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Congo-Brazzaville. Mathias Dzon : la gloire à toute prix

par Benjamin BILOMBOT BITADYS 3 Avril 2015, 07:34 Congo-Brazzaville Dictature Sassou Nguesso Antoinette Sassou Sandra Sassou Nguesso Mathias Dzon

Congo-Brazzaville. Mathias Dzon : la gloire à toute prix
MATHIAS DZON : LA GLOIRE A TOUT PRIX
Par Benjamin BILOMBOT BITADYS
  article actualisé -(Première publication septembre 2008) -

Au moment où l’opposition étudie les moyens de virer Sassou en 2016, Mathias Dzon a déjà déclaré sa candidature présidentielle.
Chacun connaîtra un moment de célébrité, Andy Warhol l’avait promis . Il n’avait pas prévu que ses paroles trouveraient une parfaite illustration au Congo-Brazzaville. En l’espace de quelques semaines, deux personnes s’y sont collé, dans des registres différents : dans le people et dans la politique. Dans le people, c’est Sandra Sassou Nguesso (plus tard Antoinette Sassou à Saint Tropez ) et dans la politique Mathias Dzon.


Sandra Sassou
C’est une histoirre toute simple, toute bête, toute triste, une histoire dans laquelle s’illustra Sandrine Sassou-Nguesso à propos d’une bouteille de vin achetée au Palais de la Méditerrannée à Nice, sur la promenade des Anglais sur la Côte d’Azur. Nous sommes en 2008. La valeur de cette bouteille de vin ? 3000 euros soit 2000000 de francs CFA . Afin d’étancher littéralement la soif des courtisans de la cour du roi Sassou tels Okemba, Lopès, Pendino, Tsenzel, Ngoya... Une sorte d’acte gratuit à 3000 euros (2000000 de francs CFA). Notre dame du Palais de la Méditerranée Sandra Sassou Nguesso, figurera au panthéon de la bêtise et de la misère morale.


Antoinette Sassou
Ce 12 mai 2013, pour fêter ses 70 balais, Antoinette Sassou dépensa la bagatelle somme d’un million d’euros. Non, vous ne rêvez pas. D’ailleurs Canal+ se saisit de cet anniversaire st-tropézien où les invités furent rémunérés à hauteur de 10.000 euros per capita. Certains convives débarquèrent (du Congo) dans la ville de Brigitte Bardot en charter. Dans son imagination la plus folle, Andy Warhol n’aurait jamais envisagé célébrité à ce coût. Cette fête aussi fastueuse qu’un sacre d’impératrice continue de faire des vagues dans la mémoire collective des Congolais et des médias occidentaux.


Mathias Dzon
En 2008 nous écrivions ceci :
L’homme qui a fait sensation avec une sortie tonitruante, pour se faire remarquer (pour faire du buzz), c’est Mathias Dzon. Il faut aussi citer son nom, puisqu’il figurera au panthéon de la bêtise et de la médiocrité politique. Faut-il en rire ou en pleurer ? Le littéral compagnon de fortune de Denis Sassou Nguesso lors du putch de Juin 1997 découvre subitement les faiblesses de la nouvelle espérance. Opportunisme ? Mauvaise foi ? Cynisme ? Besoin de notoriété publique et politique ? Sans aucun doute ! « Les Congolais ne doivent plus accepter de vivre dans la précarité alors que leur pays n’a jamais été aussi riche depuis son indépendance il y a 48 ans, avec un budget de près de 2000 milliards de FCFA, le plus élevé de son histoire, et une économie florissante dans tous les secteurs » déclara M. Dzon, ancien ministre des finances, actuellement directeur de l’agence nationale de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) au Congo-Brazzaville. « On ne peut comprendre qu’avec une croissance économique sans pareille qui frôle les 9,5%, le Congo-Brazzaville puisse connaître des problèmes tels que le manque d’eau potable et d’électricité » (certains quartiers de Brazzaville peuvent être privés d’électricité pendant une à deux semaines) », a déploré M. Dzon (Cf APA, 13 Septembre 2008). La perspective électorale de 2009 autorise-t-elle un tel niveau de démagogie ? Non !
Etre ou ne pas être : telle est la question. Peut-on être après avoir déjà été ? Non ! Peut-on tirer du vin dans des vieilles outres ? Non ! Quels souvenirs les Congolais ont-ils gardé du passage de Dzon au ministère de l’Economie et des Finances ? Rien ! Avait-il contribué à l’amélioration des conditions de vie des congolais ? Non ! Avait-il procedé à la refonte de la grille salariale de la fonction publique ? Non ! S’était-il attelé à la mise sur pied d’un système bancaire dont l’une des missions serait le soutien de l’activité économique ? Nenni ! Sous l’égide de Mathias Dzon, le Congo-Brazzaville avait-il réussi à conclure un accord avec le F.M.I et la Banque Mondiale ? Nada ! Mathias Dzon avait-il apporté la transparence dans la gestion du secteur pétrolier tant souhaitée par les institutions de Bretton Woods ? Luvunu ! D’ailleurs, n’est-il pas avec Sassou Nguesso à l’origine de la création de la SNPC, ce fromage de la république devenue la chasse gardée des agents de la nouvelle espérance et très fortement convoitée par les rats et les souris ? Mathias Dzon, habile prestidigitateur, avait-il réduit de quelques millions de dollars la lourde dette du Congo-Brazzaville ? Nada ! Et, depuis, le compteur de la dette n’en a pas fini de tourner. Mathias Dzon, fin dribleur politique, s’était-il investi dans le processus de diversification de l’économie du Congo-Brazzaville qui est restée une économie de rente ? Niet ! Voici donc venu le temps des imposteurs, celui de l’élection présidentielle. Mathias Dzon surfe sur l’état de paupérisation des populations du Congo-Brazzaville pour s’attirer, croit-il, la gloire politique que lui vaudrait ses envolées lyriques.


C’est ce que nous écrivions déjà. Nous concluions en ces termes :
Dans leur quête maladive de reconnaissance, il n’est pas surprenant que Sandra et Mathias fassent d’ici là la couverture de Voici , Gala ou Paris Match. Dans tous les cas, Sandra Nguesso, Antoinette Nguli Sassou et Mathias Dzon ont connu leur moment de célébrité, Andy Warhol l’avait prédit. Cependant, il ne savait pas que le Congo-Brazzaville ferait les frais de ces extravagances.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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