régime en Syrie, au Liban et en Iran.

En effet, la présence actuelle d'Al-Qaïda (et de l'EI) en Irak et en Syrie, et leur rôle de premier plan dans la lutte contre le gouvernement de Damas proche de l'Iran, de Bagdad, et du Hezbollah au Liban, est la manifestation actuelle d'une conspiration criminelle occidentale exposée dès 2007. Révélée par le journaliste Seymour Hersh lauréat à deux reprises du prix Pulitzer dans son article, “The Redirection: Is the Administration’s new policy benefiting our enemies in the war on terrorism?”("La redirection : Est ce que la nouvelle politique de l'administration bénéficie à nos ennemis dans la guerre contre le terrorisme ?")

il a été indiqué explicitement que (nous soulignons) :

Pour affaiblir l'Iran, qui est à majorité chiite, l'administration Bush a décidé, en effet, de reconfigurer ses priorités au Moyen-Orient. Au Liban, l'Administration US a coopéré avec le gouvernement de l'Arabie saoudite, qui est sunnite, dans des opérations clandestines destinées à affaiblir le Hezbollah, une organisation chiite qui est soutenue par l'Iran. Les États-Unis ont également pris part à des opérations clandestines visant l'Iran et son allié en Syrie. Une conséquence de ces activités a été le renforcement des groupes extrémistes sunnites qui épousent une vision militante de l'Islam et sont hostiles aux Etats-Unis et favorables à Al-Qaïda.

Dès juin de l'année dernière, il a été signalé que l'EI serait utilisé comme un moyen d'attirer progressivement les forces étatsuniennes en vue d'une intervention militaire directe visant Damas même. Impossible de déclencher le conflit en utilisant le hoax des «armes de destruction massive», l'EI a fourni une série de provocations de plus en plus horribles pour aider à recueillir le soutien de l'opinion publique occidentale pour diriger une intervention militaire en Syrie.

Les groupes extrémistes annoncés par le rapport 2007 de Hersh sont indéniablement à l'avant-garde de tentatives soutenues par l'Occident pour renverser le gouvernement de la Syrie, affaiblir l'Iran, et le Hezbollah libanais. Il semble que l'Occident soit prêt à aller aussi loin que possible à l'exemple de la lutte menée aux côtés des véritables terroristes qu'ils ont instrumentalisés pendant plus d'une décennie afin d'envahir et occuper les nations de l'Afghanistan et de l'Irak, au prix de milliers de vies étatsuniennes et des centaines de milliers des vies irakiennes et afghanes.

Les Forces aériennes des Etats-Unis (US Air Force) sont devenues la Force aérienne de l'État islamique

Il est donc clair, que si tous les «rebelles modérés» sont en Syrie et ont fait allégeance à Al-Qaïda, alors les frappes aériennes des États-Unis guidées par ces miliciens seront essentiellement des frappes aériennes guidées par Al-Qaïda contre les seules forces légitimes dans la région luttant contre le terrorisme.

La création d'EI, tout comme lors de l'occupation étatsunienne de l'Irak, où Al-Qaïda a créé l' "Etat islamique d'Irak" pour maintenir un écart crédible, est tout simplement une tentative de construire une distance aux yeux de l'opinion entre les terroristes d'Al-Qaïda soutenus et armés directement par les Etats-Unis qui bénéficieront bientôt d'une couverture aérienne, et les atrocités manifestes menées par ces mêmes terroristes.

Alors que l'EI est actuellement utilisée par les Etats-Unis comme prétexte pour rendre légitime l'action récente US en faveur des rebelles, la réalité a plus à voir avec la volonté des Etats-Unis et de ses alliés de favoriser tout simplement une confrontation militaire directe avec l'armée arabe syrienne.

Comme les frappes aériennes étatsunienne commencent à frapper les positions syriennes, il est probable que finalement la Syrie ou ses alliés exerceront des représailles susceptibles de provoquer des mesures de rétorsion US au travers d'une campagne plus large et plus directe contre Damas même. Si la Syrie et ses alliés ne ripostent pas, les États-Unis sont susceptible de fabriquer une provocation de toute façon.

Entraver la Syrie et la capacité de ses alliés à fournir une dissuasion suffisante contre le début de cette dernière étape, la plus dangereuse et la plus désespérée de la guerre menée par les Etats-Unis contre la Syrie, devrait mettre les défenses syriennes dans l'impossibilité de pouvoir conjurer une opération du style de ce qu'a fait l'OTAN en Libye et qui a laissé cette nation entièrement entre les mains de l'EI. Il faudra alors s'attendre encore à voir une autre nation tombée directement aux mains d'extrémistes - intentionnellement - dans le seul but de poursuivre cette croisade au Liban et en Iran, puis dans le sud de la Russie et de la Chine occidentale.


Tony Cartalucci, est un chercheur en géopolitique et écrivain basé à Bangkok, en particulier pour le magazine en ligne “New Eastern Outlook”.

URL de cet article : http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2015/02/les-etats-unis-facilitent-la-guerre-contre-la-syrie-en-utilisant-l-etat-islamique-comme-cheval-de-troie-neo.html

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