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L’usage du marxisme dans les sociétés postcoloniales. Qu’en est-il d’Haiti ?

par Jean-Jacques Cadet 21 Mars 2015, 14:48 Dipesch Chacrabarty Colonialisme Postcolonialisme néocolonialisme Inde Haïti Europe USA Articles de Sam La Touch

Un article intéressant faisant état de la pensée marxiste dans les sociétés dites "post-coloniales" et éminemment en Haïti. Il met en lumière des travaux de Dipesh Chakrabarty sur la "provincialisation de l'Europe" mais aussi sur sa question ayant trait à "l'impact de la pensée marxiste dans un pays comme Haïti qui a été colonisé par l’Europe" et qui est actuellement encore sous le joug de l'impérialisme US.
Si l'on tient compte des développements géopolitiques récents en Haïti, (du coup d'Etat franco-étatsunien qui a chassé du pouvoir le président élu démocratiquement, Jean-Bertrand Aristide, d'Haïti en 2004 à l'invasion militaire étatsunienne d'Haïti après le tremblement de terre de 2011 qui a permis à l'impérialisme US d'imposer le chanteur Martelly à la tête du pays comme néogouverneur pro-US), ceux-ci mettent entre parenthèse la notion même de post-colonialisme en Haïti, il vaudrait mieux évoquer celle d'un post-colonialisme dans le cas d'Haïti qui est actuellement sous le joug de l'impérialisme US, en somme qui relève du néocolonial
isme.

L'analyse pose clairement la question de la pertinence du marxisme dans les pays non européens et de sa nécessaire adaptation avec les conditions et la production locale du savoir extra-européen déjà posé par Edward Saïd. Il pose la question du caractère universaliste ou relativiste de la pensée marxiste même si la pensée marxiste initialement fut elle-même surdéterminée par la pensée colonialiste. Lutte des classes ou/et lutte des peuples c'est là sans doute la différence qui va de Marx à Fanon. Ce qui ne veut pas dire que les outils marxistes sont caduques pour autant dans les pays extra-européens. Il nécessite d'être sans doute réaménager nous dit l'auteur mais surtout d'intégrer la dimension géopolitique récente et contemporaine pour savoir de quel objet d'étude on parle. De société postcoloniale affranchie de la tutelle coloniale ou encore asservie à celle-ci (notamment dans nombre de pays africains encore sous tutelle de la France) ? De là on pourra distinguer ce qui relève de la lutte des classes au sein d'une nation ou/et de ce qui relève de la lutte des peuples dans un rapport de domination géopolitique et des outils adéquats pour penser ces deux champs d'études et leur rapport réciproque. Mais qu'on le veuille ou non, la notion de Capital et d'accumulation des richesses, reste toujours d'actualité de par son impact sur les classes ou/et les peuples même si le monde tend à la multipolarité et à l'affaiblissement des grandes puissances coloniales et de leurs héritiers (en l'occurrence les Etats-Unis, Israël, l'Australie, le Canada,...).

(SLT)

Introduction

Les études postcoloniales ont pris une autre ampleur avec les Subalterns Studies qui ont reconceptualisé la catégorie de "subalterne" en faveur des sociétés opprimées. Avec ce mouvement intellectuel d’origine indienne, les oubliés de l’Histoire sont devenus objet d’étude d’excellence. Penser en subalternes, c’est ériger, au détriment des élites, les groupes défavorisés en véritables agents de la transformation sociale. C’est penser "par le bas" pour retrouver ceux dont la voix a été ignorée ou détournée. D’où tout le sens du terme "subalterne" désignant une personne ou un groupe de rang inférieur, qu’il s’agisse de race, de classe sociale ou de genre. Il y est exactement question des sociétés qui ont subi la colonisation occidentale, ce par quoi l’Europe est entrée dans leur histoire. Cette démarche d’inspiration gramscienne consiste, selon Merle Isabelle, à repenser les modalités de l’écriture de l’histoire dans le contexte d’une situation coloniale.

