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Selon Amnesty, on torture toujours dans l'impunité au Maroc (RFI)

par RFI 22 Mai 2015, 08:36 Maroc Amnesty International Torture Impunité

Selon Amnesty, on torture toujours dans l'impunité au Maroc (RFI)

Amnesty International a publié, ce mardi, un rapport intitulé « L'ombre de l'impunité ». Après plusieurs mois d'enquête sur le terrain, l'organisation de défense des droits de l'homme a documenté 173 cas de torture ou mauvais traitements perpétrés par la police ou les forces de sécurité entre 2010 et 2014. Si le Maroc a réformé ses lois et signé des conventions internationales, ces pratiques continuent sans qu’aucun auteur ne soit condamné.

La personne a les jambes et les poignets ligotés autour d'une barre et un policier lui fouette la plante des pieds. C'est la position dite du poulet rôti. Une pratique dénoncée dans l'enquête d'Amnesty, au même titre que les décharges électriques, les viols et les passages à tabac.

Des pratiques héritées des années de plomb qui, selon Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France, perdurent à cause de l'impunité. « On voit bien qu’obtenir des aveux est la priorité parce que ça permet de résoudre des affaires. C’est très difficile de dire juste par la loi "les pratiques que vous avez utilisées jusqu’à présent maintenant sont interdites", explique-t-elle. Finalement, c’est ce que nous demandons aujourd’hui à l’Etat marocain : c’est de mettre en place ce à quoi il s’est engagé pour prévenir la torture. »

Ancien capitaine de l'armée de l'air, Mustapha Adib en a fait l'amère expérience. Il a purgé 30 mois de prison après avoir dénoncé la corruption dans son unité. Il a été le premier officier à porter plainte contre le roi. « La hiérarchie militaire s’est acharnée contre moi, affirme-t-il. Maintenant, je pense que j’étais un peu naïf. J’ai déposé plainte contre le roi pour abus d’autorité, ça n’a fait qu’aggraver mon cas. Le Maroc peut signer toutes les conventions du monde et tous les traités du monde, ce ne sont que des trompe-l’œil. Tant que ces tortionnaires, ces criminels sont toujours en poste, il n'y aura pas de changement. »

Un projet d'accord de coopération judiciaire entre la France et le Maroc est sur le point d'être voté par les parlementaires. Les humanitaires dénoncent un texte qui pourrait protéger un peu plus les auteurs de tortures.

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