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La vraie fortune des Bongo, une bombe à retardement pour le Gabon (MdP)

par Fabrice Arfi 6 Mars 2015, 22:24 France Gabon Ali Bongo Françafrique Veolia BNP Paribas Omar Bongo

La vraie fortune des Bongo, une bombe à retardement pour le Gabon (MdP)

Mediapart révèle plusieurs documents confidentiels sur l’héritage de l’ancien président du Gabon, Omar Bongo. Ils lèvent un coin de voile sur un système de captation des richesses de tout un pays d’une rare ampleur. Au moins deux entreprises françaises présentes sur place, Veolia et la BNP, sont citées. C’est une bombe à retardement pour la présidence d’Ali Bongo.

Pilier de la Françafrique, c’est aussi l’un des régimes les plus corrompus de la planète : le Gabon. Des documents secrets portant sur l’héritage de l’ancien président Omar Bongo, obtenus par Mediapart, lèvent un coin de voile sur un système de captation des richesses de tout un pays d’une rare ampleur. Au moins deux entreprises françaises présentes sur place, Veolia et la BNP, sont citées.

Six ans après la mort du patriarche de la Françafrique, les dessous de la succession Bongo constituent une véritable bombe à retardement politique, morale et financière pour l'actuel président de la République gabonaise, Ali Bongo, fils d’Omar.

Ce petit pays pétrolier de 1,5 million d’habitants, qui s’enferre dans la crise à cause de la chute des cours du baril, vit depuis plusieurs semaines sur un volcan social. Grèves et blocages se suivent et se ressemblent. Les manifestants réclament des hausses de salaire et de meilleures conditions de vie. Le SMIC local ne dépasse pas les 150 euros par mois, malgré les promesses d’augmentation d’Ali Bongo. À côté de cela, la famille au pouvoir, elle, ne connaît pas la crise.

Un des principaux épisodes de la succession Bongo s’est noué le 17 février 2014, à 17 h 50. Ce jour-là, une bonne partie des héritiers – il y en a 53 au total – se sont retrouvés à l’hôtel L’Étoile d’or de Libreville pour parler dans le détail de l’héritage d’Omar, décédé à Barcelone en juin 2009. La réunion, présidée par Pascaline Bongo, fille aînée et mandataire exclusive de la succession, a duré deux heures. Elle a fait l’objet d’un procès-verbal ultraconfidentiel, rédigé par un huissier de justice. Sa lecture constitue une plongée inédite au cœur de la fortune cachée d’un clan tout-puissant.

Même si les éléments contenus dans ce PV n’offrent qu’une vision très partielle de la fortune des Bongo, celle-ci est déjà vertigineuse. Pour cause : les sommes ici en jeu s’élèvent au bas mot à 300 milliards de francs CFA (460 millions d’euros). Pour saisir l’ampleur de l’affaire, cela représente plus de 10 % du budget du Gabon pour 2015. Et les calculs, qui sont fondés sur des actifs immobiliers, quelques comptes en banque et des participations dans certaines entreprises, sont loin d’être exhaustifs. Ils ne prennent, par exemple, pas en compte les revenus issus du pétrole (un gisement de cash) ou des actions dans plusieurs multinationales (la rente idéale)...

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