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Situation au Sénégal et lutte contre les APE (Afriques en Lutte)

par Guy Marius Sagna 5 Février 2015, 23:11 Sénégal APE CNR UE Pillage

Ruptures immédiates ou prise du maquis contre le CNR des voleurs déchus

« La crise, c’est quand le neuf tarde à naître et quand le vieux tarde à mourir. Dans cet entre-deux [c’est-à-dire la crise] surgissent les phénomènes morbides les plus variés ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison.

Les différents rapports des différentes institutions de l’état – le dernier étant celui sur l’accaparement foncier sur le littoral - révèlent l’ampleur du pillage dont les deniers publics ont fait l’objet par la bourgeoisie bureaucratique libérale avec à sa tête WADE. Le procès devant la CREI est en train de révéler le modus operandi de ces grands bandits à cols blancs. C’est cela et l’issu de ce procès pour Karim et ses autres camarades qui rendent frénétiques WADE et le PDS. C’est cela et les rapports que le peuple du Sénégal veut que ses représentants aient avec l’argent public quand ils sont délégués pour traduire en acte ses aspirations qui sont en jeu. Et plus fondamentalement c’est le sort de la 2e alternance politique au Sénégal qui est posé. Il faut prendre le maquis contre WADE. Et il ne tient qu’à Macky que ce maquis se dresse contre lui et sa politique de continuité ! Des défenseurs de Karim Wade ont récemment utilisé un poème écrit à Dachau en 1942 pour faire passer frauduleusement leur camelote consistant à vouloir faire prendre le procès de leur client pour une violation. Restons avec la période nazie qu’ils convoquent pour dire qu’il y a 81 ans, fin février 1934, les nazis finissaient par libérer le dirigeant communiste international Georges Dimitrov et ses camarades bulgares.

Ils les avaient arrêtés et accusés de l’incendie du Reichstag qu’ils avaient eux-mêmes déclenché en janvier 1933 pour parachever leur prise du pouvoir. Ils avaient mis en scène un procès politique, un procès spectacle, destiné à frapper l’opinion publique internationale. Mais à la fin, ils n’ont pu faire autrement que d’acquitter les communistes. Dans la gueule du loup, Dimitrov produit une défense extraordinaire, utilise tous les restes de légalité, le caractère public du procès. Il démonte l’accusation point par point. Il parvient à l’emporter en renversant le procès politique anticommuniste, en démasquant Goering et Goebbels, en détaillant l’action politique de l’organisation communiste que les fascistes et les capitalistes considèrent, avec raison, comme leur ennemi le plus irréductible.

Dans des conditions infiniment plus favorables Karim Wade et les avocats qu’il s’est lui même donné choisissent de pratiquer la politique de la chaise vide au tribunal pour aller, avec l’ancien président et le PDS, occuper la rue et les média. Entre autres directives, Thierno Souleymane Baal disait : « (…) Détrônez tout imam dont vous voyez la fortune s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens. Combattez-le et expulsez-le s’il s’entête. (…) ». C’est de cela dont ont peur WADE et le PDS. L’imam a été détrôné. La confiscation des biens a commencé. C’est de cela dont ne veulent point les libéraux. Grande est la tentation de relier les « interdictions » dont serait victime le PDS aux inacceptables interdictions du Contre-sommet de la francophonie, de la marche contre les Accords de Partenariat Economique, du 2000 Strong for Nigeria…Ce serait tomber dans le piège de la démagogie populiste de WADE.

La question à laquelle nous sommes confrontés, en l’espèce, ne peut être réduite à un « simple » problème de violation des pratiques démocratiques, de séparation ou d’indépendance des pouvoirs. La violation de l’article 10 de la constitution du Sénégal qui consacre le droit à la marche est dans ce cas simplement un prétexte et non la cause. Son invocation par WADE et le PDS relève du populisme.

Du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946 s’est tenu le procès de Nuremberg jugeant 24 dirigeants du 3e Reich. Ce tribunal spécial constitué sur la base d’aucun texte juridique international et qui foule aux pieds les conventions n’est mue que par un seul objectif : marquer une rupture avec la période triste du nazisme et les hommes qui l’ont personnifié. Douze (12) d’entre eux seront condamnés à mort. Les autres écoperont de peines très lourdes.