Ou bien faire des sociétés colonisées le file conducteur dans l’étude, ce qui oblige à reléguer les pays colonisateurs au second plan. Ou bien partir de ceux-ci afin de les critiquer, de les déplacer de leur centre et montrer les limites de leurs productions intellectuelles. Dipesh Chakrabarty, membre du Collectif éditorial de Subaltern Studies, s’inscrit dans le deuxième cas avec son projet "Provincialiser l’Europe". Dans son livre devenu un classique portant le titre de son projet, ce natif de Calcutta propose de contextualiser les catégories européennes afin de mieux les utiliser dans les sociétés non européennes. L’auteur précise avec insistance qu’il ne vise pas un rejet de l’Europe. Il s’inscrit tout aussi en faux contre une certaine "revanche postcoloniale" (Leela Gandhi). Il est d’abord animé par un "esprit de gratitude anticoloniale". Pronvincialiser l’Europe est, pour lui, une manière de mettre à jour les limites de la pensée européenne tout en montrant son caractère indispensable pour penser les sociétés postcoloniales.

Qu’est-ce que le projet de Provincialiser l’Europe ?

Le projet de Provincialiser l’Europe qui a vu le jour à l’époque où Dipesch Chakrabarty enseignait en Australie cherche à répondre à la question de la limite géographique d’une pensée. Disons mieux, le rapport entre une pensée et son lieu de production. Dans son livre, il signale que toute pensée est le fruit d’un contexte qui la détermine. Ce qu’il traduit en ces termes : « La proposition selon laquelle la pensée est liée à des lieux occupe une place centrale dans mon projet de provincialiser l’Europe ». On peut dire que c’est l’axiome principal de son ouvrage où, pour se faire, il rapproche les traditions analytique et herméneutique.

Dans quelle mesure une pensée peut-elle sortir de son espace de production ? Qu’en reste-t-il une fois déplacée ? Pour en discuter, l’auteur prend le cas de l’Inde, ancienne colonie britannique. Il était surpris de voir comment les indiens utilisaient les catégories européennes pour expliquer leurs réalités. Aucune question n’était posée sur les racines historiques de ces dernières. Cette inquiétude va longuement habiter Chakrabarty jusqu’à nourrir son projet de Provincialiser l’Europe.

Ce qui nous intéresse dans le cadre cet article, ce n’est pas le projet proprement-dit, mais ses motivations. En d’autres termes, les raisons qui ont poussé l’auteur à le forger. C’est lié, dit-il, à la manière dont il a été délogé de sa vie indienne quotidienne. Cela a été réalisé en deux temps : métaphoriquement et physiquement. Ces deux déplacements vont créer un malaise théorique qui sera plus tard sa grande curiosité intellectuelle. Chacrabarty va découvrir une certaine inadéquation de la pensée marxiste avec le monde contemporain indien. Sans pour autant le rejeter dans sa teinture européenne, il propose avec l’idée de Provincialiser l’Europe un renouvellement de cette approche afin qu’elle rende compte de la réalité indienne dans sa nature non occidentale.

Dans cet ouvrage, il pose un sérieux problème d’actualité, celui du rapport entre le marxisme et les pays non occidentaux. Les questions sont : comment utiliser la pensée marxiste dans les pays anciennement colonisés tout en reconnaissant sa centralité européenne ? Que peut-elle dans un pays comme Haïti qui a été colonisé par l’Europe ? Est-il suffisant de la rejeter du fait de son origine européenne ? Comment la traduire pour les mondes vécus postcoloniaux ? A tout cela, l’auteur propose des éléments de réponse qui peuvent servir en Haïti, en dépit du référent indien.

Délogement

Le délogement métaphorique de Dipesh Chakrabarty concerne le brusque changement des interrogations de recherche liées à son quotidien de classe moyenne. Il a été influencé dans le cadre de sa formation en histoire par les idées de Karl Marx. Suite à ses différentes fréquentations de cercles marxistes de la ville de Bengalie, il le deviendra dans le sens plein du terme. Il va poser les grandes problématiques marxistes sur le terrain indien. Il sera désormais préoccupé par le rôle historique que pourrait jouer le prolétariat dans un pays comme l’Inde, encore majoritairement rural. Il s’est écarté des problématiques de sa classe. Cependant, intellectuellement, il lui restera proche.

