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Algérie. L’opérateur “Ooredoo” interdit à la presse de critiquer le Qatar ! (Mondafrique)

par Rahma Lafi 3 Mars 2015, 18:56 Algérie Qatar Censure Ooredo Liberté d'expression Journalistes

Algérie. L’opérateur “Ooredoo” interdit à la presse de critiquer le Qatar ! (Mondafrique)

C’est sous les applaudissements du ministre de la communication algérien Hamid Grine, que le DG de l’opérateur de téléphonie mobile qatari « Ooredoo », Joseph Ged, a tenu des propos menaçants contre les journalistes algériens !

Les propos tenus par le dirigent libanais de la compagnie qatari ont provoqué l’indignation de la presse algérienne enflammant ainsi les réseaux sociaux: "Ooredoo n’attribuera pas de publicité aux médias qui se permettent d’attaquer l’Algérie ou le Qatar !" . De nombreux journalistes ont réagi à cette scandaleuse déclaration qu’ils considèrent comme une pression politique claire de l’opérateur. Le quotidien francophone « El Watan » a d’ailleurs titré sa une : « Ooredoo et l’octroi de la publicité : le chantage de Joseph Ged » affirmant qu’Ooredoo supprime depuis quelques mois ses campagnes publicitaires dans certains journaux jugés hostiles aux autorités algériennes et qataries.

Une volonté du gouvernement d’étouffer la presse

Ces propos viennent s’aligner à ceux du ministre de la Communication Hamid Grine, qui a affirmé auparavant sa volonté de réformer et de réorienter la presse afin de promouvoir la voix de l’Algérie à travers le monde. Le 22 mai 2014, nouveau ministre alors, il déclarait à l’adresse des journalistes : « Vous n’êtes pas des officines du pouvoir, vous avez plutôt une mission de service public à remplir (…) Il y a un seul garde-fou, c’est le professionnalisme. Il n’y a pas de censure mais de l’autocensure » !

Quelques mois plus tard, voilà que le DG d’Ooredoo confirme cette lignée que le gouvernement tente, tant bien que mal, d’imposer : pousser les sociétés privées à cesser toute annonce dans les médias qui ne seraient pas d’accord avec la ligne officielle du pouvoir.

"Nous ne cautionnerons en aucune façon des attaques personnelles, ni envers l'Algérie, ni envers le pays d'où a commencé l'aventure Ooredoo, le Qatar. Nous ne nous engagerons jamais aux côtés de ceux qui sont animés par des valeurs négatives de dénigrement et de médisance » a déclaré sans nuance le DG du groupe. Contacté par « El Watan » le concerné dit ne pas comprendre cette polémique et affirme qu’Ooredoo n'exerce « ni chantage ni intimidation ». « La publicité est un acte commercial (…) Nous demeurons respectueux de la ligne éditoriale de la presse et nous sommes un annonceur libre de ses choix et de ses décisions toujours conformes aux lois algériennes.» Et d’ajouter : «Ooredoo a été le premier opérateur à casser le chantage économique de certains annonceurs envers la presse et nous refusons d’associer notre entreprise à la diffamation.»

Attention Danger !

Le classement annuel de Reporters sans frontières (RSF) en 2015 positionne l’Algérie au 119 rang sur 180 en matière de liberté de la presse : “Nous sommes très inquiets des pressions directes et indirectes exercées à l’encontre de certains médias algériens, notamment la presse indépendante, depuis la réélection pour un quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika le 17 avril 2014, déclare Reporters sans frontières.

L’association lance un cri d’alarme pour dénoncer « une presse algérienne qui souffre toujours de pratiques monopolistiques, notamment en matière d’impression ou de distribution. La plupart des publications sont tributaires des imprimeries (Société d’impression d’Alger, SIA) et des réseaux de diffusion contrôlés par l’État ».

Le gouvernement semble s’inscrire dans un processus de consolidation de ses vieilles habitudes car la publicité a toujours été utilisée à des fins de pression contre les médias et son attribution constitue une véritable épée de Damoclès financière pour l’immense majorité des journaux algériens.

Le 14 avril 2014, Algérie News et El-Djazair News se sont vus privés de cette importante ressource. Sans oublier la pression accrue que l’administration fiscale exerce sur les comptes du journal « El Watan » qui se considère “dans l’œil du cyclone”...

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