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Grèce : organismes publics et autorités locales sacrifiés sur l’autel de la finance ? (Blog Finance)

par Elisabeth Studer 26 Avril 2015, 22:49 Grece Capitalisme UE Crise FMI

Malgré la fronde menée par les partis d’opposition, le Parlement grec a voté vendredi soir le décret rendant obligatoire le transfert des réserves de fonds des organismes publics et autorités locales à la Banque centrale du pays. Une mesure qui a pour but premier de permettre à l’Etat grec de faire face aux graves difficultés financières auxquelles il est confronté.

Le texte a été adopté vendredi soir par la majorité gouvernementale des députés de la coalition de la gauche Syriza et du petit parti nationaliste Anel. La mesure vise à couvrir « les besoins d’urgence de l’Etat, qui s’élèvent à trois milliards d’euros pour les 15 prochains jours », précise le décret. Mais quelle autre recette miracle sera trouvée à cette échéance pour pouvoir affronter de nouveaux problèmes, serait-on tenté de dire ?

L’opposition qualifie ce décret « d’anticonstitutionnel », il est vrai qu’une telle mesure pourrait s’apparenter à une sorte de racket des banques sur établissements publics grecs … Il s’agit ni plus ni moins en effet d’un transfert obligatoire des réserves financières de quelque 1400 organismes publics (hôpitaux, universités …) et collectivités locales pour un montant avoisinant 1,5 milliard d’euros, selon les estimations du gouvernement.

Au delà des partis d’opposition, les représentants des organismes concernés, et en tout premier lieu, ceux des autorités locales accusent le gouvernement d’intervenir dans la gestion de leurs fonds alors que la constitution garantit leur indépendance.

Georges Patoulis, président de l’Union des maires de Grèce et maire de Maroussi, banlieue nord d’Athènes, a quant lui demandé au gouvernement de l’éclairer sur la durée de ce transfert et sur le mécanisme qui sera mis en place en vue d’assurer le financement des administrations publiques . Car au final, priorité a été donnée aux banques, au détriment du fonctionnement du pays lui-même …
« Le placement de cet argent est absolument sûr et il n’y a aucune raison que les maires, les conseillers régionaux ou les universités n’effectuent pas ces transferts vers la Banque de Grèce », a quant à lui répliqué en suivant le ministre adjoint des finances Dimitris Mardas. Kostas Agorastos, président de l’Union grecque des régions.

En milieu de semaine, le parti Nouvelle Démocratie avait fait part de sa crainte que cette mesure puisse « stopper la construction en cours de routes, d’hôpitaux et d’écoles ».

Le syndicat des médecins d’Athènes a également dénoncé également cette décision, estimant que cette dernière « arrive à un moment où les finances des hôpitaux ont touché le fond ».
En janvier dernier, le JDD indiquait que plus d’un quart de la population grecque ne bénéficiait plus de couverture sociale, les hôpitaux publics étant quant à eux débordés et exsangues. « La rigueur budgétaire a désorganisé le système de santé publique et entraîné une crise humanitaire » résumait ainsi le journal.

En guise de promesse électorale, Syriza avait promis de réembaucher les 3.000 médecins licenciés sur les 6.000 qui pratiquaient dans les centres de santé publics.

« On assiste à une privatisation progressive du système dans lequel la santé est devenue un produit qu’on achète, précisait en début d’année Odysseas Boudouris, député indépendant proche de Syriza. Ce chirurgien, ancien président de Médecins sans frontières en Grèce, n’hésitait plus à utiliser alors l’expression de « crise humanitaire » en parlant de son pays.

Sources : ats, AFP, JDD

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 26 avril 2015

commentaires

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Très bon article, je vous remercie.

Gloria

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