WADE en récusant la CREI lors de son meeting du 04 février 2015 à citer le général De Gaulle. Après la 2e guerre mondiale, en France est appliquée la législation de l’épuration. Celle-ci frappe tous ceux qui avaient collaboré avec l’occupant nazi. « Selon la une du quotidien français le Figaro du 6 Avril 1946, le million de Français ayant manifesté la moindre sympathie avec l’Occupant pendant la guerre a été arrêté et incarcéré, c’est à dire 1/10 de la population active, précise le quotidien. En seulement 2 ans, plus de 100.000 de ces prisonniers seront exécutés et leurs biens, confisqués ». En 1951, la revue "Défense de l’Occident", publie une étude sur le phénomène de l’Epuration dit ceci : « si l’on fait entrer dans le calcul les personnes qui ont été frappées au titre de l’Epuration professionnelle, qui ont perdu leur situation, soit sous la pression des syndicats, soit par diverses causes tenant à l’application de la législation de l’épuration, le chiffre des Français ayant perdu leur situation ou leur gagne-pain par la suite de l’Epuration, a largement dépassé 1 million de personnes ». Toute proportion gardée, la même chose était attendue au Sénégal à la fin des 12 ans désastreux de WADE, après le traitement politicien des 40 ans tragiques du PS, pour marquer la rupture. Les libéraux déchus crient au procès politique. Voilà ce que Dimitrov, en plein procès, disait lors de son procès : « On a beaucoup parlé ici du droit allemand et de la légalité, et je tiens à dire mon opinion à ce sujet également. Le jugement d’un tribunal se ressent toujours, incontestablement, des combinaisons politiques du moment actuel et des tendances politiques dominantes.

(…) Qu’est-ce que l’objectivité au moment où le peuple lutte pour son existence ? Le soldat combattant, l’armée combattante connaissent-ils l’objectivité ? Le soldat et l’armée ne savent qu’une chose, ne savent qu’une considération, ne connaissent qu’une seule question : Comment dois-je sauver la liberté et l’honneur ? Comment sauver la nation ? Ainsi, il va de soi que la justice d’un peuple qui combat dans une lutte à mort, ne peut avoir le culte d’une objectivité morte. Les dispositions du tribunal, du ministère public, des avocats doivent être dictées exclusivement par cette seule considération, à savoir : qu’est-ce qui importe pour la vie de la nation ? Qu’est-ce qui sauvera le peuple ? Ce n’est pas l’objectivité invertébrée qui signifie le marasme et, par là même, la pétrification, l’éloignement vis-à-vis du peuple, non, tous les actes, toutes les mesures prises par la collectivité dans son ensemble et par chaque individu doivent être subordonnés aux besoins immédiats du peuple, de la nation. ».

Ce qui est en jeu est le contenu de la seconde alternance politique de 2012 au Sénégal.

Vaincre les libéraux et le PDS, renverser leur pouvoir a été fait. Mais leur reprendre l’argent volé et aller vers la satisfaction des aspirations du peuple sont une autre chose. La bourgeoisie bureaucratique libérale milliardaire renversée reste encore très forte. Aussi forte que la nouvelle bourgeoisie bureaucratique qui l’a remplacé si on excepte l’armée, la police, la gendarmerie. Wade le sait. D’où son appel à l’armée pour les départager. La bourgeoisie libérale n’a pas été expropriée, mais elle sait que la nouvelle bourgeoisie veut la liquider pour passer le plus facilement possible la prochaine élection présidentielle. Mais la bourgeoisie libérale sait aussi que le peuple ne rêvait notamment que d’expropriation des voleurs de la république. C’est pourquoi son combat est celui du statu quo. Rêve de retour revanchard et de « restauration ». Restauration ? Les libéraux chassés du pouvoir seraient-ils vraiment dépaysés s’ils le retrouvaient aujourd’hui ?

