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La guerre en Yougoslavie, le vrai visage de la diplomatie US (Sputniknews)

par Andrew Korybko 28 Avril 2015, 13:05 Yougoslavie USA Guerre Impérialisme

Le 16 anniversaire de la guerre de l’OTAN en Yougoslavie [31 mars 1991] donne l’occasion de montrer le reflet de ce qu’est la diplomatie étasunienne.

Les USA ont longtemps trompeté être l’incarnation de la vertu et le défendeur de la liberté dans le monde, finissant sur la chapeaux de roues les années qui suivirent la fin de la guerre froide. Des millions de gens ont été dupés durant cette période, mais leurs illusions furent rapidement oubliées, après la guerre de 1999 en Yougoslavie.

Cette tragédie expose le vrai visage de la « diplomatie » étasunienne en tant qu’outil fourbe, permettant d’atteindre des objectifs géopolitiques. La guerre ne fut pas tellement une intervention humanitaire (dont la réalité a été largement exagérée par les médias occidentaux) que l’instauration d’états croupions de l’Occident dans le sud des Balkans.

La guerre de Yougoslavie marque aussi un point de non retour, dans ce qui est son agression à travers toute l’Eurasie en perfectionnant ce qui donne aujourd’hui la version perfectionnée de la guerre hybride.

Les péchés de l’Oncle Sam

Les USA ont fait d’horribles choses durant la guerre de Yougoslavie, mais 3 sont réellement audacieuses:

Supporter le terrorisme:

La, ainsi dénommée, « Armée de Libération du Kosovo », la branche armée des nationalistes albanais combattant les serbes dans la province du Kosovo, était perçue comme une organisation terroriste en Yougoslavie. Le CSNU (conseil de sécurité des nations unies), par la Résolution 1160, qui fut soutenue par les USA, condamne même le groupe pour ses activités terroristes et demande d’arrêter immédiatement ce genre d’actions. Pourtant, l’ALK a été soutenue par les USA, et elle joua un rôle important dans la déstabilisation de la Serbie, de même que son chef, Hashim Thaci, a été reconnu dès la fin de la guerre comme nouveau premier Ministre du nouvel état par Washington.

Mentir au monde:

Les USA ont essayé de convaincre le monde que les albanais du Kosovo étaient en train de connaitre un génocide, mené par les Serbes, mais nous sommes loin des réalités du terrain. Même si certains albanais ont certainement été tués durant la violente révolte contre le gouvernement fédéral, des Serbes aussi l’ont été, et aucun relevé démographique des dizaines de milliers de morts évoqué par le Département d’Etat, ne doit justifier les excuses étasuniennes à bombarder la Yougoslavie.
Des dizaines de milliers de personnes sont mortes à Mexico ces dernières années dans la guerre contre la drogue, par exemple, mais aucun état n’a du avoir à faire face à une intervention humanitaire.

Bombarder des infrastructures civils:

La campagne de bombardement de l’OTAN, menée par les USA, ont tué des centaines de civils et détruit des bars d’habitation, des fermes, des écoles, des hôpitaux, des églises et des ponts. Le Pentagone explique de telles horreurs (quand il décide d’y répondre), en disant que ses armes de hautes de précision ont mal fonctionné, mais les survivants refusent de reconnaître cela.

BONUS, bombarder la Chine et s’en tirer sans problèmes

Les USA ont touché l’Ambassade de Chine à Belgrade (reconnue comme faisant partie du pays, comme toutes les ambassades dans le monde) le 7 mai 1999, tuant 3 personnes et en blessant 20 autres. On ne peut que s’imaginer la réponse du Pentagone si les rôles eussent été inversés.

La boite à outils de la politique étrangère

La guerre en Yougoslavie est en fait le premier test au sol de l’application de la stratégie intégrée de changement de régime, toutefois, appliquée grossièrement. Elle contient les éléments suivants, qui seront développés et perfectionnés pour les suivants conflits:

Guerre non-conventionnelle:

Dans le but de promouvoir le chaos et de créer un prétexte à un ultimatum et éventuellement une invasion militaire ultérieure, les USA supporte l’ALK durant sa guerre terroriste dans le Kosovo contre le Serbie.

Ultimatum:

Les USA donnèrent au président Milosevic un ultimatum pour retirer ses troupes et la police yougoslaves de la province du Kosovo, ou d’en subir les pulvérisantes conséquences.

Intervention conventionnelle:

La déstabilisation mène à un enchaînement dramatique quand l’OTAN lance son intervention humanitaire contre le Yougoslavie, ce qui mène à sa fragmentation et destruction.

Révolution de couleur:

Les services d’intelligence des USA et l’enseignement de Gene Sharp organisent et dirigent la Révolution des Bulldozers en octobre 2000, qui est vue depuis comme la première révolution de couleur.
De nos jours, la méthode a été perfectionnée.

