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Yémen : un enfer made in USA (BAR)

par Margaret Kimberley 3 Avril 2015, 04:25 Yemen USA Impétialisme Arabie Saoudite Guerre Articles de Sam La Touch

Yémen : un enfer made in USA (BAR)
Un enfer étatsunien pour le Yémen
Article originel : American Hell for Yemen
Par Margaret Kimberley 
Black Agenda Report


Traduction SLT
Yémen : un enfer made in USA (BAR)

La spirale de massacres et de destructions engendrée par les Etats-Unis a détruit les sociétés en Irak, en Libye, en Syrie, en Somalie et au Yémen, mais la plupart des Etatsuniens se sentent irréprochables. "Les gens, les médias sociaux et le système politique acceptent tous l'idée que leur gouvernement a le droit d'intervenir dans les affaires des autres nations et qu'il a toujours raison dans ses revendications." Ils se comportent comme les rouages ​​zombifiés d'une machine de mort impériale.

Les États-Unis ont utilisé la base aérienne d'Al Anad au Yémen comme zone de transit pour les attaques de drones qui ont tué quelques 1000 personnes depuis 2009. Ces crimes ont été commis sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, mais maintenant que ce même endroit est le lieu de représailles pour le gouvernement US et son allié, l'Arabie saoudite, les Forces spéciales des États-Unis ont fui Al Anad avant que la base ne soit envahie par des rebelles d'Ansar Allah, aussi connus sous le nom de Houthis.

Il est vrai que l'Arabie saoudite a bombardé des positions Houthis et menace de lancer une invasion terrestre avec l'aide de l'Egypte. Ces deux pays sont des États clients des Etats-Unis et ne pourraient organiser leurs actions sans avoir le feu vert de Washington.

L'histoire du Yémen et des alliances internationales changeantes qui ont amené à la guerre civile est quelque peu complexe. Les Houthis ont évincé le président Hadi soutenu par les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite qui est maintenant en fuite. Son prédécesseur, Ali Abdallah Saleh, fut également un favori de l'Arabie, mais dirige maintenant l'avancée des Houthis. Bien que les détails peuvent être source de confusion, une chose est simple : l'impérialisme US et la guerre de terreur lancés sur cette région sont finalement une faute et continuent de détruire nation après nation.

Dans son zèle pour maintenir son hégémonie, les États-Unis recourent à la force brute et soutiennent ceux qui font de même. Le résultat a généré des monceaux de cadavres en Irak, en Libye, en Syrie, en Somalie et au Yémen, mais les décisions qui conduisent à ces crimes sont endémiques à la politique US.

Dire que Barack Obama et ses prédécesseurs au bureau ovale ont fait un gâchis du Moyen-Orient est la définition même de la litote. Parce que les objectifs des Etats-Unis ne sont jamais bienveillants, ses politiques impérialistes, horrible d'une décision à l'autre, sont le seul dénominateur commun.

Washington a utilisé les djihadistes en Libye pour renverser le gouvernement Kadhafi, ce sont ces mêmes groupes qui ont tué l'ambassadeur étatsunien à Benghazi. Maintenant les Etats-Unis se battent contre les mêmes personnes qu'ils ont soutenu il y a quelques années. Les Etats-Unis combattent avec Al-Qaïda et l'Etat islamique en Syrie mais contre ces deux mêmes groupes en Irak. Washington a finalement décidé d'accepter le renversement de Moubarak en Egypte, mais prend désormais en charge la restauration d'un régime dictatorial avec un autre leader. Les Etats-Unis considèrent le président du Soudan comme un criminel de guerre, mais combattent du même côté que lui au Yémen aujourd'hui. Lorsque l'impérialisme est l'intention, les événements ne se passent jamais comme prévus.

Le chaos n'a de sens que lorsque la vraie nature de la politique étrangère US est reconnue. Les alliances changeantes et apparemment étranges des compagnons de la politique impérialiste font partie de la doctrine de longue date du Manifest Destiny. Le Manifest Destiny affirme que les États-Unis ont le droit d'étendre leur influence partout où ils le veulent. Le terme se référait initialement à la conquête de l'Amérique du Nord au 19e siècle, mais cette pensée est encore une base de la conscience de ce pays.

La plupart des Etatsuniens ne savent que peu de choses ou tout simplement rien du tout sur le Yémen ou l'Arabie saoudite, mais sont toujours heureux de se référer à la première personne du pluriel pour parler de leur gouvernement. Ils demandent, "Que devrions« nous »faire au sujet de la Syrie / Irak / Yémen / Libye ?"

Alors que les présidents se succèdent, les gens, les médias sociaux et le système politique ont tous accepté que leur gouvernement ait le droit d'intervenir dans les affaires des autres nations et qu'il a toujours raison et a une position moralement légitime dans ses revendications. Le nombre d'Etatsuniens qui se demande si l'action de Barack Obama d'évincer le président de la Syrie ou de soutenir le président de l'Ukraine est légitime reste très limité.

Les exemples de décisions folles sont infinies. Le président Reagan a conclu des ententes avec l'Iran mais fut l'instigateur d'une attaque irakienne contre l'Iran. Plus tard, le Etats-Unis attaquaient l'Irak dans deux guerres différentes. La destruction de ce pays a conduit à une guerre sectaire brutale, et à l'ascension des Houthis au Yémen.

Le Yémen est aujourd'hui l'épicentre d'un impérialisme qui devient fou. Les Saoudiens craignent que les chiites Houthis soient pris en charge par leur rival l'Iran, avec qui les États-Unis veulent maintenant se réconcilier dans le cadre des négociations sur l'énergie nucléaire. L'Arabie saoudite est donc du côté d'Israël pour tenter de faire échouer tout accord. Il n'existe toujours pas d'honneur parmi tous ces voleurs.

Quelque soit les décisions prises par Washington cela se traduira par des conséquences imprévues et vers plus de violence politique. Chaque escalade apporte un plus grand danger et les Etats-Unis sont sans rival en ce qui concerne la destruction de millions de personnes. La violence et le chaos sont devenus non seulement les moyens de parvenir à leurs fins, mais une fin en soi. C'est juste la façon dont les Etats-Unis procèdent.

Les articles Freedom Rider de Margaret Kimberley paraissent hebdomadairement dans BAR, et sont largement reproduit ailleurs. Elle a un blog régulièrement mis à jour, ainsi que sur http://freedomrider.blogspot.com. Mme Kimberley vit à New York, et peut être contactée par e-mail à Margaret.Kimberley (at) BlackAgendaReport.com.

URL de cet article : http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2015/04/yemen-un-enfer-made-in-usa-bar.html

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