La situation de WADE et des libéraux est semblable à celle décrite par Lénine. « (…) A la suite d’une première défaite sérieuse, les exploiteurs qui ne s’attendaient point à être renversés, qui n’en croyaient rien et n’en admettaient pas l’idée, se lancent dans la bataille avec une énergie décuplée, avec une passion furieuse, avec une haine centuplée pour reconquérir le « paradis » perdu, pour leurs familles qui menaient une si douce existence et que, maintenant, la « vile populace » condamne à la ruine et à la misère (ou au « vil » labeur...). Et derrière les capitalistes exploiteurs, c’est la grande masse de la petite bourgeoisie qui — des dizaines d’années d’expérience historique dans tous les pays en font foi — hésite et balance, qui aujourd’hui suit le prolétariat et demain, effrayée des difficultés de la révolution, est prise de panique à la première défaite ou demi-défaite des ouvriers, s’affole, s’agite, pleurniche, court d’un camp à l’autre. (La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, t. XXIII, p. 355.) ». C’est à la lecture de ces événements que l’on comprend mieux à quoi fait face la révolution bolivarienne de Chavez à Maduro. A quoi était confronté Salvador Allende. Mais également le danger que représentaient les Sankara, Lumumba…Ce qui attend les forces patriotiques, nationalistes, anti impérialistes du Sénégal quand elles auront conquis le pouvoir est pire que la résistance que les libéraux déchus montrent actuellement. Sauf qu’au Sénégal de 2015 ce n’est ni la révolution ni le prolétariat qui sont au pouvoir.

Que la 2e alternance politique ne s’inscrive pas d’emblée dans une perspective nationaliste, c’est bien ce que ces trois ans de présidence de Macky nous apprennent.

Recul sur les APE, perpétuation des rapports de domination du Sénégal notamment par l’acceptation des diktats du FMI, de l’UE, de la France… Manœuvre avec les conclusions des Assises Nationales, gestion ni sobre ni vertueuse, traque des biens mal acquis à géométrie variable, encouragement de la transhumance, corruption de l’aristocratie syndicale… Après « le FN (ou F-Haine) d’aujourd’hui, qui a usurpé le nom de Front National aux résistants antifascistes et au Conseil National de la Résistance (CNR) » en France, c’est autour de WADE et du PDS d’usurper le CNR en lançant leur comité national de résistance pour récupérer la déception légitime du peuple et empêcher les ruptures au Sénégal. Que faire ?

Pour le peuple, les organisations et personnalités politiques patriotiques (Mom Sa Rew, Pastef, Commissaire Keïta, Barros…) qui ne sont ni dans la coalition électorale victorieuse ni avec le PDS doivent prendre le maquis contre Macky et WADE pour maintenir le second et le PDS hors du pouvoir et chasser le premier du pouvoir. Pour le peuple, les forces politiques patriotiques (confédération de gauche en gestation, peuple des assises nationales…) encore dans la coalition électorale victorieuse doivent exiger de Macky qu’il revienne sur la signature des APE, qu’il applique les conclusions des Assises nationales…Si Macky maquille, elles doivent prendre le maquis. Elles doivent y retrouver le premier groupe de forces politiques patriotiques. Mais pas le maquis des voleurs déchus et revanchards. Dakar, le 04 février 2015
Leçon de Géostratégie Africaine n°69, MANDELA N’EST PAS MON HEROS, Jean Paul Pougala
La nature fasciste du Front National, Roland Fodé DIAGNE et Pascal BLINDAL, Octobre 2013
J. Staline, Oeuvres Choisies, Ed. 8 Nëntori, Tirana, 1980, pp. 17-104
Dernier plaidoyer de Dimitrov devant le tribunal, le 16 décembre 1933, Sténogramme du procès La Sénégambie, la CEDEAO, l’Afrique et les APE :

« Black-outé » au Sénégal, motif d’un coup d’Etat en Gambie…

Les APE ont fait l’objet d’un silence assourdissant lors du message à la nation du président sénégalais le 31 décembre 2014 alors qu’ils ont été un coup de tonnerre - à travers cette tentative de coup d’état en Gambie dans la nuit du 29 au 30 décembre - dans un ciel faussement serein en écho à la conférence de presse des leaders des organisations membres de la Coalition nationale NON AUX APE du 30 décembre 2014 au Sénégal. Macky tente d’étouffer le débat national sur les APE au Sénégal, ses maîtres impérialistes tentent d’étouffer le débat international sur les APE par le coup d’état en Gambie. Absent le plus présent ou présent le plus absent, ils lui ferment la porte ici et tentent de lui fermer la fenêtre par là.