  1. Ultimatum:

Les USA donnent un ultimatum explicite/publique ou implicite/en coulisses et met en joue un pays ou son leader. S’ils refusent et qu’un coup d’état ne peut être mis en place, c’est l’étape suivante.

  1. Révolution de couleur:

Ce coup d’état de la rue cherche à évincer le dirigeant par une façade qui présente bien, d’un soi-disant pouvoir du peuple. Les médias doivent alors donner l’impression que la majorité du pays se révolte contre son gouvernement. Avec l’ultimatum et le coup d’état conventionnel, c’est la manière de changer de régime qui offre le meilleur rapport chance de succès en rapport du coût.

  1. Guerre non conventionnelle:
    Cette troisième étape peut être vue comme la continuation du second point quand celui-ci semble ne pas réussir, afin de tenter de sauver une révolution de couleur qui ne fonctionne pas. Il capitalise sur des structures sociales qui sont apparues durant la révolution de couleur, en fournissant des armes aux participants de la tentative de coup d’état précédent, tout en encourageant le terrorisme et un mouvement qui va faire tomber le gouvernement. Des mercenaires étrangers peuvent apparaître.
  1. Intervention conventionnelle:

Alors que toutes ces étapes demandent généralement un degré de discrétion typique des covert-ops, l’étape finale vise à amener dans l’espace ouvert un facteur de déstabilisation. S’il s’agit de la forme la plus coûteuse de changement de régime, c’est aussi celle-ci qui est cachée sous des habillages de sauvetages humanitaires et démocratiques des populations, l’accompagne, une rhétorique visant à cacher son but réel.

Où en sont-ils?

Regardons les exemples les plus évidents ou cette stratégie a été appliquée par les USA et vozons comment ces pays ont eu à faire face avec les guerres hybrides.

Etapes 1-2: Ukraine

L’ultimatum caché contre le président Yanukovych était l’accord d’association avec l’UE, lorsqu’il décide au dernier moment de le postposer, une révolution de couleur a été lâchée contre lui. En quelque sorte, le terrorisme de l’EuroMaidan rempli même une partie de la troisième étape.
Actuellement, le pays est en ruine et banqueroute, et les oligarques, (Poroschenko vs Kolomoiskyi) sont entrés dans une guerre fratricide entre eux, aux dépends de la vie des ukrainiens.

Etapes 1-3: Syrie

Le président Assad refuse de permettre à des pipelines du Qatar pro-US de traverser son territoire, vers la mer Méditerranée, préférant un pipeline de l’amitié avec l’Irak et l’Iran. Comme punition, la Syrie fut traînée dans le théâtre du printemps arabe, les révolutions de couleurs porte-drapeau des USA. Mais quand la population refusa et décida de soutenir le leader démocratiquement élu et protégeant leur Etat séculaire en refusant le coup d’état de la rue, une guerre non-conventionnelle a été organise contre elle.

A l’heurte actuelle, les plus connus des terroristes du monde entier ont infesté le pays, tuant au passage des dizaines de milliers de civils innocents et transformant les villes en un amas de ruines dans un ravage qui dure depuis 4 ans.

Etapes 1-4: Libye

Muammar Gadhafi refusa d’intégrer son pays dans l’Union méditerranéenne, choisissant de rester un membre observateur. Malgré le fait d’avoir laisser ses armes de destruction massive lors du précédent ultimatum en 2007, son refus de faire avancer l’Union de la Méditerranée, fit de lui un homme à abattre.

Le printemps arabe, des révolutions colorées, organisé par les USA ont visé principalement Gadafi en 2011, et les événements dans le pays ont rapidement évolué dans une spirale qui a mené à une guerre non conventionnelle, lorsque des terroristes ont commencé, dans les principales villes, à tuer des civils et des représentants de l’état.

L’OTAN décida alors de débuter une campagne de bombardement contre le pays, peu de temps après avoir mis en place un prétexte d’intervention humanitaire, qui détruit l’état et ses infrastructures sociales et physiques, laissant le tout évoluer en un terrain de guerre pour terroristes, comme c’est le cas actuellement.

Souvenez-vous que les tragédies nommées ci-dessus n’auraient pas été possible sans l’expérience US en Yougoslavie et si les techniques du changement de régime n’avaient pas été d’abord testées. C’est la raison pour laquelle nous devrions nous souvenir du 24 mars, comme le sombre souvenir annuel de la dangerosité des la diplomatie US et ses innombrables coûts qui peuvent nous arriver quand on s’oppose à Washington.

Andrew Korybko | 24 mars 2015

Article original : http://sputniknews.com/columnists/20150324/1019950056.html#ixzz3Vhlu3XsQ

Traduit par TJ

Source: http://vodkaetpelmini.blogspot.ru/2015/03/la-guerre-en-yougoslavie-le-vrai-visage.html

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