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Les avertissements sont de plus en plus nombreux qu’une nouvelle catastrophe financière se prépare (WSWS)

par Nick Beams 26 Mars 2015, 08:59 Crise Economie Goldman Sachs Banques JP Morgan

Les marchés financiers mondiaux se dirigent vers un nouveau krach dont les conséquences seront encore plus graves que celles causées par l’effondrement de septembre 2008. La classe dirigeante elle-même a lancé une suite d’avertissements sévères que la politique monétaire pratiquée actuellement avait créé des bulles financières massives aux effets dévastateurs.

Dans une interview accordée au Financial Times, James Bullard, le patron de la Réserve fédérale américaine de St Louis et membre sans droit de vote du Federal Open Market Committee (FOMC), a dit que la Fed devait entamer le plus rapidement possible le processus de la normalisation des taux d’intérêt. Une poursuite des taux quasi nuls actuels alimenterait une bulle des prix des actifs qui « risque d’éclater hors de tout contrôle. »

Bullard, et d’autres, signalent ce qui est maintenant devenu une évidence, à savoir que les effets conjugués de l’assouplissement quantitatif (AQ, la planche à billets) et de la baisse des taux d’intérêts par les banques centrales sont en train de causer une frénésie autour du capital-investissement et des marchés obligataires.

La semaine passée, une analyse de l’indice S&P 500 par le Bureau de la recherche financière, rattaché au Département du Trésor américain, avait conclu que le marché boursier américain se trouvait dans une situation comparable à celle observée en 1929, en 2000 et en 2007. C’est-à-dire qu’une importante récession, sinon un krach, était imminente. L’auteur qui a intitulé son rapport « Quicksilver Markets » (Marchés vif-argent), remarque: « Les marchés vif-argent peuvent passer en rien de temps du calme à la turbulence. »

Les craintes se multiplient quant à une « crise de liquidités » si tous les principaux investisseurs et spéculateurs, qui opèrent selon des modèles pratiquement identiques, tentaient de sortir des actifs en même temps, pour constater ensuite qu’il n’y a pas d’acheteurs.

Selon un rapport publié mardi par le Financial Times, certains gestionnaires de fonds ont averti qu’il « n’y avait pas eu d’inquiétudes aussi répandues quant à la structure des marchés des titres à revenu fixe [c’est-à-dire, des obligations] depuis l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008 et le gel des marchés financiers en août 2007. » Le rapport précise que les cours des obligations avaient sensiblement augmenté car les investisseurs s’étaient « gavés » d’argent bon marché dû aux taux d’intérêt faibles des banques centrales et prévient qu’il pourrait y avoir une « crise de liquidités » s’ils se ruaient « tous ensemble vers un retrait. »

La même situation s’est développée sur les marchés des obligations privées et gouvernementales qui ont fortement augmenté grâce à l’argent bon marché et ont banalisé le phénomène autrefois extrêmement rare du rendement négatif (le prix d’une action évolue dans la direction opposée à son rendement).

Les rendements négatifs signifient que les investisseurs payent effectivement les gouvernements pour le privilège de leur prêter de l’argent. Le phénomène est dû à une situation où en dépit du fait que les actionnaires feraient des pertes s’ils détenaient jusqu’à leur maturité les obligations chères, ils sont tout de même en mesure de réaliser un gain en capital parce que les sorties de liquidités de la banque centrale fera grimper davantage le cours des obligations. Ils peuvent tout simplement vendre les obligations à un autre investisseur qui lui aussi s’appuie sur l’hypothèse qu’il peut en faire autant.

En effet, les marchés des affaires et des obligations se sont transformés en une énorme chaîne de Ponzi où des profits pourront continuer d’être faits tant que l’argent continue d’arriver. En d’autres termes, le mode opératoire de ce qui avait débuté comme une activité criminelle aux Etats-Unis durant les années 1920 est actuellement devenu le premier principe opératoire des marchés financiers mondiaux, évalués à plusieurs milliers de milliards de dollars.

