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AU CONGO-BRAZZAVILLE, DES HOMMAGES FUNEBRES SELECTIFS

par Benjamin BILOMBOT BITADYS 21 Mars 2015, 17:30 Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Dictature Edith Lucie Bongo Ondimba 4 mars 2012 Explosion Brazzaville

AU CONGO-BRAZZAVILLE, DES HOMMAGES FUNEBRES SELECTIFS
AU CONGO-BRAZZAVILLE, DES HOMMAGES FUNEBRES SELECTIFS

Par Benjamin BILOMBOT BITADYS

Des hommages sélectifs
Tout le monde a en mémoire la photo qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux montrant Denis Sassou Nguesso pleurant à chaudes larmes, comme une madeleine, lors du décès de sa fille Edith Lucie Bongo Ondimba le 14 mars 2012.
Tout le monde se souvient aussi des larmes versées par Florent Ntsiba à l’occasion des obséques des victimes de l’explosion du 4 mars 2012 sur l’esplanade du palais des congrès de Brazzaville. Si les larmes de Sassou Nguesso étaient sincères comme le prouvent les différentes célébrations de l’anniversaire de la disparition d’Edith Lucie Bongo Ondimba, celles de l’homme lige Florent Ntsiba, l’homme du « petit matin », s’apparentaient aux larmes de crocodile comme le montre le
sort désormais reservé aux morts de la déflagration du 4 mars 2012.


Commémorations à géométrie variable
Dans le cœur de Sassou et des épigones du « chemin d’avenir », les morts ne se valent Pas. Selon que l’on est fille du chef de l’Etat ou pas, le Congo-Brazzaville est plus ou moins reconnaissant. A Edith Bongo Ondimba, des hommages en grandes pompes avec en prime le déplacement des chefs d’Etats d’Afrique, du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Congo-Brazzaville et du gratin de la Jet 7 à Oyo.
[Interrogé par la presse, Thomas Boni Yayi a déclaré] : « Je suis venu saluer la mémoire d’Édith Lucie Bongo Ondimba, précocement arrachée à l’affection des siens. Elle s’était fait connaître par ses œuvres sociales, par l’amour et pour nous qui avons la foi, nous pouvons dire, au regard des valeurs que l’ex-première dame du Gabon portait, qu’elle était habitée par Dieu » (Les dépêches de Brazzaville, 15 mars 2015).

Sainte Edith
De facto, au Congo-Brazzaville, le 14 mars a été institué fête nationale, la bourgade d'Oyo érigée en lieu de pélérinage et la fille de Sassou Nguesso, Edith Lucie Bongo Ondimba élevée au rang des saints (Sainte Edith d’Oyo, priez pour nous, pauvres pêcheurs, mwinda.or, 14 mars 2015). « Sainte, tu seras ma fille », doit se dire Sassou fort d’espèces sonnantes et trébuchantes tirées de
l’exploitation du pétrole au large de Pointe-Noire. Le procès en béatification ou canonisation du Cardinal Emile Biayenda, attendu depuis plusieurs années par les catholiques du Congo-Brazzaville notamment, risque d’être relégué aux calendes grecques au profit de celui d’Edith Lucie Bongo Odimba. Les cardinaux du Vatican qui pourraient défendre le dossier de la fille de Sassou ont du pognon. Face à l’argument financier l’avocat du diable souvent n’y peut rien car la
grâce comme les indulgences dans l’Eglise Catholique notamment au moyen-âge sont financièrement négociables.

Même pas pour le Cardinal Emile Biayenda
Aux morts de l’explosion du 4 mars 2012, l’indifférence nationale. Aucune gerbe de fleur n’a été déposée en mémoire aux victimes. Deux poids, deux mesures. Au Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso a inauguré l’ère des commémorations à géométrie variable. En somme, des hommages
sélectifs. Il y a d’ailleurs belle lurette que Sassou, le digne continuateur de l’œuvre de l’immortel Marien Ngouabi, ne se donne plus la peine de se déplacer le 18 mars pour commémorer l’anniversaire de la mort de son frère d’arme. Les restes mortuaires du Commandant Marien
Ngouabi auraient été déplacés du mausolée d’après les révélations du trublion Maurice Massengo Tiassé. Sassou ne se dérange point pour commémorer celle du Cardinal Emile Biayenda assassiné le 22 mars 1977 ; encore moins pour celle du président Alphonse Massamba Débat (tué dans la nuit du 22 au 23 mars 1977) qui ne dispose guère de sépultures.
Qui a chanté : « toutes les morts n’ont pas la même signification » ? Franklin Boukaka dans « Les immortels ».


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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