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Obama et Georges Bush, même rhétorique militaire ? «Nous devons tordre les bras des pays qui ne font pas ce qu'on attend d'eux» - Obama

par El hadji Coly 12 Février 2015, 22:05 USA Obama Impérialisme Bush

Il est loin le temps de la doctrine Monroe, ce temps où les États-Unis suivaient scrupuleusement une politique isolationniste, laissant les pays européens s'entredéchirer. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils ont revêtu la casquette de gendarme du monde, agissant sur presque tous les théâtres militaires. Une pratique jugée de plus en plus arbitraire par certains pays. Quand Georges Bush évoquait l'axe du mal pour frapper l'Irak, Obama parle « de tordre les bras de certains pays », ou encore cette célèbre phrase de Georges Bush « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous » qui prend forme dans la méthode du prix Nobel de la paix 2009.

Y'a-t-il des similitudes pour faire parler la puissance de feu américaine ? Voici une interview du président Obama accordée au magazine Vox.

 U.S. President Barack Obama speaks at the United Nations meeting in New York September 25, 2014 (Reuters)

U.S. President Barack Obama speaks at the United Nations meeting in New York September 25, 2014 (Reuters)

Obama : « Nous devons taper sur les doigts des pays qui ne font pas ce que l'on attend d'eux »

Le président américain a déclaré que le leadership américain impliquait « de tordre les bras » des états « qui ne font pas ce que l'on attend d'eux », et que les États-Unis pouvaient s'appuyer sur leur force militaire ou d'autres leviers pour atteindre ses objectifs.

Dans une longue interview accordée à Vox, Le président a fait valoir que dans une époque où les États-Unis disposent d'un budget de la défense qui dépasse les 10 pays suivants combinés, il faut se baser sur sa force militaire et d'autres leviers de sa puissance.

Saluant le système fondé sur des règles datant de l'ère post Seconde Guerre Mondiale, Obama a reconnu que même s'il n'était pas parfait, il soutenait « l'ONU, le FMI et toute une série de traités et de règles qui ont vraiment contribué à stabiliser le monde d'une manière unique. »

Cependant, l'efficacité de ce système idéaliste, wilsonien, a été rudement mise à l'épreuve par le fait qu'il y ait des « gens mauvais dans le monde qui essaient de nous faire du mal ».

De l'avis du président, la réalité de ces menaces a contraint les États-Unis à avoir « l'armée la plus puissante au monde ». Il rajoute « nous devons quelquefois tordre le bras des pays qui ne font pas que nous attendons d'eux, mais si nous n'avions pas cette économie, cette diplomatie ou encore cette force militaire, si nous n'avions pas cette dose de réalisme, on ne pourrait rien faire ».

Obama affirme que les États-Unis n'ont pas de « solutions militaires » à tous les défis dans le monde moderne, toutefois, il ajoute « qu'il n'y a aucun état qui pourrait attaquer ou provoquer les États-Unis ».

« Le plus proche que nous avons évidemment c'est la Russie, avec son arsenal nucléaire, mais d'une manière générale, ils ne peuvent pas se projeter de la même manière que nous faisons dans le monde. La Chine non plus. Nous dépensons plus sur notre plan militaire que les dix pays suivants combinés », a-t-il dit.

Dans ce contexte, Obama a déclaré que le « désordre » qui découlait des « États défaillants » et des « menaces d'organisations terroristes » ont été les plus grands défis auxquels la communauté internationale a dû faire face aujourd'hui.

Il ajoute qu'affronter des pays hostiles nécessite l'aide « d'autres pays » et « d'autres ressources » quand cela est possible, mais il reconnait que Washington « est le chef de file, parce que nous avons les capacités que d'autres pays n'ont pas ».

Cette approche, a-t-il dit a également conduit à « un partage du fardeau et il y a une certaine approbation des résultats ».

Lorsqu'on l'interroge sur les limites de la puissance américaine, Obama a admis qu'il y avait des choses que son administration ne peut tout simplement pas faire en termes de déploiement, mais il est resté optimiste.

« Eh bien, le leadership américain, en partie, vient de notre esprit de réussite. Nous sommes le plus grand et le plus puissant pays de la Terre. Comme je l'ai déjà dit dans des discours : lorsque des problèmes se produisent, on n'appelle pas Pékin, on n'appelle pas Moscou. On nous appelle. Et nous embrassons cette responsabilité. La question, je pense, est de savoir comment ce leadership est exercé. Mon administration est très agressive et internationaliste dans la manière de résoudre les problèmes ».

Cet appel au leadership des États-Unis, qui a souvent été formulé dans la notion de l'exceptionnalisme américain, a régulièrement été interrogé par Moscou.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a contesté la notion utilisée dans le discours d'Obama adressé à l'ONU en septembre dernier dans lequel, il nommait « l'agression russe en Europe », l'épidémie d'Ebola et l'État islamique comme des menaces à la paix et la sécurité internationale.

Lavrov a déclaré que le message d'Obama à l'ONU était le « discours d'un artisan de la paix dans la façon dont il a été conçu, », mais il a échoué « dans l'objectivité, si on le confronte à des faits réels. »

Obama et Georges Bush, même rhétorique militaire ? «Nous devons tordre les bras des pays qui ne font pas ce qu'on attend d'eux» - Obama

Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que le président américain avait présenté une vision du monde fondée sur le caractère exceptionnel des États-Unis.

« C'est la vision d'un pays qui a énoncé son droit d'utiliser la force de façon arbitraire, indépendamment des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU ou d'autres actes juridiques internationaux selon sa doctrine de défense nationale », a déclaré M. Lavrov.

Dans un article paru dans le New York Times en Septembre 2013, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le concept de l'exceptionnalisme américain était précaire dans l'arène mondiale.

« Il est extrêmement dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation, » a écrit Poutine. « Il y a de grands pays et de petits pays, riches ou pauvres. Nous sommes tous différents, mais lorsque nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux. »

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