Un grand malaise théorique s’installe chez l’auteur. Il constate d’un coté l’importance incontestée du marxisme au niveau international et de l’autre, son origine européenne. Ainsi, il estime que les idées de Karl Marx n’étaient pas assez adéquates aux réalités ouvrières en Inde. D’où sa thèse de la double distanciation pour évoquer cet écart entre cette pensée et les réalités non occidentales, telle que l’Inde.

Le délogement physique vers l’Australie de l’auteur pour des raisons universitaires a renforcé ce malaise théorique. C’est à ce moment là qu’il constate que les concepts ne voyagent pas plus loin que leur lieu de création. Il a éprouvé cela avec certains concepts de la modernité politique européenne (l’État et la bureaucratie, par exemple) qui ont de moins en moins d’importance en Australie, en dépit du fait, probablement, qu’ils étaient applicables en Inde. Chakrabarty affirme que les catégories de la modernité européenne peuvent changer de sens d’une société à une autre. Pour bien les appliquer ailleurs, il faut les "traduire". Ce qu’il tentera avec le marxisme.

L’usage du marxisme

L’auteur avoue que c’est avec le marxisme qu’il commence à questionner certains mots familiers. Il utilisait, comme tout le monde, des mots européens sans prendre la peine d’analyser leur provenance. Le marxisme va le lui permettre. « Les mots qui m’étaient familiers car je les utilisais au quotidien, voilà qu’il leur poussait soudain des ailes analytiques », nous dit l’auteur. C’est pourquoi il était sans pitié envers les marxistes de son temps qui n’avaient pas fait ce constat, en dépit de leurs multiples études. Ils ont utilisé les catégories marxistes sans même analyser leur racine, nous dit-il. Il continue en leur reprochant de ne même pas les "traduire". Il faut, selon lui, questionner la centralité de ces pensées occidentales afin de bien les appliquer dans des mondes qui leur sont différents. C’est aussi, poursuit-il, montrer leurs limites alors qu’elles sont ancrées dans des réalités précises. Il écrit : « A nos yeux pourtant, les penseurs européens du passé, les catégories qu’ils ont créées, ne sont pas morts ; c’est ainsi qu’on verra des chercheurs s’engager dans une dispute passionnée avec Marx ou Weber sans même éprouver le besoin de les historiciser ou de les replacer dans le contexte européen qui est le leur » .

Cette critique de Chakrabarty envers les marxistes de son temps exprime le gros du problème, celui concernant l’usage du marxisme dans les sociétés non européennes. Ils ne font que répéter Karl Marx sans aucun esprit critique. Ils négligent le lieu de production de la pensée qui invalide toute prétention universaliste. En analysant les grandes catégories marxistes en fonction de la situation coloniale indienne, l’auteur nous dit que le marxisme n’est pas universel mais utile sur le plan mondial. Ainsi, son usage doit être travaillé dans les contextes postcoloniaux.

Il faut dire que Chakrabarty n’a jamais remis question la véracité du marxisme. Il pense qu’à défaut d’être universel, le marxisme reste vrai : « Le marxisme était tout simplement vrai », affirme-t-il. C’est cette scientificité qu’il faut exploiter afin de transformer d’autres réalités. Tout son dilemme est qu’il reconnait la force certaine des construction de Karl Marx. Il écrit : « Marx avait raison (même s’il fallait l’actualiser), et les antimarxistes absolument tort, quand ils n’étaient pas considérés tout simplement comme immoraux : telles étaient les antinomies politiques radicales qui constitueraient notre cadre de pensée ».

Le marxisme en soi ne fait donc pas de problème, c’est la façon de l’utiliser qui questionne. Il reste, pour Chakrabarty, un outil indispensable pour qui veut penser les sociétés postcoloniales. On ne doit jamais les penser sans le marxisme, affirme-t-il : « La pensée européenne (y compris le marxisme) entretient un rapport contradictoire avec cet exemple de modernité politique, car elle est à la fois indispensable et inadéquate pour comprendre les différentes pratiques de vie qui constituent en Inde le politique et l’histoire ». Néanmoins, il y a chez l’auteur une remise en cause de la prétention universelle du marxisme. C’est pourquoi qu’il propose de le renouveler pour combler ses vides.