Toutes les aspirations populaires absentes du message du président sénégalais et les insuffisances dans ce qu’il a énoncé et annoncé tiennent notamment du fait que les ressources du Sénégal sont limitées.

Le Sénégal devait produire 20.000 cartes d’égalité des chances en 2014 au profit des personnes vivant en situation de handicap. La première carte se fait encore attendre. Pourquoi ? Les animateurs polyvalents des cases des tout petits se voient recyclés comme agents de sécurités de proximité plutôt que de tenir les promesses que l’Etat leur avait faites. Pourquoi ? L’Etat du Sénégal a attendu des mois après la réduction du prix du baril du pétrole, après la pression de l’opinion publique, pour réduire les prix du carburant. Pourquoi ? Les « 1.400.000 unités de matériels agricoles divers subventionnés à hauteur de 70% » annoncés par le chef de l’Etat sénégalais feront l’objet d’un tirage au sort pour déterminer quel producteur sera le bénéficiaire d’un matériel agricole dans cette commune de 60 villages. Pourquoi ? Pourquoi ce n’est qu’en 2017, et encore, que le programme national d’électrification rurale « devrait » permettre d’atteindre un taux de couverture de 60% de la zone rurale ? Le Sénégal compte dans l’éducation 6.763 classes appelées « abris provisoires » dont 1.226 à Sédhiou et 495 à Goudomp. Pourquoi ? Parce que les obligations de l’Etat sont déterminées par les cordons de la bourse que le chef de l’état sénégalais a décidé, avec ses compères de la CEDEAO, de réduire pour le cas du Sénégal à hauteur de 10 ou 11%.

Pour la Gambie, 20% de ses revenus fiscaux sont constitués des recettes douanières.

Le 24 janvier 2014, dans le cadre des APE, à Dakar le président sénégalais disait que l’objectif était de « sauver l’intégration tout en sauvegardant l’intérêt de nos populations ».

Où est l’intérêt des peuples dans tout cela ? Et que vaut une CEDEAO, c’est-à-dire une intégration, contre les peuples ? Si les 2/3 des parlements de la CEDEAO valident la forfaiture des chefs d’état, ils auront consacré la CEDEAO comme héritière de l’AOF et de l’AEF. Une CEDEAO au service des anciens colons.

C’est la raison pour laquelle, le 02 octobre 2013, la Gambie a pris la décision courageuse de se retirer du Commonwealth un an avant l’accueil par le Sénégal du sommet de la francophonie. La Gambie de dire : « nous ne serons plus membre d’un bloc ou d’une organisation sous-régionale qui permettra l’exploitation raciste perpétuelle, le pillage et l’humiliation de l’Afrique ». Dans cette perspective, la Gambie n’est pas favorable aux APE. « La Gambie ne participera jamais à un prétendu accord (…) conçu pour continuer à exploiter et appauvrir le continent africain ». « Nous préférions mourir plutôt que d’être colonisés deux fois » ajoute-t-elle. C’est cela la véritable raison de la tentative de coup d’état de la nuit du 29 au 30 décembre 2014. A qui profite le crime ? Mettre sous coupe réglée la Gambie et faciliter le déroulement de la feuille de route recolonisatrice de l’Afrique que sont les APE sont en tout cas la seule motivation de ce coup d’état réactionnaire.

Et le philosophe italien Domenico Losurdo de résumer les enjeux actuels. « A part des cas tragiques, comme celui du peuple palestinien qui est contraint à subir le colonialisme dans sa forme classique et la plus brutale, dans les autres pays la lutte anticoloniale est passée de la phase proprement politico-militaire à la phase politico-économique. Ces pays essaient de s’assurer une indépendance qui n’est plus seulement politique mais aussi économique ; ils sont donc engagés à rompre le monopole technologique que les Etats-Unis et l’impérialisme avaient cru conquérir une fois pour toutes. En d’autres termes, nous nous trouvons devant la continuation de la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme qui a constitué le contenu principal du 20ème siècle. ».

