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Visite parisienne en catimini pour le dictateur Idriss Déby (Mondafrique)

par Francis Sahel 21 Mai 2015, 15:06 France Idriss Déby Dictateur Françafrique Barkhane

Jeudi 14 mai, jour férié, le président tchadien Idriss Déby a rendu une visite discrète à son homologue François Hollande. La presse française en a à peine fait état. Et pour cause, le chef d'Etat tchadien allié stratégique de la France au Sahel est loin d'être un démocrate exemplaire.

Recevoir Idriss Déby, président du Tchad, allié stratégique de la France dans la lutte anti-terroriste au Sahel sans s’attirer la critique des associations de défense des droits de l’homme. C’est le pari risqué tenté la semaine dernière par le président Hollande qui a finalement reçu son homologue tchadien jeudi 14 mai, jour férié, espérant que le long week-end de l’ascension ferait de cette visite un non-événement. A en juger par les rares échos du passage à Paris du chef de l’Etat tchadien dans la presse, on peut dire que l’Elysée a réussi. Aucun grand titre de la presse française écrite ou audiovisuelle n’a fait cas de l’entretien entre Hollande et Idriss Déby dont le pays abrite pourtant le quartier général de l’opération Barkhane, dispositif de près de 3500 soldats déployé par la France pour lutter contre les groupes terroristes au Sahel.

Déby, grand démocrate

Le Tchad est également en première ligne dans la lutte sous-régionale contre la secte islamiste nigérian Boko Haram. Pourquoi malgré tous ces enjeux éditoriaux la presse française a-t-elle donc porté si peu d’attention au séjour parisien de Déby ? Anticipant les critiques sur le non-respect des droits l’homme lors de sa visite en France, le président tchadien s’était résolu, avant d’embarquer pour la capitale française, à faire arrêter les policiers, auteurs présumés de la mort de trois étudiants lors des manifestations syndicales organisées en mars dernier à N’Djamena. La tentative de coup d’Etat perpétrée au Burundi le même 14 mai a fini d'occulter la visite du président tchadien. Ce dernier s'en est tranquillement retourné chez lui sans avoir été interpellé ni par son hôte, ni par les ONG sur les questions des droits de l’homme. Bon vent !

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