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Le jour après la chute de Damas

par Robert Parry 30 Avril 2015, 20:43 Articles de Sam La Touch USA Israël Arabie Saoudite Syrie Chaos Terrorisme Al-Nosra EI

Le jour après la chute de Damas

L'alliance Arabo-israélienne est passée à l'offensive, pour favoriser un «changement de régime» en Syrie en renforçant la guerre, et en favorisant la victoire militaire d'Al-Qaïda ou de ses ramifications de l'État islamique (EI). Mais les conséquences de cette victoire pourraient sonner le glas définitif de la République étatsunienne, selon Robert Parry.

Si le président syrien, Bachar al-Assad, rencontre la même fin que Mouammar Kadhafi en Libye ou que Saddam Hussein en Irak, une grande partie des officiels de Washington se précipiteraient pour célébrer la chute d'un "méchant type", ainsi qu'un "changement de régime" de plus. Mais le lendemain, la chute de Damas pourrait marquer le début de la fin pour la République étatsunienne...

Alors que la Syrie sombrera dans un chaos encore plus sanglant - avec à sa tête une filiale d'Al-Qaïda, l'Etat islamique, encore plus violent - le premier instinct des politiciens et des experts US seraient de condamner, le président Barack Obama de ne pas être intervenu plus tôt.

Le mythe favori des officiels à Washington est de considérer que les syriens «modérés» auraient prévalu si seulement Obama avait bombardé l'armée syrienne et fourni des armes sophistiquées aux rebelles.

Bien que le mouvement rebelle "modéré" n'ait jamais existé, du moins pas en nombre significatif. Cette réalité est ignorée par tous les "gens intelligents" de Washington. La vérité est qu'Obama avait raison quand il a déclaré au New York Times à Thomas Friedman en août 2014 que la notion d'une force rebelle "modérée" qui pourrait parvenir au pouvoir a "toujours été ... un fantasme."

Le front Al-Nosra ou l'État islamique se disputeraient le pouvoir ou le partageraient. Le front Al-Nosra utiliserait leur nouvelle base pour lancer des attaques terroristes contre l'Occident alors que l'Etat islamique s'adonnerait à son passe-temps favori, effectuer des décapitations sur YouTube des infidèles - alaouites, chiites, chrétiens, ainsi que les descendants des survivants du génocide arménien par les Turcs, il y a un siècle qui ont fui vers la Syrie pour leur sécurité.

Un tel spectacle serait difficile pour le monde et il exigerait que le président Obama ou son successeur "fasse quelque chose." Mais les options réalistes seraient quasi impossibles, avec une armée syrienne brisée et dispersée qui ne serait plus une force viable, capable de lutter contre les terroristes au pouvoir.

L'option restante serait d'envoyer l'armée US, avec peut-être certains alliés européens, pour tenter de déloger Al-Qaïda et / ou l'Etat islamique. Mais les chances de succès seraient minces. Le but de conquérir la Syrie - et peut-être de re-conquérir une grande partie de l'Irak ainsi - serait coûteux, sanglant et presque certainement futile.

La poursuite du détournement des ressources et de la main-d'œuvre à partir des besoins domestiques étatsuniens alimenteraient également le mécontentement social croissant dans les grandes villes US, comme ce qui est maintenant en train de se jouer à Baltimore où les communautés afro-étatsuniennes mécontentes se lèvent dans leur colère contre la pauvreté et la brutalité de la police qui l'accompagne. Une nouvelle guerre au Moyen-Orient accélèrerait la descente des Etats-Unis dans un processus de faillite avec un état policier dystopique.

Les dernières braises de la République US s'éteindraient. A la place, une guerre sans fin aurait lieu avec comme leitmotiv une dévotion unique à la sécurité. La National Security Agency a déjà mis en place les capacités de surveillance pour assurer que toute résistance civile pourrait être contrecarrée...

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