Provincialiser l’Europe, un projet de traduction ?

Le projet de Pronvincialiser l’Europe s’inscrit dans cette démarche de ¨traduction¨ des pensées occidentales. L’idée serait d’élargir la pensée européenne à d’autres régions du monde avec des déplacements théoriques considérables. C’est combattre le postulat qui fait de l’Europe le centre du monde. Il faut la décentrer en reconnaissant les limites géographiques de ses œuvres. C’est un double jeu : Pour les sociétés non occidentales, la pensée européenne est indispensable et inadéquate. Ce projet consiste à l’ajuster alors que son importance croissante se fait sentir. Dipesh Chakrabarty le dit directement : « La pensée européenne est aussi indispensable qu’inadéquate pour penser l’expérience de la modernité politique dans les nations non occidentales, et provincialiser l’Europe devient une tache consistant à examiner la manière dont il est possible de renouveler cette pensée – qui constitue à présent notre héritage à tous, et qui nous affecte tous – à partir des marges et pour elles ».

Ce dernier fragment expose toute son ambition pour les pays non occidentaux. Il nous propose l’Europe comme héritage à conserver et utiliser selon notre besoin et à notre façon. Par là, il s’inscrit en faux contre l’ethnocentrisme qui consiste à faire de ce continent le centre du monde. Le marxisme comme pensée européenne est dans la visée de l’Europe dans cette affaire car Marx reste, avec Heidegger, l’une des figures de proue de ce projet. Chakrabarty exige un renouvèlement du marxisme afin qu’il rende compte des pays de l’Asie, de l’Afrique et du Tiers Monde car le marxisme reste très présent au niveau des pays du Tiers Monde. Reste à savoir l’usage qu’en est fait dans son propre lieu de production. Il faut qu’il subisse des adaptations profondes et permanentes pour qu’il soit utile aux autres sociétés.

Tentative de traduction du marxisme en Haïti avec Jacques Roumain

De prime abord, il faut dire que le marxisme a bien été adopté par les intellectuels haïtiens du XXème siècle. En commençant par Jacques Roumain qui s’est réclamé du communisme, pour finir avec Jacques Stephen Alexis, resté fidèle à Karl Marx. Ces deux grandes figures n’ont jamais remis en question son actualité. Il est, à leurs yeux, le meilleur outil théorique et idéologique pour comprendre et transformer la société haïtienne. L’ensemble des auteurs de l’époque a exprimé, en dépit de lourdes persécutions nationales, son importance dans le contexte postcolonial haïtien. Certains ont même parlé d’un "marxisme haïtien". Jacques Stephen Alexis, assassiné par François Duvalier pour ses idées marxistes, a écrit : « Vous dites que le marxisme est dépassé. Pourquoi l’est-il ? Quel est ce corps de doctrine nouveau qui est en situation de supplanter le marxisme et de remplir la fonction qu’il a joué et joue dans la libération humaine ? Connaissez-vous depuis l’existence historique de l’humanité une conception du monde qui ait autant aidé les hommes à se libérer effectivement ? ».

Ils n’ont pas mécaniquement appliqué le marxisme sur la réalité haïtienne, ils l’ont aussi déplacé vers celle-ci. Disons, qu’ils l’ont renouvelé afin d’accoucher d’une lecture adéquate au cas d’Haïti. Jacques Roumain fut l’un des premiers à l’avoir traduit en Haïti. D’autant plus, c est lui qui a officiellement introduit le marxisme dans le pays. Il a produit des œuvres ayant pour centre la pensée de Karl Marx. En politique, il a fondé le premier Parti Communiste Haïtien. A la manière de Marx, il a écrit un Manifeste pour ce Parti : Analyse schématique 1932-1934. Dans ce texte, il est question de la lutte de classe, au dépend des concepts de race et nation, comme principale catégorie d’intelligibilité de la société haïtienne sous occupation américaine. On y retrouve les grands thèmes du marxisme modifiés pour lire la réalité haïtienne de nature non européenne. Il y a un processus de régénération du marxisme par Roumain que l’on peut retrouver dans tous ses ouvrages. Michel Serre l’a situé dans le chef-œuvre, Gouverneur de la Rosée, qui, dit-il, reste la meilleure tentative de traduction du marxisme chez un écrivain haïtien.

