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Algérie: un membre du gouvernement français au 70e anniversaire du massacre de Sétif (AFP)

par AFP 7 Avril 2015, 17:10 Algérie France Massacre de Sétif Jean-Marc Todeschini

Le secrétaire d'Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, se rendra à Sétif en Algérie pour le 70e anniversaire du massacre de milliers d'Algériens sous la colonisation française, une première à ce niveau de représentation, a-t-on annoncé mardi dans son entourage.

M. Todeschini effectuera un "voyage mémoriel" du 19 au 21 avril à Sétif (nord-est) puis Mers El-Kébir (ouest) et Alger, a indiqué son cabinet à l'AFP. "Le message du gouvernement sera : +aucune mémoire n'est oubliée, on est dans une mémoire apaisée+", a-t-on ajouté de même source.

Le massacre de Sétif reste l'une des pages les plus noires de l'Algérie française. Le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, les festivités tournèrent au drame à Sétif, Guelma et Kheratta, dans l'est de l'Algérie, où des nationalistes défilèrent, drapeaux algériens à la main.

La répression des manifestations, considérées comme les prémices de la guerre d'indépendance, fit plusieurs milliers de morts parmi les Algériens - jusqu'à 45.000 selon la mémoire collective algérienne - victimes de la police, de l'armée ou de milices de colons. Une centaine d'Européens, pris à partie par des nationalistes algériens, furent également tués.

Le 27 février 2005, l'ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, a reconnu une responsabilité de la France dans ces massacres en évoquant une "tragédie inexcusable".

Mais aucun membre du gouvernement français ne s'est jusqu'ici rendu à Sétif pour commémorer cette page sombre de l'histoire commune franco-algérienne, a-t-on indiqué dans l'entourage de M. Todeschini.

Malgré les déclarations de dirigeants français, notamment du président François Hollande qui a reconnu en décembre 2012 les "souffrances que la colonisation a infligées" aux Algériens et dénoncé un "système (colonial) profondément injuste et brutal", le travail de mémoire reste compliqué entre les deux pays.

L'Algérie souhaiterait que la France aille au-delà de cette politique des "petits pas" et s'excuse pour son passé colonial. Paris se refuse pour l'heure à faire acte de "repentance" tout en reconnnaissant que la relation franco-algérienne doit reposer sur un "socle de vérité".

"Le but du voyage, c'est de mettre en lumière la mémoire partagée", a-t-on relevé dans l'entourage du secrétaire d'Etat qui se recueillera à Sétif en mémoire des victimes de la répression.

Il s'y rendra en avril plutôt qu'en mai non pour éluder les commémorations officielles algériennes mais pour des raisons d'agenda, la France célébrant de son côté le 8 mai le 70e anniversaire de la fin de la guerre de 1939-1945, a-t-on précisé de même source.

A Mers-el-Kébir, dans le golfe d'Oran (ouest), M. Todeschini commémorera le 75e anniversaire de l'attaque de la marine française par la marine britannique, en juillet 1940, peu après la signature de l'armistice franco-allemand avec le Troisième Reich.

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