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Acte de naissance d’Ali Bongo : la justice botte en touche (Mediapart)

par Mediapart 24 Mars 2015, 17:52 Gabon France Françafrique Ali Bongo Héritage

Le procureur de Nantes refuse de communiquer à l'une des héritières de l’ancien président du Gabon, Omar Bongo, l’acte de naissance de son frère Ali, actuel chef de l’État gabonais. Le juge des référés va être saisi. Un dossier politiquement et financièrement explosif au Gabon.

Ni oui, ni non : peut-être. Le procureur de la République de Nantes a fait savoir, le 16 mars, qu’il ne ferait pas droit à la demande de l’une des héritières de l’ancien président du Gabon Omar Bongo, qui demandait aux services de l’état civil français la communication de l’acte de naissance de son frère Ali, actuel chef de l’État gabonais. Comme Mediapart l’a raconté la semaine dernière, l’un des 53 héritiers d’Omar Bongo, Onaida Maisha Bongo Ondimba, avait saisi début janvier la justice française de l’affaire des origines d’Ali Bongo, un dossier très sensible au Gabon.

La filiation d’Ali Bongo agite le pays depuis l’arrivée de celui-ci au pouvoir en 2009. L’opposition le soupçonne en effet d’avoir triché sur ses origines : né officiellement le 9 février 1959 à Brazzaville, alors sous gouvernorat français, Ali Bongo serait en réalité né au Biafra avant d’avoir été adopté à la fin des années 1960 par Omar Bongo – donc non gabonais.

Ali Bongo est-il le fils naturel d’Omar ? Au-delà des relents xénophobes que cette question peut parfois susciter, la polémique soulève de vraies interrogations politiques, susceptibles de remettre en cause l’élection présidentielle de 2009 et de compliquer celle de 2016. La Constitution gabonaise stipule que « toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la présidence de la République ».

La réalité de la filiation peut également perturber l’héritage d’Omar Bongo, une mine d’or dont les dessous révélés par Mediapart ont dévoilé un système de prédation de toute l’économie d’un pays d’une rare ampleur. Or, Ali est l’un des deux légataires universels d’Omar Bongo. Financièrement, si Ali n’est pas le fils naturel de son père et n’est pas en mesure de produire un certificat d’adoption, alors il pourra difficilement revendiquer une part de l’héritage Bongo. Politiquement, il ne pourra pas se présenter à la présidentielle de 2016. L’enjeu est donc considérable.

Dans sa réponse adressée par courrier le 16 mars à l’avocat parisien Me Éric Moutet, qui l’avait saisi, le procureur de la République de Nantes préfère botter en touche : « Je regrette de ne pouvoir donner suite à votre demande de copie de l’acte de naissance de Monsieur Ali Bongo Ondimba ou Alain Bernard Bongo, né le 10 février 1959 à Brazzaville. » Il ajoute : « Le cas échéant, sur mandat exprès des personnes autorisées par la loi, ou des autres légataires universels, le notaire chargé de la succession pourra obtenir délivrance de cet acte. » ...

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commentaires

Jean 12/05/2015 16:28

Ce procureur a du cran, il s'est quand même lancé dans un grand défie en affrontant cette famille.

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