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La lutte contre le militarisme, la guerre et les altérations de l'histoire (WSWS)

par Uli Rippert 30 Mai 2015, 22:22 Allemagne Militarisme Impérialisme Guerre

Ce discours fut prononcé par Uli Rippert, secrétaire national du Partei für Soziale Gleichheit (PSG, Parti de l'égalité socialiste) en Allemagne, lors du rassemblement sur Internet du 3 mai pour la journée internationale des travailleurs organisée par le Comité international de la Quatrième internationale.

En Allemagne, un réarmement massif de l'armée est en cours qu'on ne peut décrire que comme le retour du militarisme allemand. En même temps, des efforts systématiques sont faits pour falsifier l'histoire.

Soixante-dix ans après la libération d'Auschwitz, Treblinka, Majdanek, Buchenwald et tous les autres camps de concentration, on est en train de relativiser et d'excuser les crimes des nazis.

Dans les médias, et à l'université, on affirme que cette terreur avait son origine dans la Révolution russe, le bolchevisme et l'Armée rouge. Les crimes des nazis n'auraient été qu'une réaction compréhensible à leur égard.

Cette falsification de l'histoire est directement liée à la résurgence du militarisme et à la politique de grande puisssance. Afin de préparer de nouveaux crimes de l'impérialisme allemand, il faut donner une version expurgée de ses crimes historiques ou les ignorer.

Il y a un an, le président Joachim Gauck et le gouvernement allemand ont annoncé la fin de la retenue militaire. Ils ont déclaré que l'Allemagne était trop grande et trop forte économiquement pour se contenter de commenter la politique internationale depuis le banc de touche. Depuis lors, il se passe rarement une journée sans que l'on exige de meilleures armes, un meilleur entraînement des soldats et plus d'argent pour l'armée.

Le retour en force de l'histoire.

La vitesse à laquelle le bellicisme contre la Russie s'est développé est à couper le souffle. L'impérialisme allemand se sert de l'Ukraine – un pays qu'elle a occupé au cours des deux guerres mondiales – pour reprendre son avancée vers la Russie. À cette fin, le gouvernement allemand a collaboré avec les fascistes du parti Svoboda et de Secteur droit qui maintiennent les traditions des collaborateurs nazis de la Seconde Guerre mondiale.

L'Allemagne a également accentué sa présence militaire au Moyen-Orient. Contrairement à 2003 avec la guerre contre l'Irak ou en 2011 avec la Lybie, le gouvernement de Berlin s'assure à présent que l'Allemagne jouera un rôle décisif dans le prochain round du partage violent de la région.

La propagande des années d'après-guerre, selon laquelle l'Allemagne aurait tiré des leçons des crimes monstrueux commis par les nazis, aurait pris le parti d'une politique étrangère pacifique et aurait développé une démocratie stable s'est révélée être un mythe.

L'impérialisme allemand se montre à nouveau tel qu'il s'est développé au cours de l'histoire, avec toute son agressivité, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Au début de l'année, on annonça l'acquisition de nouveaux chars d'assaut, de nouveaux hélicoptères de combat et de nouveaux fusils d'assaut. La flotte de sous-marins va être agrandie et, surtout, on achètera des drones de combat.

En février, on a annoncé une nouvelle doctrine militaire.

L'armée allemande a pris la direction des forces de réaction rapide de l'OTAN pour des opérations dans le monde entier. Elle est un participant de premier plan dans de nombreuses manœuvres militaires et elle joue un rôle important dans le renforcement de l'OTAN en Europe de l'Est et l'encerclement de la Russie.

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité au début de l'année, l'ancien premier ministre suédois, Carl Bildt, a déclaré qu'une guerre avec la Russie était possible. Il a ajouté, « nous sommes actuellement en train de vivre une phase très dangereuse de la politique mondiale […] l'Est est en feu, le Sud est en feu, ces feux s'approchent très près de nous. »

En d'autres termes, l'Europe est au bord d'une catastrophe nucléaire – bien pire que les guerres de 1914 et 1939.

