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Cameroun, Congo, Gabon, Mali, RDC... : ci-gît la Corsafrique ! (JAI)

par JAI 12 Mai 2015, 16:32 Corsafrique France Congo Gabon Mali RDC Tomi

Cameroun, Congo, Gabon, Mali, RDC... : ci-gît la Corsafrique ! (JAI)

De l'île au continent - comme des affaires à la politique -, il n'y a qu'un pas, que les Corses ont très tôt franchi. Mais après s'être taillé un royaume en Afrique, le réseau voit son étoile pâlir : les parrains sont morts, les présidents ont changé, les juges français enquêtent. Voyage au coeur de la machine... à sous.

Ça s'anime au premier étage. En haut de l'escalier, un vigile garde la porte battante qui fait office de frontière entre le monde des mortels et l'enfer des jeux. Derrière, les bandits-manchots bruissent sous le regard parfois apathique, souvent exalté, des joueurs. Les croupiers commencent leur journée. Le voile est tombé sur Libreville. Quelques heures plus tôt, dans une ambiance feutrée, la petite famille du casino Croisette s'est retrouvée autour d'un café, devant l'écran diffusant la course hippique du jour.

Il y a là des jeunes, des vieux, un père et son fils, des cousins ; tous "cadres" du casino, chefs de caisse ou superviseurs ; tous issus de la même "tribu", celle qui ne parle, en privé, ni le fang ni le mbédé, ni même le français. Mais le corse. "On vient tous du même coin. On se connaît depuis l'enfance", dit l'un d'eux. Avec l'accent, bien sûr. De l'extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine. Il constitue l'un des derniers vestiges d'une autre époque, celle de la "Corsafrique" flamboyante - quand celle-ci se juxtaposait à la Françafrique déclinante.

>> À lire aussi: WikiLeaks : Sarkozy, Chirac et la Françafrique de "papa" Bongo

À quelques mètres de là, l'immeuble en forme de vague qui servit naguère de siège à Elf-Gabon - et de théâtre de tous les arrangements - a troqué le drapeau à dominante bleu et noir de l'ancien groupe pétrolier français pour celui, rouge et jaune, de Total. Plus loin sur la corniche, les Frangipaniers, édifice à la façade vert-noir décrépite, n'abrite plus les bureaux de la Fiba, sulfureuse banque d'Elf et d'Omar Bongo Ondimba démantelée voici quinze ans. Plus au nord, le Palais du bord de mer a changé de locataire : Ali a le même patronyme qu'Omar, mais pas les mêmes amis. Ni les mêmes méthodes.

Au milieu de tout cela, la bande à Michel Tomi, présenté comme "l'empereur des jeux" en Afrique centrale et "le dernier des parrains" en France, se démène pour résister à l'épreuve du temps. Les affaires tournent bien - c'est du moins ce qu'il affirme à Jeune Afrique. Le siège de son Pari mutuel urbain gabonais (le PMUG), situé à deux pas de son casino Croisette, est pris d'assaut du matin au soir. Ses salles de jeu Fortune's Club, casinos du pauvre qui pullulent au Gabon (on en compte pas moins de 26), ne désemplissent pas...

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