Mais Michel Serre l’analyse comme un échec idéologique. Selon le philosophe, Jacques Roumain n’arrive pas à garder certains grands piliers du marxisme. Tout en soulignant l’originalité de ce roman, il estime qu’il y a des contre-sens idéologiques au travers cet ouvrage exceptionnel. La passivité du Vaudou a été souligné dans le roman, mais non pas sa disparition, nous dit-il. Tandis que le marxisme présente la religion comme "opium du peuple". Selon Michel Serre, un vrai marxiste devrait mener ce combat. Il critique aussi l’idée de retour qui est contradictoire à celle marxiste du progrès. Il affirme que l’unité prônée n’est qu’une retrouvaille, une réconciliation. Ces trois éléments d’écart avec le marxisme présupposent, selon lui, une infidélité aux idées fondamentales de Karl Marx.

Tout au contraire, en dépit de leur déviance idéologique, ils sont pour moi une réussite méthodologique. Ils expriment la volonté de Jacques Roumain de faire un usage intelligent des pensées occidentales. Il n’a pas fait que répéter le marxisme, il l’a traduit en fonction de la situation haïtienne. Il a confronté les catégories du marxisme à la société postcoloniale, aussi mérite-elle des déplacements théoriques considérables. Par là, Jacques roumain a esquissé un mode d’usage de celui-ci pour transformer les sociétés du Tiers Monde. A la question de l’usage du marxisme dans les sociétés anciennement colonisées, nous avons des éléments de réponse ici qui peuvent servir la nouvelle génération haïtienne en perte de repère idéologique.

Conclusion

Il faut répéter que cette enquête de Dipesh Chakrabarty est largement traversée par Karl Marx. Et il est clairement dit par l’auteur qu’ « un livre comme celui-ci ne peut se permettre d’ignorer Marx » . Ses idées ne sont pas uniquement rappelées dans l’ouvrage mais aussi discutées afin d’explorer leurs limites par rapport aux autres mondes. Ainsi, ce livre questionne les catégories de la pensée marxiste au regard des sociétés postcoloniales. Le projet de Provincialiser l’Europe balance entre l’indispensabilité du marxisme comme pensée européenne et son inadaptation qui requiert non pas un rejet mais plutôt un renouvèlement. Ce dernier est recommandé, vu les divergences historiques entre les pays européens et ceux du Tiers Monde. Car « nos différences historiques font une réelle différence » , nous dit Chakrabarty pour montrer cette nécessité d’ajustement de la pensée européenne en générale, et du marxisme en particulier.

La question de l’usage du marxisme dans les sociétés non européennes reste encore ouverte. Elle dépend de la société en question. Dans le Tiers Monde par exemple, les mondes vécus sont différents d’un pays à l’autre. Il n’y pas un mécanisme unique pour une certaine lecture marxiste de cet univers non occidental. Le point commun est qu’il faut renouveler cette pensée de façon permanente si on veut qu’elle rende compte de ces situations postcoloniales. Cela doit passer, comme nous dit Chakrabarty, par un rapport contradictoire avec l’Europe qui est son lieu de production.

Jean-Jacques Cadet
Doctorant en philosophie.

Bibliographie

Dipesch Chacrabarty, ¨Provincialiser l’Europe¨, Editions Amsterdam, Paris, 2009.

Merle Isabelle, ¨Les Subalterns Studies¨, Génèses 3/2004 (no 56), p. 131-147.

Michel Serres, Hermes III : La traduction, Critique, Paris, Les éditions de Minuit, 1974.

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