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Du Rwanda au Centrafrique : les militaires violeurs de l'armée française courent toujours

par Sam La Touch 30 Avril 2015, 17:56 Articles de Sam La Touch France Centrafrique Françafrique Armée française Viols Pedophilie Rwanda Crimes contre l'humanité

Du Rwanda au Centrafrique : les militaires violeurs de l'armée française courent toujours

C'est un exemple assez paradigmatique du fonctionnement du régime français et de son magistère intellectuel et médiatique. Il aura fallu attendre l'information en provenance d'un journal anglais The Guardian pour que l'opinion publique française soit au courant de ce qui se passe en Centrafrique que certains journaleux-communiquants taisaient. En effet, le journal The Guardian, a révélé l'existence d'un rapport du Haut Commissariat des Droits Humains de l'ONU faisant état de viols d'enfants par des militaires français en échange de nourriture.

Ce rapport a été transmis il y a près d'un an au ministère français de la Défense. Depuis nous n'avons jamais eu de nouvelles. Si ce n'est que, depuis la révélation de cette affaire, le "chef de guerre" de la Vème monte sur ses grands chevaux en déclarant vouloir imposer des sanctions depuis...hier. Mondafrique détaille ces lenteurs juridiques stupéfiantes :

"Comment, après 10 mois d’incubation dans le secret de dossiers noirs, la nouvelle a enfin vu le jour ? Il a fallu pour cela qu’Anders Kompass, un cadre de l’ONU basé à Genève, brise le mur de la connivence. Et transmette le contenu de l’enquête onusienne à la fois au ministère français de la Défense et à l’ONG « Aifs Free world ». Dans cette affaire, soyez rassurés, la première mesure disciplinaire ne vient pas frapper les soldats criminels, mais le lanceur d’alerte, ce fonctionnaire indigné qui a été derechef « suspendu » par sa hiérarchie. Après tout ce n’est pas parce quelques petits nègres ont été violés sous les palétuviers, vieille pratique coloniale, que l’Armée française, joyau de Hollande, doit s’arrêter de briller comme une boucle de ceinturon ouverte. Et depuis un an l’escouade de joyeux troufions criminels continue son dur combat, celui pour la démocratie et la liberté, contre le terrorisme, tous payés au mois avec primes de risque et de délocalisation. Ainsi Jean-Yves Le Drian -que l’Elysée in love n’appelle plus que « Le Brillant »- s’il a jugé bon d’alerter la justice afin qu’elle mette enfin ces guerriers à leur place, au trou, très respectueux de la présomption d’innocence le ministre chéri n’a rien fait pour perturber la marche au pas de ces tortionnaires. C’est un Le Drian bien embarrassé qui a publié le jeudi 30 avril un communiqué nous informant que « les coupables seront sévèrement punis ». Ah bon ? De combien ? De séries de pompes ou corvée de chiottes ? Dans sa toute-puissance la Défense ignore soudain le droit élémentaire. Elle oublie la suppression des « Falots », ces tribunaux militaires, justice d’exception, chargés naguère d’examiner le cas des soldats défaillants, le plus souvent des déserteurs. Alors que le sort des barbares désignés à Bangui ne relève pas de la clémence de leurs gradés ; mais de la justice ordinaire saisie il y a 10 mois."

«Le rapport détaille le viol et la sodomie de jeunes garçons affamés et sans domicile par les forces françaises de maintien de la paix, ajoute le Guardian, censées les protéger dans un centre de déplacés à Bangui, capitale de la République centrafricaine.» (cliquer ici)

Le comble c'est que, selon The Guardian, l'employé de l'ONU qui a envoyé aux autorités françaises le rapport détaillant les viols commis par des soldats français a été suspendu.

Finalement, c'est France TV info qui a rapporté mercredi 29 avril en fin d'après-midi que le ministère de la Justice a confirmé que le parquet de Paris a ouvert en juillet une enquête préliminaire sur des abus sexuels imputés à des soldats français en Centrafrique. Cela fait donc près d'un an qu'une enquête est en cours sans que le citoyen français soit au courant, sans que rien ne filtre au niveau politique et médiatique (?).


Il faut préciser que des allégations similaires ont déjà été faites par des victimes du génocide au Rwanda qui ont évoqué les viols collectifs commis par des militaires français dans les camps en plein milieu du génocide. Ces faits ont notamment été rappelés au JT de 13h de France 3 ce jour. La justice enquête toujours. Les faits remontent à plus de 20 ans et ont été signalés à la justice française il y a 6 ans. Cette plainte contre X pour crimes contre l'humanité n'a jamais abouti.

Témoignage d'une Rwandaise rescapée du génocide dans un camp tenu par les militaires de l'Opération Turquoise : "Parfois, il y avait jusqu'à une dizaine de militaires français qui me violaient [...] pendant que d'autres faisaient la même chose juste à côté. [...] On se retrouvait toutes dans les tentes des militaires. [...] C'était comme un repas quotidien. [...] Cela a commencé une semaine après leur arrivée, jusqu'à leur départ." (Nouvel Obs).

Selon Le Figaro : "Le camp de réfugiés de Nyarushishi cristallise la plupart des accusations. Situé dans l'extrême sud-ouest du Rwanda, il était placé à l'été 1994 sous la protection des militaires français envoyés dans le cadre de l'opération Turquoise. Mais une des déplacées tutsies qui s'est confiée à Causette raconte y avoir été violée à plusieurs reprises par certains de ces hommes censés veiller sur elle. La dernière fois, trois soldats s'en sont pris à elle : «Ils m'ont fait les pires choses, je hurlais pour que quelqu'un m'entende. Quand ils sont partis, j'étais presque morte».

En 2004, les trois Rwandaises qui s'étaient présentées devant la justice française faisaient des récits similaires. «Ils rentraient dans les tentes pour prendre des jeunes filles (…) On étaient violées parfois par plus de dix militaires, avec une telle violence. Comme des animaux», ont-elles raconté récemment au site Rue89."

Il est vrai que dans le cadre du régime de la Vème République, le pouvoir exécutif est dirigé par le président et son Etat-major (ou lorsque le Président est très faible par son seul Etat-Major) sans aucun contrôle parlementaire. En clair, on fait la guerre avec le pognon des citoyens français avec les pires exactions et il n'y a que très peu de moyens de contrôles démocratiques et judiciaires. C'est l'opacité la plus totale dans un régime où le Parlement marche au pas et n'est qu'une caisse enregistreuse tandis que les médias français traditionnels sont rémunérés par les multinationales, les vendeurs d'armes (Dassault, Lagardère) et l'Etat. Quant aux médias libres, ils sont souvent aux abonnés absents intoxiqués depuis le berceau par une propagande souverainiste et nationaliste et un fort désintéressement à la chose africaine, pourtant si lucrative pour les banques, les multinationales et de nombreux réseaux français. L'esprit des Lumières et l'universalisme des droits humains ne sont pas à la portée de tous.

Moralité : pour se faire une vision de l'actualité : multiplier les sources d'information de tous les bords, de tous les pays et faire la synthèse. Maintenant, certains pourront dire, pourquoi The Guardian sort cette information maintenant.

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