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Lettre du président Nicolas Maduro au peuple des États-Unis (New York Times)

par Nicolás Maduro Moros 18 Mars 2015, 22:14 Venezuela USA Maduro Obama Lettre Impérialisme Lutte

 Lettre du président Nicolas Maduro au peuple des États-Unis (New York Times)
Lettre du président Nicolas Maduro au peuple des États-Unis
Par Nicolás Maduro Moros
New York Times

Traduction : Michel Taupin
Viva Venezuela

Le Venezuela n’est pas une menace !

Nous sommes le peuple de Simon Bolivar, nous croyons à la paix et au respect de toutes les nations.

Liberté et indépendance

Il ya plus de deux siècles, nos pères ont fondé une république sur la base de l’égalité et de la liberté de tous devant la loi.

Notre nation a subi les plus grands sacrifices pour garantir aujourd’hui, aux Sud-Américains le droit de choisir leurs dirigeants et d’appliquer leurs propres lois.
Rappelez-vous toujours l’héritage historique de notre père, Simon Bolivar, l’homme qui a consacré sa vie pour que nous héritions d’une patrie de justice et d’égalité.

Nous croyons en la paix, à la souveraineté nationale et au droit international

Nous sommes un peuple pacifique. En deux siècles d’indépendance, nous n’avons jamais attaqué un autre pays. Nous sommes un peuple vivant dans une région de paix, exempte d’armes de destruction massive avec la liberté de pratiquer toutes les religions. Nous défendons le respect du droit international et la souveraineté de tous les peuples du monde.

Nous sommes une société ouverte

Nous sommes un peuple de travailleurs, qui s’occupe de sa famille et professe la liberté de culte. Chez nous, on respecte les divers modes de vie des immigrants venus de partout dans le monde. Notre presse est libre et nous sommes d’enthousiastes utilisateurs des réseaux sociaux sur internet.

Nous sommes amis du peuple des États-Unis d’Amérique

L’histoire de notre peuple a été liée depuis le début de nos luttes à la conquête de la liberté. Francisco de Miranda, héros vénézuélien, a partagé avec George Washington et Thomas Jefferson, pendant les premières années de la nation américaine naissante, les idéaux de justice et de liberté qui étaient des concepts fondamentaux dans nos luttes pour l’indépendance. Nous partageons l’idée que la liberté et l’indépendance sont essentielles pour le développement de nos nations.

Les relations entre nos peuples ont toujours été basées sur la paix et le respect. Nous avons toujours eu des relations commerciales dans des domaines stratégiques. Le Venezuela a été un fournisseur d’énergie fiable et responsable pour le peuple américain. Depuis 2005, le Venezuela a fourni de "l’huile de chauffage" subventionnée, aux communautés à faible revenu des États-Unis par le biais de notre entreprise CITGO. Cette contribution a aidé des dizaines de milliers d’Américains à survivre dans des conditions difficiles, en leur offrant le soulagement et le soutien bien nécessaires quand des citoyens sont dans le besoin, et a montré comment la solidarité peut construire des alliances puissantes au-delà des frontières.

Pourtant, incroyablement, le gouvernement américain nous déclare comme une menace à la sécurité nationale et à la politique étrangère des Etats-Unis

Dans un acte disproportionné, l’administration Obama a déclaré l’état d’urgence parce qu’il considère le Venezuela comme une menace à sa sécurité nationale. (Executive Order du 15/09/2015). Ces actions unilatérales et agressives du gouvernement des États-Unis contre notre pays ne sont pas seulement sans fondement et en violation des principes de base de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples en vertu du droit international, mais aussi, ont été rejetées à l’unanimité par les 33 pays de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et par les 12 États membres de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR). Dans un communiqué publié le 14 Mars 2015, l’UNASUR a réitéré son ferme rejet de ces mesures coercitives qui ne contribuent ni à la paix, ni à la stabilité, ni à la démocratie dans notre région et a exigé l’abrogation du décret du président Obama contre le Venezuela.

Nous rejetons l’unilatéralisme et l’extraterritorialité

Le président des États-Unis, sans mandat pour intervenir dans nos affaires intérieures et de façon unilatérale, a lancé une série de sanctions contre des fonctionnaires vénézuéliens et a ouvert la porte à la poursuite de ce type de sanctions, s’immisçant ainsi dans notre ordre constitutionnel et dans notre système de justice.

Nous préconisons un monde multipolaire

Nous croyons que le monde devrait être régi par les règles du droit international. Aucune intervention d’autres pays dans les affaires intérieures d’autrui. Avec la conviction que des relations respectueuses entre les nations sont le seul moyen de consolider la paix et la coexistence, ainsi que l’affirmation d’un monde plus juste.

Nous honorons nos libertés et maintenons nos droits

Jamais auparavant dans l’histoire de nos nations un président américain a tenté de gouverner par décret les Vénézuéliens. C’est un ordre tyrannique et impérial qui nous rappelle la période la plus sombre des relations étasuniennes avec l’Amérique latine et les Caraïbes.

En raison de notre longue amitié, nous alertons nos frères américains, amoureux de la justice et de la liberté, sur l’agression illégale commise par le gouvernement étasunien en votre nom. Nous ne laisserons pas notre amitié avec le peuple des États-Unis être affectée par cette décision absurde et sans fondement du président Obama.

Nous exigeons :

1- Que cessent les actions hostiles du gouvernement des États-Unis contre le peuple et la démocratie au Venezuela.
2- Que le décret déclarant le Venezuela comme une menace, soit abrogé, comme l’a demandé l’Union des nations sud-américaines (UNASUR).
3- Que soient suspendues les injurieuses sanctions contre de prétendues diffamations de fonctionnaires vénézuéliens honorables qui n’obéissaient qu’à notre constitution et à nos lois.

Notre souveraineté est sacrée

La devise des pères fondateurs des États-Unis s’applique aujourd’hui avec la même dignité aux peuples de Simon Bolivar. Au nom de notre amour commun pour l’indépendance nationale, nous espérons que l’administration Obama réfléchisse et rectifie ce faux pas.

La défense de notre liberté est un droit auquel nous ne renoncerons jamais, parce qu’il est le pilier de l’avenir de l’humanité. Ainsi Simón Bolívar a dit : "La liberté du Nouveau Monde est l’espoir de l’univers."

"Le Venezuela n’est pas une menace, c’est un espoir."
"L’indépendance ou rien !"
Simón Bolívar

Nicolás Maduro Moros
Président de la République bolivarienne du Venezuela

Traduction : Michel Taupin

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