La justification officielle présentée pour ce système par ses promoteurs est que ces mesures sont nécessaires afin de stimuler la croissance économique. De telles affirmations sont réfutées à la fois par les faits et les chiffres. L’économie mondiale en général est caractérisée par des tendances déflationnistes croissantes combinées à des taux de croissance faibles ou en stagnation.

Hier, on a annoncé qu’en février, en Grande-Bretagne, les prix à la consommation n’avaient pas enregistré d’augmentation pour la première fois depuis 55 ans, le signe certain d’une contraction économique. Parallèlement, un indicateur clé de l’activité manufacturière en Chine a chuté à son niveau le plus bas depuis 11 mois. Des baisses se sont produites dans les secteurs clé des nouvelles commandes, des commandes à l’exportation, de l’emploi et des prix à la production.

La veille, en Europe, des prévisions de la Banque centrale européenne avaient établi que son programme d’assouplissement quantitatif, visant à injecter plus d’un millier de milliards d’euros dans les marchés financiers au cours des 18 prochains mois, n’allait pratiquement pas encourager l’emploi. Le taux de chômage restera au-dessus de 10 pour cent même après la fin du programme.

Le principal effet de l’AQ a été de stimuler les marchés obligataires européens qui ont augmenté cette année à un rythme plus élevé qu’aux Etats-Unis, alors même que le rendement économique européen reste inférieur à son niveau de 2007 et que les investissements dans l’économie réelle ont diminué de plus de 25 pour cent par rapport aux niveaux d’avant la crise.

Alors que l’aristocratie patronale et financière continue de s’enrichir, les conditions de vie de la classe ouvrière sont soumises à une campagne d’austérité sans fin. Les dictats de l’oligarchie financière relatifs à la Grèce sont l’expression consommée de ce qui est un programme mondial: l’appauvrissement et la famine forcés de secteurs de plus en plus importants de la population.

Après la catastrophe de la Grande dépression des années 1930, les représentants politiques des classes dirigeantes – craignant la révolution socialiste au-dessus de tout – affirmaient pouvoir réglementer les pires effets du système de profit grâce à des mesures dites keynésiennes, basées sur les dépenses publiques, dans le but de favoriser la croissance et de garantir un retour à la « normalité. »

Durant un court laps de temps, en termes historiques, cette politique avait semblé avoir du succès. Elle reposait, cependant, sur le capitalisme américain et l’élan que ses méthodes plus productives ont fourni à l’économie mondiale en général.

De nos jours, la situation est tout autre. L’économie américaine n’est plus le centre de l’expansion économique mais le siège du parasitisme mondial. La position centrale de l’économie mondiale n’est plus occupée par des entreprises comme Ford et General Motors, mais par Goldman Sachs, JPMorgan Chase et leurs homologues, tout aussi parasitaires au plan international, qui ne s’occupent pas de créer de nouvelles richesses mais de se les approprier et ce, souvent par des méthodes tout à fait criminelles.

La faillite absolue de l’ensemble du système de profit est illustrée par le débat politique ayant actuellement lieu dans les milieux financiers et économiques. Il se déroule entre ceux qui soutiennent que la politique de l’argent bon marché pratiquée par les banques centrales doit continuer, par crainte des conséquences catastrophiques, et ceux qui insistent pour dire que les robinets doivent être fermés, et le système purgé, si nécessaire grâce à des faillites et des effondrements financiers, dans le but de prévenir une catastrophe encore plus grande.

Les divers défenseurs du système de profit, au sein des médias, des milieux universitaires et des organisations de la pseudo-gauche comme Syriza en Grèce, soutiennent que la perspective d’une économie mondiale planifiée est impossible et que la seule alternative est donc d’essayer de « sauver le capitalisme de lui-même. »

En fait, la perspective du socialisme international est la seule réponse viable et réaliste à la crise historique du capitalisme. Pour être réalisée, elle doit devenir la base du programme politique pour lequel la classe ouvrière internationale commence à lutter.

(Article original paru le 25 mars 2015)

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