Tous les partis soutiennent la course à la guerre. Le Parti social-démocrate (SPD) et son ministre des affaires étrangères ont pris le rôle de celui qui exite les autres.

Ils sont soutenus par les Verts et le Parti de gauche. Ces partis jouent un rôle essentiel, leur contribution spécifique consiste à dissimuler la résurgence du militarisme allemand derrière des phrases sur la « paix, » la « démocratie » et les « droits de l'homme » et à faire taire toute opposition.

Les syndicats soutiennent également cette course à la guerre. Reiner Hoffman, à la tête de la Confédération allemande des syndicats (DGB), applaudit le retour de la politique de grande puissance de l'Allemagne comme une « politique étrangère tournée vers l'avenir. »

Le DGB a déjà formé une alliance avec l'armée allemande il y a deux ans. À l'époque, le chef des syndicats déclarait qu'il n'y avait pas que les snydicats, mais aussi l'armée, qui faisaient partie du mouvement pour la paix.

Les médias, les partis politiques et les syndicats constituent une véritable conspiration contre la population. Pas un seul d'entre-eux n'appelle les choses par leur nom et ne dit qu'une guerre contre la Russie signifierait une catastrophe nucléaire.

Au lieu de cela, les partis et des syndicats, avec l'armée, préparent une fête officielle, le « jour des forces armées » pour le mois prochain. Des centaines d'« officiers de la jeunesse » et de « conseillers en carrière militaire » seront envoyés dans les écoles pour recruter pour l'armée. À la manière du militarisme prussien et de la Wehrmacht, les « vertus militaires » deviennent une fois de plus le modèle à suivre.

Une partie de ce spectacle militaire sera consacrée aux officiers nazis qui ont joué un rôle essentiel dans le réarmement de l'Allemagne et la formation des Forces armées fédérales de la Bundeswehr après la guerre.

Des millions de gens suivent la propagande de guerre et le réarmement avec un mélange d'incrédulité, de choc et d'indignation croissante.

Pour marquer le 70e anniversaire de la libération des camps de concentration, des documentaires sont passés à la télévision ces dernières semaines qui montrent clairement, une fois de plus, toute l'horreur de l'extermination de masse de 6 millions de juifs.

Les crimes monstrueux des nazis sont gravés dans la conscience d'une grande partie de la population. Les revendications, « plus de guerre ! » et « pas de retour au fascisme ! » ont formé des générations et restent vivantes jusqu'à ce jour.

Afin de rompre cette résistance, une campagne concertée est en cours pour réécrire et déformer l'histoire. Il y a trente ans, l'historien Ernst Nolte relativisait les crimes du nazisme et les présentait comme une « compréhensible » réaction au bolchevisme. Il a rencontré une forte opposition à l'époque et sa thèse fut rejetée.

Aujourd'hui, son révisionnisme est défendu dans des conférences et des séminaires historiques et par des universités de premier rang, comme l'Université Humboldt à Berlin, qui cherche à faire taire toute critique de ces mensonges historiques.

Mais l'histoire est objective et la vérité historique est une forcce politique puissante. Toute personne qui croit pouvoir jouer avec l'histoire se trompe lourdement.

Personne ne pourra dissimuler le fait que les crimes monstrueux du fascisme et les guerres mondiales qui ont causé des millions de morts, étaient en fin de compte ancrés dans les contradictions du sytème capitaliste de profit.

Le retour du militarisme et de la guerre, qui a choqué des millions de gens, révèle le véritable état des relations sociales. Il réfute les illusions que la démocratie, la liberté et le partenariat social sont compatibles avec le capitalisme. Il expose le véritable caractère de tous les partis et des syndicats. Et ce faisant, il crée les conditions d'un développement révolutionnaire de la classe ouvrière.

La force de notre parti est que nous ne nous sommes jamais adaptés à toutes ces illusions. Nous luttons sans relâche contre la déformation de l'histoire, et pour la vérité historique. Nous luttons contre toutes les formes d'opportunisme et de nationalisme, et pour l'unification internationale de la classe ouvrière sur une base socialiste.

Cette lutte pour les principes gagne maintenant une large audience et elle est la source de notre confiance et de notre optimisme

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