C’est pourquoi la seule fondamentale raison pour laquelle il faut dénoncer ce coup d’état se trouve dans le refus des APE et de la recolonisation. Cette tentative de coup d’état n’est pas conforme aux intérêts des peuples gambien et africains que les APE menacent gravement. C’est cela la contradiction principale. C’est pourquoi nous demandons aux anti impérialistes, nationalistes, patriotes de partout en Afrique de considérer, au pire des cas, Son Excellence Yaya Jammeh, comme l’émir Afghan auquel faisait allusion LENINE. « La lutte de l’émir afghan pour l’indépendance de l’Afghanistan est objectivement une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions de l’Emir et de ses partisans, car, elle affaiblit, désagrège et sape l’impérialisme. Cependant que la lutte des démocrates et des « socialistes » à tout crin, des révolutionnaires et républicains tels que par exemple Kerenski et Tsérétéli, Renaudel et Scheidemann, Tchernov et Dan, Henderson et Clynes, pendant la guerre impérialiste (pour la défense de la patrie) était une lutte réactionnaire, car elle avait pour résultat de maquiller, de consolider, de faire triompher l’impérialisme ». Malgré ses insuffisances – qui n’en a pas – il est sur des positions objectivement conformes aux intérêts des peuples, des patronats, des paysans…africains. Une Gambie libre est un danger pour le plan d’une CEDEAO européenne. Tout comme un Nigéria harcelé par Boko Haram, la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée Conakry où règnent Ebola peuvent être un atout pour ses plans pense l’UE.

Une CEDEAO intégrée à l’UE et non une CEDEAO dont ses membres sont intégrés entre eux est une catastrophe dont l’équivalent est le passage de l’Afrique du commerce transsaharien au commerce transatlantique des esclaves avec comme conséquence l’éclatement des grands empires intérieurs au profit des micro états côtiers esclavagistes, ce qui a facilité la colonisation et tout ce qui s’en suivit jusqu’à nos jours. L’UE avec ses APE travaille à l’implosion du Nigéria en Afrique de l’Ouest, de l’Afrique du Sud en Afrique australe, de l’Ethiopie en Afrique de l’Est…Il faut casser les locomotives pour mieux arrimer les wagons à l’UE.

Le Nigéria c’est 56% du PIB régional (510 milliards de dollars us en 2013) et plus de 50% de la population. Mais quel est l’intérêt de l’Afrique et de ses peuples ? Cette UE plus forte ou un Nigéria fort participant à rendre plus multipolaire ce monde ? Les questions libyennes, maliennes, congolaises…montrent que l’Afrique est le terrain d’affrontement des multinationales et des états et qui les représentent.

L’existence d’un Nigéria fort, devenu récemment première puissance d’Afrique, renforce les conditions favorables aux peuples anciennement colonisés qui vivent de dramatiques régressions, des guerres civiles.

Le Nigéria est avec la Gambie l’autre pays opposé aux APE. Mais à ceux qui ne placent plus leur espoir que dans une résistance du Nigéria pour voir les APE rejetés rappelons le propos de Nougbonowe : « (…) Le temps est non pas à l’admiration des combattants pour la liberté des autres peuples opprimés, le temps est à l’exemple de toi-même… Intellectuel d’Afrique ».

Pour revenir à la leçon de la dernière tentative de coup d’état en Gambie, il est plus facile de tenir des chefs d’états par la bride que des parlements nationaux. Cela explique aussi le penchant semi colonial pour le régime présidentiel. Il est plus facile d’assassiner un président que d’assassiner un peuple.

De 2008 à 2012 le commerce du Sénégal avec l’UE est passé de 228 à 142 milliards de francs CFA. Si l’UE veut remonter la pente et conserver son gâteau CEDEAO, qui constitue 40% de tous les échanges entre l’UE et les pays ACP, qu’elle ne compte pas sur nous pour que cela se fasse sur l’autel du sacrifice de nos peuples gambien, nigérian, sénégalais, africains ou des coups d’état.Contre les APE, pour l’Afrique et le peuple de Sénégambie Yahya Jammeh a mon soutien.

Dakar, le 05 janvier 2015

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